Concours d'accès à la formation de Doctorat 2020-2021, spécialité Probabilités-Statistique, épreuve « Analyse des données et Martingale » (Sujet I), Département de Probabilités-Statistique, Faculté des Sciences Exactes, Université de Béjaïa (Abderrahmane Mira), 27 mars 2021, durée 2 heures.
التمرين 1
Exercice 1 — Analyse en composantes principales : schéma de dualité et cercle des corrélations
où la i-ème ligne désigne l'individu xi et la j-ème colonne désigne la variable Xj. On suppose qu'on choisit dans l'espace des individus E la métrique M=D1/s2 définie par
M(ei,ej)=var(Xj)δij.
Établir le schéma de dualité de l'ACP de X.
Montrer que l'ACP du triplet (X,D1/s2,Dp) et celle de (Z,Ip,Dp), avec Z=XD1/s (soit zij=xij/sj), sont équivalentes.
Que peut-on dire du choix de la métrique en ACP ?
Dans l'ACP du triplet (X,D1/s2,Dp), que vaut l'inertie totale Ig du nuage des individus ?
Dans ce cas, quel est le critère pour sélectionner le nombre d'axes ?
Montrer que, pour le choix de la métrique M=D1/s2, les vecteurs λjuj (uj étant le j-ème vecteur principal) contiennent les coefficients de corrélation linéaire des p variables initiales Xk avec la j-ème composante principale Cj.
◀الحل
On note le triplet statistique (X,M,D) avec M=D1/s2 (métrique sur l'espace des individus E=Rp) et D=Dp (matrice diagonale des poids des n individus, en général Dp=n1In).
1.
Le schéma (diagramme) de dualité s'écrit
Rp∗XRnDpRn∗X⊤RpMRp∗.
On pose V=X⊤DpX (matrice de variance-covariance, p×p) et W=XMX⊤ (n×n). L'ACP consiste à diagonaliser l'opérateur VM=X⊤DpXM sur Rp (ou, de façon duale, WDp=XMX⊤Dp sur Rn) ; ces deux opérateurs ont les mêmes valeurs propres non nulles λ1≥λ2≥⋯≥0.
2.
L'ACP de (X,D1/s2,Dp) diagonalise A:=VM=X⊤DpXD1/s2.
Pour le triplet (Z,Ip,Dp) avec Z=XD1/s, la matrice à diagonaliser est
Z⊤DpZIp=D1/sX⊤DpXD1/s=D1/sVD1/s=R,
qui est la matrice des corrélations de X (son terme (k,l) vaut cov(Xk,Xl)/(sksl)=corr(Xk,Xl)).
Or A et R sont semblables : avec P=D1/s et puisque D1/s2Ds=D1/s,
PAP−1=D1/s(VD1/s2)Ds=D1/sVD1/s=R.
Deux matrices semblables ont les mêmes valeurs propres λk, et leurs vecteurs propres se correspondent par P=D1/s. Les inerties principales et les composantes principales sont donc identiques : les deux ACP sont équivalentes. Autrement dit, l'ACP normée (métrique D1/s2 sur données centrées) coïncide avec l'ACP usuelle (métrique Ip) des données centrées-réduites Z.
3.
Le choix de la métrique définit la distance entre individus, donc la forme du nuage et les résultats de l'analyse. Le choix M=D1/s2 revient à réduire les variables (les diviser par leur écart-type) : l'analyse devient indépendante des unités de mesure et attribue à chaque variable le même poids (variance 1). C'est l'ACP normée, à privilégier lorsque les variables sont hétérogènes ou exprimées dans des unités différentes.
4.
L'inertie totale est la trace de l'opérateur VM :
Ig=tr(VD1/s2)=∑j=1psj2var(Xj)=∑j=1p1,
soit
Ig=k∑λk=p
(le nombre de variables).
5.
L'inertie totale valant p pour p axes possibles, l'inertie moyenne par axe est 1. Le critère de Kaiser consiste à ne retenir que les axes dont la valeur propre dépasse cette moyenne :
on garde les axes tels que λk≥1.
(On peut aussi s'appuyer sur l'éboulis des valeurs propres ou sur le pourcentage cumulé d'inertie expliquée.)
6.
La j-ème composante principale est Cj=XMuj, où uj est le j-ème vecteur principal (VMuj=λjuj, normalisé), et var(Cj)=λj.
Par l'équivalence établie au 2., plaçons-nous sur les données réduites Z (variables Zk=Xk/sk, de variance 1), avec Ruj=λjuj, ∥uj∥=1 et Cj=Zuj. Alors
Soit (Xn)n≥1 une suite de v.a.r. indépendantes de même loi, telles que E(Xi)=0, E(Xi2)=1 et Φ(λ)=E(eλXi)<+∞ pour ∣λ∣<ε (ε>0). Pour n≥1, on pose Sn=X1+X2+⋯+Xn et, pour t>1,
h(t)=(2tlnlnt)1/2.
i)
a. Montrer que Φ(λ) admet un développement limité au voisinage de 0 de la forme Φ(λ)=1+2λ2+o(λ2).
b. Vérifier que t→+∞limth(t)=0.
c. Soit λ∈]−ε,ε[. Montrer que Yn=(Φ(λ))nexp(λSn) est une martingale.
ii)
a. Montrer, en utilisant l'inégalité de Doob, que
P(⋃n=1+∞{Sn>a+nλlnΦ(λ)})≤e−λa
pour tout λ∈]0,ε[ et tout a>0.
b. Pour t>1 et α>1, on pose ak=2αh(tk) et λk=tkh(tk) pour k≥1. Utiliser (ii-a) pour montrer que
Par le lemme de Borel-Cantelli, P(Aki.o.)=0 : presque sûrement, il existe k0 tel que pour tout k≥k0 et tout n∈]tk,tk+1], on ait Sn≤h(n)Ck, c'est-à-dire h(n)Sn≤Ck.
Or, par (i-a), lnΦ(λk)=ln(1+2λk2+o(λk2))=2λk2+o(λk2) et λk→0, donc λk2lnΦ(λk)→21 et
Ck=2α+tλk2lnΦ(λk)k→∞2α+2t=2α+t.
Tout entier n assez grand appartient à un unique intervalle ]tk,tk+1] avec k→∞ quand n→∞ ; on obtient donc, presque sûrement,
limsupn→∞h(n)Sn≤2α+t.
Ceci vaut pour tous t>1 et α>1. En faisant tendre t↓1 et α↓1 (le long de suites dénombrables, l'intersection des événements de probabilité 1 restant de probabilité 1),
n→∞limsuph(n)Sn≤1P-p.s.
C'est la moitié supérieure de la loi du logarithme itéré : limsupnSn/2nlnlnn≤1 presque sûrement.