Soient A et B deux matrices carrées d'ordre n orthogonales telles que detA+detB=0. On rappelle qu'une matrice carrée M d'ordre n est dite orthogonale si et seulement si MMt=In.
1. Montrer que ABt est une matrice orthogonale et que det(ABt)=−1.
2. Montrer que −1 est une valeur propre de la matrice ABt si et seulement si det(A+B)=0.
3. Montrer que A+B est une matrice singulière.
◀الحل
1. ABt est orthogonale de déterminant −1
(ABt)(ABt)t=ABtBAt=AInAt=AAt=In,
donc ABt est orthogonale. Une matrice orthogonale a un déterminant ±1 ; l'hypothèse detA=−detB donne
det(ABt)=detAdetB=−(detB)2=−1.
2. Caractérisation de la valeur propre −1
−1 est valeur propre de ABt si et seulement si det(ABt+In)=0. Or, en écrivant In=AAt :
det(ABt+In)=det(A(Bt+At))=detA⋅det((A+B)t)=detA⋅det(A+B).
Comme detA=±1=0,
det(ABt+In)=0⟺det(A+B)=0.
3. A+B est singulière
Posons Q=ABt : orthogonale avec detQ=−1. Alors, en utilisant In=QQt :
det(Q+In)=det(Q(In+Qt))=detQ⋅det((In+Q)t)=−det(Q+In),
d'où det(Q+In)=0 : −1 est valeur propre de Q=ABt. D'après la question 2, det(A+B)=0, c'est-à-dire que A+B est singulière.
التمرين 2
Suite implicite définie par fₙ(x)=2(x-1)+exp(-x/n)
#suites implicites#théorème des valeurs intermédiaires#monotonie#limites
On considère pour tout n∈N∗ la fonction fn:R+→R définie par :
fn(x)=2(x−1)+exp(−nx).
1. Montrer que pour tout n∈N∗, il existe un unique xn∈]0,1[ tel que fn(xn)=0.
2. Montrer que pour tout n∈N∗, fn+1(xn) est strictement positif.
3. Montrer que la suite (xn)n∈N∗ est décroissante.
4. En déduire que la suite (xn)n∈N∗ est convergente. Calculer sa limite.
◀الحل
1. Existence et unicité de xn
fn est dérivable sur R+ et fn′(x)=2−n1e−x/n≥2−n1>0 : fn est strictement croissante. De plus
fn(0)=−2+1=−1<0,fn(1)=e−1/n>0.
Par le théorème des valeurs intermédiaires et la stricte monotonie, il existe un unique xn∈]0,1[ tel que fn(xn)=0.
2. Signe de fn+1(xn)
Comme xn>0, on a −n+1xn>−nxn, donc e−xn/(n+1)>e−xn/n. Ainsi
fn+1(xn)−fn(xn)=e−xn/(n+1)−e−xn/n>0,
et comme fn(xn)=0, on obtient fn+1(xn)>0.
3. Décroissance de (xn)
fn+1 est strictement croissante, fn+1(xn+1)=0 et fn+1(xn)>0, donc xn+1<xn : la suite est (strictement) décroissante.
4. Convergence et limite
Décroissante et minorée par 0, la suite (xn) converge vers ℓ∈[0,1[. Comme 0<xn<1, on a nxn→0, donc e−xn/n→1. En passant à la limite dans 2(xn−1)+e−xn/n=0 :
2(ℓ−1)+1=0⟹ℓ=21.
التمرين 3
Suite de fonctions nxⁿ(1-x)^α : convergence simple et uniforme
#suites de fonctions#convergence uniforme#étude de supremum
Soit α un nombre réel strictement positif. On considère la suite de fonctions définie sur l'intervalle [0,1] par
fn(x)=nxn(1−x)αpour n≥1.
1. Montrer que la suite de fonctions fn converge simplement sur l'intervalle [0,1] et trouver sa limite.
2. Montrer que la suite de fonctions fn converge uniformément vers sa limite sur l'intervalle [0,1] si et seulement si α>1.
3. On suppose 0<α≤1. Montrer que la suite de fonctions fn converge uniformément sur le segment [0,a] pour tout a∈[0,1[.
◀الحل
1. Convergence simple
Aux bornes, fn(0)=fn(1)=0. Pour 0<x<1, la croissance géométrique l'emporte : nxn→0, donc fn(x)→0. La suite converge simplement vers la fonction nulle sur [0,1].
2. Convergence uniforme sur [0,1]
Étudions ∥fn∥∞. On a
fn′(x)=nxn−1(1−x)α−1(n(1−x)−αx),
qui s'annule (dans ]0,1[) en xn∗=n+αn, où le maximum est atteint :
∥fn∥∞=fn(xn∗)=n(n+αn)n(n+αα)α.
Quand n→∞ : (n+αn)n=(1+nα)−n→e−α et (n+αα)α∼nααα, donc
∥fn∥∞∼ααe−αn1−α.
Si α>1 : ∥fn∥∞→0 — convergence uniforme sur [0,1].
Si α=1 : ∥fn∥∞→e−1=0 ; si α<1 : ∥fn∥∞→+∞ — pas de convergence uniforme.
Donc la convergence est uniforme sur [0,1] si et seulement si α>1.
3. Convergence uniforme sur [0,a], a<1
Comme xn∗=n+αn→1, il existe N tel que xn∗>a pour n≥N. La fonction fn étant croissante sur [0,xn∗]⊇[0,a],
supx∈[0,a]∣fn(x)∣=fn(a)=nan(1−a)αn→∞0,
car 0≤a<1. La convergence est donc uniforme sur [0,a] pour tout a∈[0,1[.