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مسابقة دكتوراه 2025Source inconnue — الموضوع 03

مسابقة تخصص · Probabilités & Statistiques · المعامل: 3 · المدة: 2سا

Épreuve de spécialité du concours d'accès à la formation de troisième cycle (doctorat), domaine Mathématique et Informatique, filière Mathématiques, spécialité Statistiques et probabilités approfondies, sujet n° 5, coefficient 03, durée 2 heures, année universitaire 2025-2026.

التمرين 1

Exercice 1 — ANOVA à un facteur sur la teneur en vitamine C

#anova#one-way-anova#hypothesis-testing#bartlett-test#shapiro-wilk

On souhaite comparer la teneur en vitamine C (exprimée en mg/100 g) de plusieurs variétés de pommes. Les mesures sont prises sur des échantillons de pommes choisies au hasard. On dispose des sorties logicielles (R) suivantes.

Figure 1 — Tableau d'analyse de la variance

SourceDfSum SqMean SqF valuePr(>F)\Pr(\gt F)
Variété545,849,1675,7130,00131
Résidus2438,511,605

Codes de significativité : 0 *** 0,001 ** 0,01 * 0,05 . 0,1 ( ) 1.

Figure 2 — Bartlett test of homogeneity of variances. data : VitamineC by Variété ; Bartlett's K-squared =5,6023=5,6023, df =5=5, p-value =0,3469=0,3469.

Figure 3 — Shapiro-Wilk normality test. data : résidus ; W=0,9563W=0,9563, p-value =0,2485=0,2485.

  1. Proposer une méthode statistique permettant d'effectuer cette étude.
  2. Énoncer le modèle et ses hypothèses.
  3. Valider les hypothèses du modèle.
  4. Quelle est votre conclusion au risque 5 % ?
الحل

1.

On compare la moyenne d'une variable quantitative (la teneur en vitamine C) entre plusieurs groupes définis par un facteur qualitatif (la variété, à I=6I=6 modalités puisque DfVarieˊteˊ=5\text{Df}_{\text{Variété}}=5). La méthode adaptée est l'analyse de la variance à un facteur (ANOVA à un facteur).

2.

Modèle : pour la variété ii (i=1,,6i=1,\dots,6) et l'observation jj (j=1,,nij=1,\dots,n_i, avec ini=30\sum_i n_i=30 car Dftot=29\text{Df}_{\text{tot}}=29),

Yij=μ+αi+εij,iniαi=0,Y_{ij}=\mu+\alpha_i+\varepsilon_{ij},\qquad \sum_{i} n_i\alpha_i=0,

μ\mu est la moyenne générale, αi\alpha_i l'effet de la variété ii et εij\varepsilon_{ij} les erreurs.

Hypothèses du modèle :

  • indépendance des observations ;
  • normalité des erreurs : εijN(0,σ2)\varepsilon_{ij}\sim\mathcal{N}(0,\sigma^2) ;
  • homoscédasticité : même variance σ2\sigma^2 dans tous les groupes.

Hypothèses testées : H0:α1==α6=0H_0:\alpha_1=\dots=\alpha_6=0 (même teneur moyenne pour toutes les variétés) contre H1H_1 : au moins un αi0\alpha_i\neq0.

3.

  • Homoscédasticité (test de Bartlett, Figure 2) : p=0,3469>0,05p=0,3469>0,05, on ne rejette pas l'égalité des variances ; l'hypothèse d'homoscédasticité est acceptée.
  • Normalité des résidus (test de Shapiro–Wilk, Figure 3) : W=0,9563W=0,9563, p=0,2485>0,05p=0,2485>0,05, on ne rejette pas la normalité ; l'hypothèse de normalité est acceptée.
  • Indépendance : assurée par le tirage au hasard des pommes.

Les trois hypothèses étant satisfaites, l'ANOVA est valide.

4.

Le test de Fisher (Figure 1) donne

F=9,1671,605=5,713avec (5,24) degreˊs de liberteˊ,p=0,00131.F=\frac{9,167}{1,605}=5,713\quad\text{avec }(5,24)\text{ degrés de liberté},\qquad p=0,00131.

Comme p=0,00131<0,05p=0,00131<0,05 (de façon équivalente F=5,713>F0,95(5,24)2,62F=5,713>F_{0,95}(5,24)\approx 2,62),

 on rejette H0 au risque 5%. \boxed{\ \text{on rejette } H_0 \text{ au risque } 5\%.\ }

Il existe donc une différence significative de teneur moyenne en vitamine C entre les variétés de pommes.

التمرين 2

Exercice 2 — Estimation du paramètre d'une loi uniforme

#point-estimation#uniform-distribution#method-of-moments#maximum-likelihood#mean-squared-error

Soit X1,,XnX_1,\dots,X_n un échantillon de loi uniforme U([0,θ])\mathcal{U}([0,\theta]), avec θ>0\theta>0 inconnu. On note X(1)X(n)X_{(1)}\le\dots\le X_{(n)} les statistiques d'ordre.

  1. Calculer l'estimateur des moments θ^M\hat\theta_M. Montrer qu'il est sans biais.
  2. Écrire la vraisemblance L(θ;x1,,xn)L(\theta;x_1,\dots,x_n) puis trouver l'estimateur du maximum de vraisemblance (EMV) θ^MV\hat\theta_{MV}.
  3. Établir la densité du maximum X(n)X_{(n)}, et en déduire le biais de l'EMV.
  4. À partir du résultat précédent, proposer un estimateur sans biais θ^UB\hat\theta_{UB} basé sur X(n)X_{(n)}.
  5. Calculer les erreurs quadratiques moyennes EQM(θ^M)\text{EQM}(\hat\theta_M) et EQM(θ^UB)\text{EQM}(\hat\theta_{UB}). Quel estimateur est préférable au sens de l'EQM ?
الحل

1.

Pour XU([0,θ])X\sim\mathcal{U}([0,\theta]), E[X]=θ2E[X]=\dfrac{\theta}{2}. La méthode des moments égale le moment théorique au moment empirique X=1niXi\overline{X}=\dfrac1n\sum_i X_i :

θ2=X     θ^M=2X. \frac{\theta}{2}=\overline{X}\;\Longrightarrow\;\boxed{\ \hat\theta_M=2\overline{X}.\ }

Biais : E[θ^M]=2E[X]=2θ2=θE[\hat\theta_M]=2E[\overline{X}]=2\cdot\dfrac{\theta}{2}=\theta, donc θ^M\hat\theta_M est sans biais.

2.

La densité est f(x;θ)=1θ1[0,θ](x)f(x;\theta)=\dfrac1\theta\mathbf{1}_{[0,\theta]}(x). La vraisemblance vaut

L(θ;x1,,xn)=i=1n1θ1[0,θ](xi)=1θn1{x(n)θ}1{x(1)0}.L(\theta;x_1,\dots,x_n)=\prod_{i=1}^n\frac1\theta\mathbf{1}_{[0,\theta]}(x_i)=\frac{1}{\theta^{n}}\,\mathbf{1}_{\{x_{(n)}\le\theta\}}\,\mathbf{1}_{\{x_{(1)}\ge0\}}.

Sur {θx(n)}\{\theta\ge x_{(n)}\}, LL est strictement décroissante en θ\theta (et nulle si θ<x(n)\theta<x_{(n)}) ; elle est donc maximale au plus petit θ\theta admissible :

 θ^MV=X(n). \boxed{\ \hat\theta_{MV}=X_{(n)}.\ }

3.

Pour 0xθ0\le x\le\theta, FX(n)(x)=(FX(x))n=(xθ)nF_{X_{(n)}}(x)=\big(F_X(x)\big)^n=\left(\dfrac{x}{\theta}\right)^{n}, d'où la densité

 fX(n)(x)=nxn1θn1[0,θ](x). \boxed{\ f_{X_{(n)}}(x)=\frac{n\,x^{n-1}}{\theta^{n}}\,\mathbf{1}_{[0,\theta]}(x).\ }

Espérance : E[X(n)]=0θxnxn1θndx=nn+1θE[X_{(n)}]=\displaystyle\int_0^\theta x\,\frac{n x^{n-1}}{\theta^n}\,dx=\frac{n}{n+1}\theta. Le biais de l'EMV est donc

Biais(θ^MV)=E[X(n)]θ=nn+1θθ=θn+1<0,\text{Biais}(\hat\theta_{MV})=E[X_{(n)}]-\theta=\frac{n}{n+1}\theta-\theta=\boxed{-\frac{\theta}{n+1}}<0,

l'EMV sous-estime θ\theta.

4.

Comme E[X(n)]=nn+1θE[X_{(n)}]=\dfrac{n}{n+1}\theta, l'estimateur

 θ^UB=n+1nX(n) \boxed{\ \hat\theta_{UB}=\frac{n+1}{n}\,X_{(n)}\ }

vérifie E[θ^UB]=n+1nnn+1θ=θE[\hat\theta_{UB}]=\dfrac{n+1}{n}\cdot\dfrac{n}{n+1}\theta=\theta : il est sans biais.

5.

Pour θ^M\hat\theta_M (sans biais), EQM=Var\text{EQM}=\text{Var} :

EQM(θ^M)=Var(2X)=4nVar(X)=4nθ212= θ23n. \text{EQM}(\hat\theta_M)=\text{Var}(2\overline{X})=\frac{4}{n}\text{Var}(X)=\frac{4}{n}\cdot\frac{\theta^2}{12}=\boxed{\ \frac{\theta^{2}}{3n}.\ }

Pour θ^UB\hat\theta_{UB} (sans biais) : avec E[X(n)2]=0θx2nxn1θndx=nn+2θ2E[X_{(n)}^2]=\displaystyle\int_0^\theta x^2\frac{n x^{n-1}}{\theta^n}dx=\frac{n}{n+2}\theta^2,

Var(X(n))=nn+2θ2(nn+1θ)2=nθ2(n+2)(n+1)2,\text{Var}(X_{(n)})=\frac{n}{n+2}\theta^2-\left(\frac{n}{n+1}\theta\right)^2=\frac{n\,\theta^2}{(n+2)(n+1)^2},

donc

EQM(θ^UB)=(n+1n)2Var(X(n))= θ2n(n+2). \text{EQM}(\hat\theta_{UB})=\left(\frac{n+1}{n}\right)^2\text{Var}(X_{(n)})=\boxed{\ \frac{\theta^{2}}{n(n+2)}.\ }

Comparaison : EQM(θ^UB)EQM(θ^M)=θ2/[n(n+2)]θ2/(3n)=3n+21\dfrac{\text{EQM}(\hat\theta_{UB})}{\text{EQM}(\hat\theta_M)}=\dfrac{\theta^2/[n(n+2)]}{\theta^2/(3n)}=\dfrac{3}{n+2}\le 1 pour n1n\ge1 (égalité si n=1n=1). Pour n2n\ge2, EQM(θ^UB)θ2n2θ23n=EQM(θ^M)\text{EQM}(\hat\theta_{UB})\sim\dfrac{\theta^2}{n^2}\ll\dfrac{\theta^2}{3n}=\text{EQM}(\hat\theta_M).

 θ^UB est preˊfeˊrable au sens de l’EQM (deˋn2). \boxed{\ \hat\theta_{UB}\text{ est préférable au sens de l'EQM (dès } n\ge2).\ }

التمرين 3

Exercice 3 — Martingale bornée et convergence L2

#martingales#l2-convergence#uniform-integrability#quadratic-variation#almost-sure-convergence

Soit (Mn)n0(M_n)_{n\ge0} une martingale réelle adaptée à une filtration (Fn)n0(\mathcal{F}_n)_{n\ge0} telle que

MnKp.s. pour tout n0.|M_n|\le K\quad\text{p.s. pour tout } n\ge0.

On pose, pour tout n1n\ge1,

Xn:=k=1nMkMk1k,X0=0.X_n:=\sum_{k=1}^{n}\frac{M_k-M_{k-1}}{k},\qquad X_0=0.

  1. Montrer que (Xn)n0(X_n)_{n\ge0} est une martingale de carré intégrable.
  2. Calculer E[Xn2]\mathbb{E}[X_n^2] et montrer que supn1E[Xn2]<+\sup_{n\ge1}\mathbb{E}[X_n^2]<+\infty.
  3. En déduire que (Xn)(X_n) converge presque sûrement et dans L2L^2.
  4. Montrer que (Xn)(X_n) est une martingale uniformément intégrable.
  5. Montrer que les variables aléatoires X0, (XkXk1), k1X_0,\ (X_k-X_{k-1}),\ k\ge1, sont deux à deux orthogonales dans L2L^2.
  6. Montrer que

k=1+E[(MkMk1)2]k2<+\sum_{k=1}^{+\infty}\frac{\mathbb{E}\big[(M_k-M_{k-1})^2\big]}{k^2}<+\infty

et interpréter ce résultat.

الحل

On pose dk=MkMk1d_k=M_k-M_{k-1} (accroissements de martingale), de sorte que E[dkFk1]=0\mathbb{E}[d_k\mid\mathcal{F}_{k-1}]=0, et XkXk1=dkkX_k-X_{k-1}=\dfrac{d_k}{k}.

1.

  • Adaptation : Xn=kndkkX_n=\sum_{k\le n}\dfrac{d_k}{k} est Fn\mathcal{F}_n-mesurable.
  • Carré intégrable : MkK|M_k|\le K donne dk2K|d_k|\le 2K, donc Xn2Kk=1n1k<|X_n|\le 2K\sum_{k=1}^n\dfrac1k<\infty : XnX_n est bornée, donc XnL2X_n\in L^2.
  • Propriété de martingale : comme 1n+1\dfrac{1}{n+1} est Fn\mathcal{F}_n-mesurable,

E[Xn+1Fn]=Xn+1n+1E[Mn+1MnFn]=Xn.\mathbb{E}[X_{n+1}\mid\mathcal{F}_n]=X_n+\frac{1}{n+1}\,\mathbb{E}[M_{n+1}-M_n\mid\mathcal{F}_n]=X_n.

Donc (Xn)(X_n) est une martingale de carré intégrable.

2.

Les dkk\dfrac{d_k}{k} sont des accroissements de martingale, orthogonaux dans L2L^2 : pour j<kj<k,

E ⁣[djjdkk]=1jkE[djE[dkFk1]]=0.\mathbb{E}\!\left[\frac{d_j}{j}\frac{d_k}{k}\right]=\frac{1}{jk}\,\mathbb{E}\big[d_j\,\mathbb{E}[d_k\mid\mathcal{F}_{k-1}]\big]=0.

Par le théorème de Pythagore,

 E[Xn2]=k=1nE[dk2]k2=k=1nE[(MkMk1)2]k2. \boxed{\ \mathbb{E}[X_n^2]=\sum_{k=1}^{n}\frac{\mathbb{E}[d_k^2]}{k^2}=\sum_{k=1}^{n}\frac{\mathbb{E}\big[(M_k-M_{k-1})^2\big]}{k^2}.\ }

Comme dk2K|d_k|\le 2K, on a E[dk2]4K2\mathbb{E}[d_k^2]\le 4K^2, d'où

E[Xn2]4K2k=1n1k24K2k=11k2=4K2π26=2π2K23,\mathbb{E}[X_n^2]\le 4K^2\sum_{k=1}^{n}\frac{1}{k^2}\le 4K^2\sum_{k=1}^{\infty}\frac{1}{k^2}=4K^2\cdot\frac{\pi^2}{6}=\frac{2\pi^2K^2}{3},

donc

 supn1E[Xn2]2π2K23<+. \boxed{\ \sup_{n\ge1}\mathbb{E}[X_n^2]\le\frac{2\pi^2K^2}{3}<+\infty.\ }

3.

(Xn)(X_n) est une martingale bornée dans L2L^2. D'après le théorème de convergence des martingales bornées dans L2L^2 (Doob), il existe XL2X_\infty\in L^2 tel que

 Xnn p.s. et L2 X. \boxed{\ X_n\xrightarrow[n\to\infty]{\ \text{p.s. et } L^2\ }X_\infty.\ }

4.

Une martingale bornée dans L2L^2 est bornée dans LpL^p avec p=2>1p=2>1 ; par le critère de de la Vallée-Poussin (avec φ(x)=x2\varphi(x)=x^2), la famille (Xn)(X_n) est uniformément intégrable. (De manière équivalente, la convergence dans L2L^2 entraîne la convergence dans L1L^1, ce qui caractérise l'uniforme intégrabilité d'une suite convergeant p.s.)

 (Xn) est une martingale uniformeˊment inteˊgrable. \boxed{\ (X_n)\text{ est une martingale uniformément intégrable.}\ }

5.

Notons Yk=XkXk1=dkkY_k=X_k-X_{k-1}=\dfrac{d_k}{k}. Pour j<kj<k, le calcul du 2. donne E[YjYk]=1jkE[djdk]=0\mathbb{E}[Y_jY_k]=\dfrac{1}{jk}\mathbb{E}[d_jd_k]=0 ; et X0=0X_0=0 est orthogonale à tout YkY_k. Donc

 X0, (Yk)k1 sont deux aˋ deux orthogonales dans L2. \boxed{\ X_0,\ (Y_k)_{k\ge1}\ \text{sont deux à deux orthogonales dans } L^2.\ }

6.

D'après le 2., E[Xn2]=k=1nE[dk2]k2\mathbb{E}[X_n^2]=\sum_{k=1}^{n}\dfrac{\mathbb{E}[d_k^2]}{k^2} est croissante et majorée par 2π2K23\dfrac{2\pi^2K^2}{3}. La série à termes positifs converge donc, et par convergence L2L^2 (question 3),

 k=1+E[(MkMk1)2]k2=limnE[Xn2]=E[X2]<+. \boxed{\ \sum_{k=1}^{+\infty}\frac{\mathbb{E}\big[(M_k-M_{k-1})^2\big]}{k^2}=\lim_{n\to\infty}\mathbb{E}[X_n^2]=\mathbb{E}[X_\infty^2]<+\infty.\ }

Interprétation : cette somme est l'énergie totale (la variation quadratique espérée) de la martingale XX : E[X2]=kE[Yk2]\mathbb{E}[X_\infty^2]=\sum_k \mathbb{E}[Y_k^2]. Sa finitude est exactement la condition qui garantit la convergence p.s. et L2L^2 de Xn=kdkkX_n=\sum_k \dfrac{d_k}{k} : en divisant les accroissements bornés dkd_k par kk, on rend sommable la série des variances. C'est l'analogue, pour les martingales, du théorème « une série » de Kolmogorov (kVar(Yk)<kYk\sum_k\text{Var}(Y_k)<\infty\Rightarrow\sum_k Y_k converge p.s. et dans L2L^2).