Concours de Doctorat 2025 — Algèbre 4, Sujet N°1 (22/02/2025)
التمرين 1
Forme bilinéaire $\Phi(P,Q) = 2P(0)Q(2) - 6P(1)Q(0)$ sur $\mathbb{R}_2[X]$
#algèbre bilinéaire#matrices#changement de base#forme quadratique#forme polaire
On munit E=R2[X] (polynômes de degré ≤2) de l'application Φ:E×E→R définie par :
Φ(P,Q)=2P(0)Q(2)−6P(1)Q(0).
Rappeler dimE. Montrer que Φ est une forme bilinéaire sur E. Est-elle symétrique ?
Donner la matrice M de Φ dans la base canonique B=(1,X,X2). Déterminer le rang de Φ.
On pose B′=(1,X−1,(X−1)2). Donner la matrice de passage P de B à B′, puis calculer la matrice N=tPMP de Φ dans B′.
On note q(P)=Φ(P,P) pour P=a+bX+cX2∈E. Exprimer q(P) en fonction de a,b,c.
On définit Ψ=21(Φ+tΦ), où tΦ(P,Q)=Φ(Q,P). Montrer que Ψ est symétrique et que sa forme quadratique associée coïncide avec q.
Remarque : Toute forme bilinéaire Φ se décompose de manière unique en Φ=Ψ+A où Ψ=21(Φ+tΦ) est symétrique et A=21(Φ−tΦ) est antisymétrique ; seule la partie symétrique Ψ contribue à la forme quadratique q(P)=Φ(P,P).
et de même linéarité en la seconde variable (les évaluations P↦P(0), P↦P(1), Q↦Q(2), Q↦Q(0) sont linéaires) : Φ est bilinéaire.
Symétrie : testons sur P=1, Q=X : Φ(1,X)=2⋅1⋅2−6⋅1⋅0=4, tandis que Φ(X,1)=2⋅0⋅1−6⋅1⋅0=−6. Comme 4=−6 :
Φ n’est pas symeˊtrique.
2. Matrice de Φ dans la base canonique
Pour P=Xi, Q=Xj (i,j∈{0,1,2}) : Φ(Xi,Xj)=2⋅0i⋅2j−6⋅1i⋅0j. On calcule terme à terme (Mij=Φ(Xi−1,Xj−1), lignes/colonnes indexées 1,X,X2) :
Φ(1,1)=2⋅1⋅1−6⋅1⋅1=−4
Φ(1,X)=2⋅1⋅2−6⋅1⋅0=4
Φ(1,X2)=2⋅1⋅4−6⋅1⋅0=8
Φ(X,1)=2⋅0⋅1−6⋅1⋅1=−6
Φ(X,X)=2⋅0⋅2−6⋅1⋅0=0
Φ(X,X2)=2⋅0⋅4−6⋅1⋅0=0
Φ(X2,1)=2⋅0⋅1−6⋅1⋅1=−6
Φ(X2,X)=2⋅0⋅2−6⋅1⋅0=0
Φ(X2,X2)=2⋅0⋅4−6⋅1⋅0=0
M=−4−6−6400800.
Les lignes 2 et 3 sont identiques, donc rg(M)≤2 ; comme les colonnes 1 et 2 sont indépendantes :
rg(Φ)=2.
3. Changement de base vers B′=(1,X−1,(X−1)2)
On exprime les vecteurs de B en fonction de B′ : 1=1, X=1+(X−1), X2=((X−1)+1)2=(X−1)2+2(X−1)+1. La matrice de passage de B′ à B (colonnes = coordonnées des vecteurs de B dans... ) ; ici on donne directement P, matrice de passage de B à B′ telle que les colonnes soient les coordonnées des vecteurs de B′ exprimés dans B :
Par construction, Ψ(P,Q)=21(Φ(P,Q)+Φ(Q,P)) vérifie Ψ(Q,P)=Ψ(P,Q) : Ψ est symétrique. De plus :
Ψ(P,P)=21(Φ(P,P)+Φ(P,P))=Φ(P,P)=q(P).
Ψ est la forme polaire (partie symeˊtrique) de Φ, de forme quadratique associeˊe q.
En effet, la matrice de Ψ dans B est 21(M+tM)=−4−11−100100, symétrique, et l'on retrouve bien q(a,b,c)=−4a2−2ab+2ac en développant tX⋅21(M+tM)⋅X.
التمرين 2
Réduction de Gauss de $Q(x,y,z) = x^2 - 2y^2 + xz + yz$
#formes quadratiques#réduction de Gauss#rang#signature
Soit la forme quadratique sur R3 :
Q(x,y,z)=x2−2y2+xz+yz.
Appliquer l'algorithme de réduction de Gauss pour écrire Q comme combinaison de carrés de formes linéaires indépendantes.
En déduire le rang et la signature de Q.
Remarque : L'algorithme de Gauss donne directement rang = nombre de carrés non nuls, et signature = (nombre de coefficients >0, nombre de coefficients <0), indépendamment du choix des variables intermédiaires (loi d'inertie de Sylvester).
◀الحل
1. Réduction de Gauss
On regroupe les termes contenant x :
Q(x,y,z)=x2+xz−2y2+yz=(x+2z)2−4z2−2y2+yz.
Il reste à traiter −2y2+yz−4z2. On regroupe les termes en y :
Les trois formes linéaires ℓ1=x+2z, ℓ2=y−4z, ℓ3=z sont linéairement indépendantes (matrice triangulaire par rapport à x,y,z).
2. Rang et signature
Les coefficients des trois carrés indépendants sont 1, −2, −81, tous non nuls :
rg(Q)=3.
Un coefficient positif (1) et deux négatifs (−2 et −81) :
signature(Q)=(1,2).
Q est donc une forme quadratique non dégénérée, indéfinie.
التمرين 3
Somme et intersection de deux hyperplans distincts
#algèbre linéaire#hyperplans#dimension#formule de Grassmann
Soit E un espace vectoriel de dimension finie n≥2, et soient H1,H2 deux hyperplans distincts de E.
Rappeler la dimension d'un hyperplan de E.
Montrer que H1+H2=E.
En déduire dim(H1∩H2).
Remarque : Ce résultat généralise le fait que deux plans distincts (hyperplans de R3) s'intersectent selon une droite (dim=3−2=1), et deux droites distinctes (hyperplans de R2) s'intersectent en un point (dim=2−2=0).
◀الحل
1. Dimension d'un hyperplan
Par définition, un hyperplan est un sous-espace vectoriel de codimension 1 :
dimH1=dimH2=n−1.
2. H1+H2=E
Comme H1=H2 et que ce sont deux hyperplans (donc maximaux parmi les sous-espaces propres, chacun étant noyau d'une forme linéaire non nulle), H1⊂H2 (sinon, étant de même dimension n−1, on aurait H1=H2). Il existe donc u∈H1∖H2.
Le sous-espace H2+Vect(u) contient strictement H2, donc sa dimension est ≥dimH2+1=n, donc H2+Vect(u)=E. Comme u∈H1 et H2⊂H1+H2, on a E=H2+Vect(u)⊂H1+H2⊂E :