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مسابقة دكتوراه 2019Université Abderrahmane Mira - Béjaïa — الموضوع 01

مسابقة عامة · الرياضيات

Concours national d'entrée en Doctorat LMD — Épreuve commune : Mathématiques de base — 16/11/2019 — Durée : 02 heures

التمرين 1

Matrices symétriques 2×2 positives : caractérisation par le déterminant et la trace

#algèbre linéaire#matrices symétriques#valeurs propres#formes quadratiques

Pour tout ce qui suit, on note par M2(R)\mathcal{M}_2(\mathbb{R}) l'ensemble des matrices carrées d'ordre 22 à coefficients réels. Pour MM2(R)M\in\mathcal{M}_2(\mathbb{R}), on désigne par det(M)\det(M) le déterminant de MM et par Tr(M)\mathrm{Tr}(M) la trace de MM. On désigne aussi par tM{}^tM la matrice transposée de MM. On dira que MM est symétrique si tM=M{}^tM=M. Si MM est symétrique, on dira qu'elle est positive si pour tout X=(x1x2)R2X=\begin{pmatrix}x_1\\x_2\end{pmatrix}\in\mathbb{R}^2, on a : tXMX  0(1){}^tXMX\ \ge\ 0\qquad(1) (où tX{}^tX désigne la transposée de XX).

Soient a,ba,b et cc des nombres réels et AA la matrice symétrique de M2(R)\mathcal{M}_2(\mathbb{R}) donnée par : A=(abbc).A=\begin{pmatrix}a&b\\b&c\end{pmatrix}.

1) Montrer que les valeurs propres de AA sont réelles.

2) Sous quelles conditions sur a,b,ca,b,c, la matrice AA possède-t-elle une valeur propre double ?

3) Montrer que AA est diagonalisable dans M2(R)\mathcal{M}_2(\mathbb{R}).

4) Supposons dans cette question que AA est positive.

(a) Montrer que les valeurs propres de AA sont positives (utiliser (1)(1) en prenant pour XX un des vecteurs propres de AA).

(b) En déduire que les nombres det(A)\det(A) et Tr(A)\mathrm{Tr}(A) sont positifs.

5) Montrer que si det(A)0\det(A)\ge0 et Tr(A)=0\mathrm{Tr}(A)=0 alors A=(0)A=(0) (où (0)(0) est la matrice nulle de M2(R)\mathcal{M}_2(\mathbb{R})).

6) Supposons dans cette question que det(A)0\det(A)\ge0 et Tr(A)>0\mathrm{Tr}(A)>0.

(a) Pour X=(xy)R2X=\begin{pmatrix}x\\y\end{pmatrix}\in\mathbb{R}^2, écrire l'expression de tXAX{}^tXAX comme polynôme en xx et yy.

(b) En déduire que AA est positive.

(c) Conclure au théorème selon lequel : « une matrice symétrique MM de M2(R)\mathcal{M}_2(\mathbb{R}) est positive si et seulement si det(M)0\det(M)\ge0 et Tr(M)0\mathrm{Tr}(M)\ge0 ».

7) En utilisant le théorème établi à la question précédente, montrer que si AA est positive et inversible alors sa matrice inverse A1A^{-1} est positive.

الحل

1) Valeurs propres réelles

Le polynôme caractéristique de AA est χA(λ)=λ2(a+c)λ+(acb2),\chi_A(\lambda)=\lambda^2-(a+c)\lambda+(ac-b^2), de discriminant Δ=(a+c)24(acb2)=(ac)2+4b2  0.\Delta=(a+c)^2-4(ac-b^2)=(a-c)^2+4b^2\ \ge\ 0. Les racines de χA\chi_A sont donc réelles.

2) Valeur propre double

Il y a valeur propre double si et seulement si Δ=0\Delta=0, c'est-à-dire (ac)2+4b2=0    a=c et b=0,(a-c)^2+4b^2=0\iff a=c\ \text{et}\ b=0, autrement dit A=aI2A=aI_2 (matrice scalaire).

3) Diagonalisabilité

  • Si Δ>0\Delta>0 : AA possède deux valeurs propres réelles distinctes, donc AA est diagonalisable.
  • Si Δ=0\Delta=0 : d'après 2), A=aI2A=aI_2 est déjà diagonale.

Dans tous les cas, AA est diagonalisable dans M2(R)\mathcal{M}_2(\mathbb{R}).

4) Cas où AA est positive

(a) Soit X0X\neq0 un vecteur propre associé à la valeur propre λ\lambda. Alors tXAX=tX(λX)=λtXX=λX20{}^tXAX={}^tX(\lambda X)=\lambda\,{}^tXX=\lambda\|X\|^2\ge0 par (1)(1), et comme X2>0\|X\|^2>0, on obtient λ0\lambda\ge0.

(b) En notant λ1,λ20\lambda_1,\lambda_2\ge0 les valeurs propres : det(A)=λ1λ20,Tr(A)=λ1+λ20.\det(A)=\lambda_1\lambda_2\ge0,\qquad\mathrm{Tr}(A)=\lambda_1+\lambda_2\ge0.

5) det(A)0\det(A)\ge0 et Tr(A)=0  A=(0)\mathrm{Tr}(A)=0\ \Rightarrow\ A=(0)

λ1+λ2=0\lambda_1+\lambda_2=0 donne λ2=λ1\lambda_2=-\lambda_1, d'où det(A)=λ120\det(A)=-\lambda_1^2\ge0, ce qui impose λ1=λ2=0\lambda_1=\lambda_2=0. Comme AA est diagonalisable (question 3), AA est semblable à la matrice nulle, donc A=(0)A=(0).

6) Cas où det(A)0\det(A)\ge0 et Tr(A)>0\mathrm{Tr}(A)>0

(a) tXAX=ax2+2bxy+cy2{}^tXAX=ax^2+2bxy+cy^2.

(b) De acb20ac\ge b^2\ge0 et a+c>0a+c>0, on déduit a0a\ge0 et c0c\ge0 (même signe et somme strictement positive), avec a>0a>0 ou c>0c>0.

  • Si a>0a>0 : mise sous forme canonique, ax2+2bxy+cy2=a(x+bay)2+acb2ay2  0.ax^2+2bxy+cy^2=a\Big(x+\frac ba y\Big)^2+\frac{ac-b^2}{a}\,y^2\ \ge\ 0.
  • Si a=0a=0 : alors b2ac=0b^2\le ac=0 donc b=0b=0, et c=Tr(A)>0c=\mathrm{Tr}(A)>0, d'où tXAX=cy20{}^tXAX=cy^2\ge0.

Dans les deux cas, AA est positive.

(c) Sens direct : si MM symétrique est positive, la question 4 donne det(M)0\det(M)\ge0 et Tr(M)0\mathrm{Tr}(M)\ge0. Réciproque : si det(M)0\det(M)\ge0 et Tr(M)0\mathrm{Tr}(M)\ge0, deux cas se présentent — si Tr(M)>0\mathrm{Tr}(M)>0, la question 6(b) montre que MM est positive ; si Tr(M)=0\mathrm{Tr}(M)=0, la question 5 donne M=(0)M=(0), qui est positive. D'où le théorème : M symeˊtrique positive    det(M)0 et Tr(M)0.\boxed{M\ \text{symétrique positive}\iff\det(M)\ge0\ \text{et}\ \mathrm{Tr}(M)\ge0}.

7) Inverse d'une matrice positive inversible

A1A^{-1} est symétrique car t(A1)=(tA)1=A1{}^t(A^{-1})=({}^tA)^{-1}=A^{-1}.

AA étant positive et inversible, ses valeurs propres λ1,λ2\lambda_1,\lambda_2 sont 0\ge0 et de produit det(A)0\det(A)\neq0 : elles sont donc strictement positives. Les valeurs propres de A1A^{-1} sont 1λ1,1λ2>0\dfrac1{\lambda_1},\dfrac1{\lambda_2}>0, d'où det(A1)=1λ1λ2>0,Tr(A1)=1λ1+1λ2>0.\det(A^{-1})=\frac{1}{\lambda_1\lambda_2}>0,\qquad\mathrm{Tr}(A^{-1})=\frac1{\lambda_1}+\frac1{\lambda_2}>0. Par le théorème de la question 6(c), A1A^{-1} est positive.

التمرين 2

Distance à un sous-espace fermé et lemme de Riesz

#espaces vectoriels normés#distance à un sous-espace#lemme de Riesz#borne inférieure

Soit (E,)(\mathbb{E},\|\cdot\|) un R\mathbb{R}-espace vectoriel normé. On note B(0,1)\overline{B}(0,1) la boule unité fermée de E\mathbb{E}. Soit F\mathbb{F} (FE\mathbb{F}\neq\mathbb{E}) un sous-espace vectoriel fermé de E\mathbb{E}. On pose d(x,F)=inf{yx, yF}.d(x,\mathbb{F})=\inf\{\|y-x\|,\ y\in\mathbb{F}\}.

1. Étant donnés xEx\in\mathbb{E}, yFy\in\mathbb{F} et λR\lambda\in\mathbb{R}, établir les 3 propriétés suivantes :

(i) d(x,F)xd(x,\mathbb{F})\le\|x\| ;   (ii) d(λx,F)=λd(x,F)d(\lambda x,\mathbb{F})=|\lambda|\,d(x,\mathbb{F}) ;   (iii) d(xy,F)=d(x,F)d(x-y,\mathbb{F})=d(x,\mathbb{F}).

2. Soient x,xEx,x'\in\mathbb{E}, montrer que d(x+x,F)d(x,F)+d(x,F).d(x+x',\mathbb{F})\le d(x,\mathbb{F})+d(x',\mathbb{F}).

3. Soit xB(0,1)x\in\overline{B}(0,1) tel que α=d(x,F)>0\alpha=d(x,\mathbb{F})>0.

(a) Montrer que εR+, yF : αxy<α(1+ε)\forall\varepsilon\in\mathbb{R}_+^*,\ \exists y\in\mathbb{F}\ :\ \alpha\le\|x-y\|<\alpha(1+\varepsilon).

(b) Montrer que : εR+, xˉB(0,1)\forall\varepsilon\in\mathbb{R}_+^*,\ \exists\bar x\in\overline{B}(0,1) tel que : d(xˉ,F)=(1+ε)1d(\bar x,\mathbb{F})=(1+\varepsilon)^{-1}.

الحل

1. Trois propriétés de la distance

(i) 0F0\in\mathbb{F} (sous-espace vectoriel), donc d(x,F)0x=x.d(x,\mathbb{F})\le\|0-x\|=\|x\|.

(ii) Pour λ0\lambda\neq0 : yyλy\mapsto\dfrac{y}{\lambda} est une bijection de F\mathbb{F} sur F\mathbb{F}, et λxy=λxyλ.\|\lambda x-y\|=|\lambda|\,\Big\|x-\frac{y}{\lambda}\Big\|. En passant à la borne inférieure sur yFy\in\mathbb{F} : d(λx,F)=λd(x,F)d(\lambda x,\mathbb{F})=|\lambda|\,d(x,\mathbb{F}). Pour λ=0\lambda=0, les deux membres valent 00 (car 0F0\in\mathbb{F}).

(iii) Pour yFy\in\mathbb{F} fixé : zy+zz\mapsto y+z est une bijection de F\mathbb{F} sur F\mathbb{F}, et (xy)z=x(y+z),\|(x-y)-z\|=\|x-(y+z)\|, donc en passant à l'infimum : d(xy,F)=d(x,F)d(x-y,\mathbb{F})=d(x,\mathbb{F}).

2. Sous-additivité

Pour tous y,yFy,y'\in\mathbb{F} : y+yFy+y'\in\mathbb{F}, donc d(x+x,F)x+x(y+y)xy+xy.d(x+x',\mathbb{F})\le\|x+x'-(y+y')\|\le\|x-y\|+\|x'-y'\|. En prenant la borne inférieure sur yy, puis sur yy' : d(x+x,F)d(x,F)+d(x,F).d(x+x',\mathbb{F})\le d(x,\mathbb{F})+d(x',\mathbb{F}).

3. Lemme de Riesz

(a) Comme α(1+ε)>α=inf{xy, yF}\alpha(1+\varepsilon)>\alpha=\inf\{\|x-y\|,\ y\in\mathbb{F}\}, par caractérisation de la borne inférieure il existe yFy\in\mathbb{F} tel que xy<α(1+ε)\|x-y\|<\alpha(1+\varepsilon) ; et par définition de l'infimum, xyα\|x-y\|\ge\alpha. D'où αxy<α(1+ε).\alpha\le\|x-y\|<\alpha(1+\varepsilon).

(b) Soit yFy\in\mathbb{F} donné par (a). Posons xˉ=xyα(1+ε).\bar x=\frac{x-y}{\alpha(1+\varepsilon)}.

  • xˉB(0,1)\bar x\in\overline{B}(0,1) : en effet xˉ=xyα(1+ε)<1\|\bar x\|=\dfrac{\|x-y\|}{\alpha(1+\varepsilon)}<1 d'après (a).
  • Par les propriétés (ii) puis (iii) : d(xˉ,F)=1α(1+ε)d(xy,F)=1α(1+ε)d(x,F)=αα(1+ε)=(1+ε)1.d(\bar x,\mathbb{F})=\frac{1}{\alpha(1+\varepsilon)}\,d(x-y,\mathbb{F})=\frac{1}{\alpha(1+\varepsilon)}\,d(x,\mathbb{F})=\frac{\alpha}{\alpha(1+\varepsilon)}=(1+\varepsilon)^{-1}.

D'où l'existence de xˉB(0,1)\bar x\in\overline{B}(0,1) avec d(xˉ,F)=(1+ε)1d(\bar x,\mathbb{F})=(1+\varepsilon)^{-1} : c'est le lemme de Riesz, qui fournit des vecteurs de la boule unité presque à distance 11 de tout sous-espace fermé propre.