Concours d'accès à la formation de troisième cycle Doctorat LMD, Intitulé du Doctorat : Mathématiques Appliquées, Examen : Analyse fonctionnelle et distributions, Université 8 mai 1945 - Guelma, année universitaire 2019/2020.
التمرين 1
Suite régularisante vers Dirac et dérivées des distributions sign et |x|
(1) On considère la suite de fonctions (fn)n≥1 définie sur R par
fn(x)=⎩⎨⎧0,n2(n1+x),n2(n1−x),0,x≤−n1,−n1≤x≤0,0≤x≤n1,x≥n1.
(a) Étudier la convergence de la suite (fn) dans L2(R), L1(R) et D′(R).
(b) Montrer par l'absurde qu'il n'existe aucune fonction f∈Lloc1(R) telle que ⟨δ,φ⟩=∫Rf(x)φ(x)dx pour tout φ.
(2) Calculer la dérivée des distributions suivantes :
(α)T1 associée à f(x)=sign(x) ;
(β)T2 associée à f(x)=∣x∣.
◀الحل
(1)(a) Convergence
La fonction fn est un « pic » triangulaire de base [−n1,n1] et de hauteur n ; son aire vaut 21⋅n2⋅n=1.
Dans L1 :∥fn∥L1=1 pour tout n. La limite ponctuelle est 0 (pour x=0), mais ∥fn∥L1=1→0 : la suite ne converge pas dans L1.
Dans L2 : par symétrie,
∥fn∥L22=2∫01/nn2(1−nx)2dx=2⋅3n=32nn→∞+∞.
La norme explose : pas de convergence dans L2.
Dans D′ : pour φ∈D(R), comme ∫fn=1 et le support se concentre en 0,
⟨fn,φ⟩=∫fn(x)φ(x)dx=∫fn(x)(φ(0)+O(x))dx→φ(0)=⟨δ,φ⟩.
Donc fn→δdans D′(R). (suite régularisante / identité approchée).
(1)(b) δ n'est pas une fonction Lloc1
Supposons δ=Tf, f∈Lloc1 : ∫fφ=φ(0) pour tout φ∈D. Prenons φn∈D, 0≤φn≤1, φn(0)=1, suppφn⊂[−n1,n1]. Alors
1=φn(0)=∫fφn≤∫∣x∣≤1/n∣f(x)∣dxn→∞0
par continuité absolue de l'intégrale (f∈Lloc1). On aboutit à 1≤0, absurde. Donc aucune f∈Lloc1 ne représente δ.
(2) Dérivées au sens des distributions
(α)sign(x)=2H(x)−1 avec H Heaviside, H′=δ. Donc
T1′=(sign)′=2δ.(β) Pour φ∈D, ⟨T2′,φ⟩=−∫∣x∣φ′(x)dx=∫sign(x)φ(x)dx, donc
T2′=(∣x∣)′=sign(x),T2′′=2δ.
التمرين 2
Transformées de Laplace et de Stieltjes sur L²(ℝ₊) : ||S||=||L||²
On considère l'espace de Hilbert H=L2(R+) et les opérateurs L (transformée de Laplace) et S (transformée de Stieltjes) définis sur H par
Lf(x)=∫0+∞e−xyf(y)dy,Sf(x)=∫0+∞x+yf(y)dy.
Le but du problème est de démontrer que ∥S∥≤∥L∥2.
(a) En effectuant un changement de variables convenable, montrer que
∫0+∞x+y1yxdy=∫0+∞t(1+t)dt=π,∀x>0.
(b) En écrivant x+y1=[x+y1(xy)1/4][x+y1(yx)1/4] et en utilisant l'inégalité de Cauchy-Schwarz : (1) montrer que ∣Sf(x)∣2≤(∫0∞x+y∣f(y)∣2xydy)(∫0∞x+y1yxdy) ; (2) en déduire que ∫0∞∣Sf(x)∣2dx≤π2∫0∞∣f(y)∣2dy et que S est continu de norme ∥S∥≤π.
(c) En écrivant (Lf(x))2=(∫0∞e−xyf(y)dy)(∫0∞e−xzf(z)dz) et en utilisant b(2), montrer que L est continu de norme ∥L∥≤π.
(d) Montrer que : (1) L est auto-adjoint ; (2) L∘L=S ; (3) en déduire que S est auto-adjoint positif et que ∥S∥=∥L∥2.
Sf(x)=∫0∞A(y)x+yf(y)(xy)1/4B(y)x+y1(yx)1/4dy,
et par Cauchy-Schwarz ∣Sf(x)∣2≤(∫A2)(∫B2) :
∣Sf(x)∣2≤(∫0∞x+y∣f(y)∣2xydy)(∫0∞x+y1yxdy).
Le second facteur vaut π d'après (a), donc ∣Sf(x)∣2≤π∫0∞x+y∣f(y)∣2xydy.
(b)(2) Norme de S
Intégrons en x et appliquons Fubini :
∫0∞∣Sf(x)∣2dx≤π∫0∞∣f(y)∣2(=π(meˆme calcul)∫0∞x+y1xydx)dy=π2∥f∥2.
Donc ∥Sf∥≤π∥f∥, soit ∥S∥≤π.
(c) Norme de L
∫0∞(Lf(x))2dx=∫0∞∫0∞f(y)f(z)(∫0∞e−x(y+z)dx)dydz=∫0∞∫0∞y+zf(y)f(z)dydz=⟨Sf,f⟩.
Par Cauchy-Schwarz et b(2) : ∥Lf∥2=⟨Sf,f⟩≤∥Sf∥∥f∥≤π∥f∥2, d'où ∥L∥≤π.
(d) Structure et égalité des normes
(1) Le noyau e−xy est symétrique : ⟨Lf,g⟩=∬e−xyf(y)g(x)dydx=⟨f,Lg⟩, donc L=L∗ (auto-adjoint).
(2)L(Lf)(x)=∫0∞e−xy(∫0∞e−yzf(z)dz)dy=∫0∞f(z)(∫0∞e−y(x+z)dy)dz=∫0∞x+zf(z)dz=Sf(x). Donc L∘L=S.
(3) Comme L est auto-adjoint, S=L2=L∗L : S est auto-adjoint et positif (⟨Sf,f⟩=∥Lf∥2≥0). Enfin, par l'identité C∗ de la norme d'opérateur, ∥L∗L∥=∥L∥2, d'où
∥S∥=∥L∥2.
(Valeurs exactes : ∥L∥=π, ∥S∥=π.)