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مسابقة دكتوراه 2023Concours national d'accès au Doctorat (Algérie) — الموضوع 03

مسابقة عامة · الرياضيات · المدة: 2سا

Concours national d'accès au Doctorat 2022-2023, Épreuve commune (arabe), 09 février 2023, Durée 2h

التمرين 1

Exercice 1 (Concours national 2023) — Série de Fourier $\sum r^n \cos(nx)/n$

#séries de Fourier#convergence#séries entières#sommation

Soit r[0,1[r\in [0,1[ un réel fixé. On considère la série de fonctions S(x)=n=1rncos(nx)n,xR.S(x) = \sum_{n=1}^{\infty} \dfrac{r^n \cos(nx)}{n},\quad x\in\mathbb{R}.

  1. Montrer que la série converge normalement sur R\mathbb{R}.

  2. Calculer explicitement S(x)S(x) en fonction de rr et xx. Indication : considérer la série complexe n1(reix)n/n\sum_{n\ge 1} (re^{ix})^n/n.

  3. En déduire la valeur de n=1cos(nx)n2n\displaystyle\sum_{n=1}^{\infty}\dfrac{\cos(nx)}{n\cdot 2^n} pour x=π/3x=\pi/3.

Technique fondamentale : passer par la variable complexe z=reixz=re^{ix} pour sommer des séries trigonométriques. La formule ln(1z)=zn/n-\ln(1-z) = \sum z^n/n pour z<1|z|<1 donne des identités classiques. La formule finale 12ln(12rcosx+r2)-\frac{1}{2}\ln(1-2r\cos x+r^2) est le noyau de Poisson-Jensen ; elle apparaît en théorie du potentiel.

الحل
  1. CVN : rncos(nx)/nrn/n|r^n\cos(nx)/n|\le r^n/n. Comme r<1r<1, rn/n\sum r^n/n converge (comparé à série géométrique). CVN sur R\mathbb{R}.

  2. Calcul explicite : Considérons Z=n1(reix)nnZ = \sum_{n\ge 1}\dfrac{(re^{ix})^n}{n}. Cette série converge pour reix=r<1|re^{ix}|=r<1, et par la série du logarithme : Z=ln(1reix).Z = -\ln(1-re^{ix}).

Pour extraire la partie réelle : 1reix=1rcosxirsinx1-re^{ix} = 1-r\cos x - ir\sin x. Son module : 1reix2=(1rcosx)2+r2sin2x=12rcosx+r2|1-re^{ix}|^2 = (1-r\cos x)^2 + r^2\sin^2 x = 1-2r\cos x + r^2. Argument : arg(1reix)=arctanrsinx1rcosx\arg(1-re^{ix}) = -\arctan\dfrac{r\sin x}{1-r\cos x}.

Donc ln(1reix)=12ln(12rcosx+r2)iarctanrsinx1rcosx\ln(1-re^{ix}) = \dfrac{1}{2}\ln(1-2r\cos x + r^2) - i\arctan\dfrac{r\sin x}{1-r\cos x}.

Par conséquent : S(x)=(Z)=12ln(12rcosx+r2).S(x) = \Re(Z) = -\dfrac{1}{2}\ln(1-2r\cos x + r^2).

  1. Pour r=1/2r=1/2, x=π/3x=\pi/3 : cos(π/3)=1/2\cos(\pi/3)=1/2. 12(1/2)(1/2)+(1/2)2=11/2+1/4=3/41-2\cdot(1/2)\cdot(1/2)+(1/2)^2 = 1-1/2+1/4 = 3/4.

Donc n=1cos(nπ/3)n2n=12ln(3/4)=12ln(4/3)=ln(2/3)\sum_{n=1}^\infty\dfrac{\cos(n\pi/3)}{n\cdot 2^n} = -\dfrac{1}{2}\ln(3/4) = \dfrac{1}{2}\ln(4/3) = \ln(2/\sqrt{3}).

التمرين 2

Exercice 2 (Concours national 2023) — Intégrales $I=J$ par changement de variable

#intégrales#changement de variable#symétrie

Soit f:[0,1]Rf:[0,1]\to\mathbb{R} une fonction continue.

  1. Montrer que I=0π/2f(sinx)dxI = \displaystyle\int_0^{\pi/2}f(\sin x)dx et J=0π/2f(cosx)dxJ = \displaystyle\int_0^{\pi/2}f(\cos x)dx sont égales.

  2. En déduire la valeur de 0π/2sinxsinx+cosxdx\displaystyle\int_0^{\pi/2}\dfrac{\sin x}{\sin x+\cos x}dx.

Astuce classique : la symétrie xπ/2xx\mapsto \pi/2-x échange sin\sin et cos\cos sur [0,π/2][0,\pi/2]. Cette technique permet de calculer explicitement de nombreuses intégrales trigonométriques sans primitive apparente. Exemple similaire : 0π/2dx1+tannx=π/4\int_0^{\pi/2}\frac{dx}{1+\tan^n x}=\pi/4 pour tout nRn\in\mathbb{R}.

الحل
  1. Changement de variable u=π/2xu = \pi/2 - x dans II : du=dxdu=-dx, sinx=sin(π/2u)=cosu\sin x = \sin(\pi/2-u)=\cos u. Bornes : x=0u=π/2x=0\to u=\pi/2, x=π/2u=0x=\pi/2\to u=0. I=π/20f(cosu)(du)=0π/2f(cosu)du=J.I = \int_{\pi/2}^0 f(\cos u)(-du) = \int_0^{\pi/2}f(\cos u)du = J.

  2. Posons I=0π/2sinxsinx+cosxdxI = \int_0^{\pi/2}\dfrac{\sin x}{\sin x+\cos x}dx et J=0π/2cosxsinx+cosxdxJ = \int_0^{\pi/2}\dfrac{\cos x}{\sin x+\cos x}dx. Par le résultat précédent (appliqué à f(t)=t/(t+1t2)f(t)=t/(t+\sqrt{1-t^2})... plus simplement en faisant le même changement) : I=JI=J.

Alors I+J=0π/2sinx+cosxsinx+cosxdx=0π/21dx=π/2I+J = \int_0^{\pi/2}\dfrac{\sin x+\cos x}{\sin x+\cos x}dx = \int_0^{\pi/2}1\,dx = \pi/2.

Donc 2I=π/22I = \pi/2, soit I=π/4I = \pi/4.

التمرين 3

Exercice 3 (Concours national 2023) — Polynômes de Chebyshev et minimisation

#polynômes de Chebyshev#meilleure approximation#minimisation#norme sup

Pour nNn\in\mathbb{N}^*, on définit le polynôme de Chebyshev de première espèce TnT_n par Tn(cosθ)=cos(nθ)T_n(\cos\theta)=\cos(n\theta) pour θR\theta\in\mathbb{R}.

  1. Montrer que TnT_n est un polynôme de degré exactement nn et calculer son coefficient dominant.

  2. Établir la relation de récurrence Tn+1(x)=2xTn(x)Tn1(x)T_{n+1}(x) = 2x T_n(x) - T_{n-1}(x) avec T0=1,T1=XT_0=1, T_1=X.

  3. Montrer que TnL[1,1]=1\|T_n\|_{L^\infty[-1,1]} = 1 et que TnT_n atteint la valeur ±1\pm 1 en n+1n+1 points de [1,1][-1,1].

  4. Théorème de Chebyshev : parmi tous les polynômes unitaires (coefficient dominant =1=1) de degré nn, celui qui minimise L[1,1]\|\cdot\|_{L^\infty[-1,1]} est T~n=Tn/2n1\widetilde{T}_n = T_n/2^{n-1}, et cette valeur minimale est 1/2n11/2^{n-1}.

Théorème fondamental de Chebyshev : T~n\widetilde{T}_n est le polynôme unitaire de degré nn d'écart minimum à zéro sur [1,1][-1,1]. Conséquence : les nœuds de Chebyshev xk=cos((2k+1)π/(2n))x_k=\cos((2k+1)\pi/(2n)) minimisent l'erreur d'interpolation dans le pire cas. Utilisé partout : filtres, quadrature de Gauss-Chebyshev, méthodes spectrales.

الحل
  1. Par récurrence sur nn (voir 2), TnT_n est polynôme de degré nn. Coefficient dominant : par Tn+1=2xTnTn1T_{n+1}=2xT_n-T_{n-1}, si le coefficient dominant de TnT_n est cnc_n, celui de Tn+1T_{n+1} est 2cn2c_n. Avec c0=1,c1=1c_0=1, c_1=1, on obtient cn=2n1c_n=2^{n-1} pour n1n\ge 1.

  2. cos((n+1)θ)+cos((n1)θ)=2cos(θ)cos(nθ)\cos((n+1)\theta)+\cos((n-1)\theta) = 2\cos(\theta)\cos(n\theta) (formule somme-produit). En posant x=cosθx=\cos\theta : Tn+1(x)+Tn1(x)=2xTn(x)T_{n+1}(x)+T_{n-1}(x) = 2xT_n(x).

  3. Pour x=cosθ[1,1]x=\cos\theta\in[-1,1] : Tn(x)=cos(nθ)1|T_n(x)|=|\cos(n\theta)|\le 1, avec égalité ssi nθπZn\theta\in\pi\mathbb{Z}, soit θ=kπ/n\theta = k\pi/n pour k=0,1,,nk=0,1,\ldots,n, donnant n+1n+1 points d'équioscillation xk=cos(kπ/n)x_k=\cos(k\pi/n)Tn(xk)=(1)kT_n(x_k)=(-1)^k.

  4. Théorème (preuve par l'absurde) : supposons qu'il existe un polynôme unitaire QQ de degré nn avec Q<1/2n1\|Q\|_\infty<1/2^{n-1}. Alors P=T~nQP = \widetilde{T}_n - Q est un polynôme de degré n1\le n-1 (les coefficients dominants s'annulent).

Aux points xk=cos(kπ/n)x_k=\cos(k\pi/n), k=0,,nk=0,\ldots,n : T~n(xk)=(1)k/2n1\widetilde{T}_n(x_k)=(-1)^k/2^{n-1}, et Q(xk)<1/2n1|Q(x_k)|<1/2^{n-1}, donc P(xk)=(1)k/2n1Q(xk)P(x_k)=(-1)^k/2^{n-1}-Q(x_k) a le même signe que (1)k(-1)^k. Donc PP change de signe entre chaque paire consécutive de points, ayant au moins nn zéros. Mais degPn1\deg P\le n-1 : contradiction.

Donc Q1/2n1\|Q\|_\infty\ge 1/2^{n-1} pour tout unitaire QQ de degré nn, et ce minimum est atteint par T~n\widetilde{T}_n.