Concours d'accès au doctorat LMD 2024/2025 — Épreuve commune (Mathématiques Appliquées)
التمرين 1
Résolution par série entière de xy''+2y'+xy=0
On considère l'équation différentielle
(E):xy′′+2y′+xy=0,y(0)=1,y′(0)=0.
On cherche une solution développable en série entière y(x)=n=0∑+∞anxn au voisinage de 0.
1. Déterminer les coefficients a0,a1,a2,a3,a4.
2. Établir une relation de récurrence liant an+1 et an−1, puis en déduire l'expression générale de an.
3. Reconnaître la fonction somme et en déduire la solution de (E).
Remarque : l'astuce clé est de reconnaître xy′′+2y′=(xy)′′, ce qui ramène (E) à l'équation harmonique w′′+w=0 avec w=xy ; la contrainte de finitude en 0 élimine le terme en cosx/x.
◀الحل
1. Premiers coefficients
Les conditions initiales donnent a0=y(0)=1 et a1=y′(0)=0. En reportant y=∑anxn dans (E), on remarque que
xy′′+2y′=(xy)′′car(xy)′′=xy′′+2y′.
Donc (E) s'écrit (xy)′′+xy=0, c'est-à-dire w′′+w=0 avec w=xy.
En identifiant directement les coefficients de ∑anxn, la relation (voir question 2) donne
a2=−6a0=−61,a3=0,a4=20a2⋅(−1)=1201.
2. Relation de récurrence
En injectant la série dans xy′′+2y′+xy=0 et en regroupant le coefficient de xn :
(n+2)(n+1)an+1+an−1=0⟹an+1=−(n+1)(n+2)an−1.
Comme a1=0, tous les termes de rang impair sont nuls. Pour les rangs pairs, en posant n=2k :
a2k=(2k+1)!(−1)k.
3. Identification et solution
Ainsi
y(x)=∑k=0+∞(2k+1)!(−1)kx2k=x1∑k=0+∞(2k+1)!(−1)kx2k+1=xsinx.
Cette série a un rayon de convergence infini et se prolonge par y(0)=1. On vérifie y′(0)=0 (fonction paire).
y(x)=xsinx(x=0),y(0)=1.
التمرين 2
Extrema de f(x,y)=y²-x²y+x² sur un domaine compact
Soit f(x,y)=y2−x2y+x2 et le domaine
D={(x,y)∈R2:x2−1≤y≤1−x2}.
1. Représenter D et paramétrer sa frontière Γ.
2. Justifier que f admet un maximum et un minimum absolus sur D.
3. Déterminer les points critiques de f dans l'intérieur de D.
4. Étudier les extrema de f sur la frontière Γ.
5. En déduire le maximum et le minimum absolus de f sur D.
Remarque : le fait que f soit constante (égale à 1) sur l'arc inférieur est le point remarquable de l'exercice ; il faut le détecter par le calcul plutôt que de chercher des points critiques sur cet arc.
◀الحل
1. Le domaine
Les deux paraboles y=1−x2 (arc supérieur) et y=x2−1 (arc inférieur) se coupent en x2−1=1−x2, soit x=±1, y=0. D est la région (en forme de lentille) comprise entre elles, avec x∈[−1,1]. Sa frontière Γ est formée des deux arcs.
2. Existence des extrema
D est fermé (intersection de deux fermés) et borné (x∈[−1,1], ∣y∣≤1), donc compact ; f est continue, donc elle atteint son maximum et son minimum sur D (théorème de Weierstrass).
3. Points critiques intérieurs
∂x∂f=2x(1−y)=0,∂y∂f=2y−x2=0.
De la première équation : x=0 ou y=1. Si y=1 : x2=2, hors de D. Si x=0 : y=0. Seul point critique intérieur : (0,0), avec f(0,0)=0.
4. Étude sur la frontière
Arc supérieury=1−x2, x∈[−1,1]. En posant u=x2∈[0,1] :
f=(1−u)2−u(1−u)+u=2u2−2u+1.
Ce trinôme atteint son minimum 21 en u=21 (soit x=±21) et vaut 1 en u=0 et u=1.
Arc inférieury=x2−1, x∈[−1,1]. Avec u=x2 :
f=(u−1)2−u(u−1)+u=1(constant !).
Donc f≡1 sur tout l'arc inférieur.
Sur Γ : minimum =21, maximum =1.
5. Conclusion sur D
Comme forme quadratique en y, f=y2−x2y+x2 a pour discriminant x4−4x2=x2(x2−4)<0 pour 0<∣x∣<2 : donc f>0 dès que x=0, et f=y2≥0 si x=0. Ainsi f≥0 partout, avec f=0 uniquement en (0,0).
Dminf=f(0,0)=0,Dmaxf=1(atteint sur tout l’arc infeˊrieur et aux points (±1,0)).
التمرين 3
Sous-espace d'un espace normé : adhérence, intérieur vide et boule unité
Soit (E,∥⋅∥) un espace vectoriel normé réel et F un sous-espace vectoriel de E.
1. Montrer que l'adhérence F est aussi un sous-espace vectoriel de E.
2. Montrer que si F=E et F est fermé, alors F est d'intérieur vide. Plus généralement, montrer que tout sous-espace propre est d'intérieur vide.
3. Déterminer le sous-espace vectoriel engendré par la boule unité ouverte B(0,1)={x∈E:∥x∥<1}.
Remarque : la question 3 montre que la boule unité « remplit » toutes les directions de E ; c'est cohérent avec le fait qu'un sous-espace propre, d'intérieur vide, ne peut jamais contenir de boule.
◀الحل
1. L'adhérence est un sous-espace
0∈F⊂F. Soient x,y∈F et λ∈R : il existe des suites (xn),(yn) de F avec xn→x, yn→y. Par continuité des opérations, λxn+yn→λx+y, et λxn+yn∈F ; donc λx+y∈F. Ainsi F est un sous-espace vectoriel.
2. Intérieur vide d'un sous-espace propre
Supposons que F soit d'intérieur non vide : il contient une boule B(a,r) avec r>0. Comme a∈F et F est un sous-espace, pour tout x avec ∥x∥<r on a a+x∈B(a,r)⊂F, donc x=(a+x)−a∈F : ainsi B(0,r)⊂F.
Alors pour tout z=0, le vecteur 2r∥z∥z∈B(0,r)⊂F, donc z=r2∥z∥⋅2r∥z∥z∈F. On aurait F=E, contradiction. Donc tout sous-espace propre (en particulier tout sous-espace fermé =E) est d'intérieur vide.
3. Sous-espace engendré par B(0,1)
Soit G=Vect(B(0,1)). Clairement G⊂E. Réciproquement, pour tout x∈E non nul, 2∥x∥x∈B(0,1), donc x=2∥x∥⋅2∥x∥x∈G. Et 0∈G. Donc
Vect(B(0,1))=E.