Concours d'accès à la formation de 3ème cycle LMD 2018/2019, Domaine Mathématiques et Informatique (MI), Filière Mathématiques, Spécialité Probabilités-Statistiques, Faculté des Sciences, Université Abou Bekr Belkaïd – Tlemcen, le samedi 20 octobre 2018.
التمرين 1
Partie 1, Exercice 1 — Probabilité d'extinction d'un processus de branchement B(3, 1/2)
Soit un processus de branchement (naissance et mort) de loi de reproduction binomiale B(3,1/2). Déterminer sa probabilité d'extinction ρ.
◀الحل
Fonction génératrice
La loi de reproduction ξ∼B(3,21) a pour fonction génératrice
g(s)=E[sξ]=(21+21s)3=(21+s)3.
Le nombre moyen de descendants est m=g′(1)=3⋅21=23>1 : le processus est sur-critique, donc la probabilité d'extinction ρ est l'unique racine de s=g(s) appartenant à [0,1[ (la plus petite racine dans [0,1]).
Résolution de l'équation s=g(s)
s=(21+s)3⟺8s=(1+s)3⟺s3+3s2−5s+1=0.
Comme s=1 est racine évidente (on a toujours g(1)=1), on factorise :
s3+3s2−5s+1=(s−1)(s2+4s−1)=0.
Les racines de s2+4s−1=0 sont s=−2±5. Les racines de l'équation sont donc {1,−2+5,−2−5}. La seule racine dans [0,1[ est 5−2.
ρ=5−2≈0,236.
التمرين 2
Partie 1, Exercice 2 — Estimateur de densité par différences de la f.d.r. empirique
Soit (X1,…,Xn) un échantillon d'une loi de probabilité sur R de densité f et de fonction de répartition F. On note la fonction de répartition empirique
Fn(x)=n1∑i=1n1]−∞,x](Xi),x∈R.
On définit un estimateur de f(x), x∈R, par
fn(x)=2hnFn(x+hn)−Fn(x−hn),
où hn vérifie limn→∞hn=0 et limn→∞nhn=∞.
Montrer que fn est une densité sur R.
Soit f de classe C3. Quelle est la loi de la variable aléatoire 2nhnfn(x) ? Calculer un équivalent asymptotique (pour n→∞) de E(fn(x)) et de V(fn(x)). En déduire le risque quadratique (pour n→∞) :
E(fn(x)−f(x))2=2nhnf(x)+o(nhn1)+O(hn4).
Si f est C1 et limn→∞nhn2=0, montrer que
nhn(fn(x)−f(x))Ln→∞Z∼N(0,2f(x)).
Si f est continue sur [a,b], a,b∈R, montrer que
∫abfn(x)dxn→∞∫abf(x)dxen probabiliteˊ.
◀الحل
1.
On réécrit, en notant que Fn(x+hn)−Fn(x−hn)=n1∑i=1n1{x−hn<Xi≤x+hn},
C'est l'estimateur à noyau uniforme (Rosenblatt) de noyau K(u)=211]−1,1](u). De plus, comme ∫R1{x−hn<Xi≤x+hn}dx=∫R1{Xi−hn≤x<Xi+hn}dx=2hn,
∫Rfn(x)dx=2nhn1∑i=1n2hn=1.
Donc fn≥0 et ∫Rfn=1 : fn est bien une densité de probabilité sur R.
2.
D'après l'écriture précédente,
2nhnfn(x)=∑i=1n1{x−hn<Xi≤x+hn}
est une somme de n variables de Bernoulli i.i.d. de paramètre pn=P(x−hn<X≤x+hn)=F(x+hn)−F(x−hn). Donc
2nhnfn(x)∼B(n,pn),pn=F(x+hn)−F(x−hn).
Espérance.E[fn(x)]=2nhnnpn=2hnpn. Comme f∈C3, la formule de Taylor donne
Par le théorème de Glivenko-Cantelli, supu∣Fn(u)−F(u)∣→0 presque sûrement. Comme F est continue, la moyenne de Fn sur une fenêtre de largeur 2hn→0 vérifie
Soient (Ω,F,P) un espace de probabilité, B={B(t),t≥0} un mouvement brownien standard et c∈]0,2[. Pour k,n∈N, on pose
Xk,n=B((k+1)e−n)−B(ke−n),Ak,n={Xk,n>cne−n/2},
et
Bn=⋂k=0[en]−1Ak,n.
Montrer que 1−x≤e−x pour tout x≥0.
Donner la loi de Xk,n.
Montrer que
P(Ak,n)≥c2n+1cn⋅2π1e−2c2n.
En déduire que P(Bn)→0 quand n→∞.
Soit 0<ϵ<1 et posons
C={∣B(t+h)−B(t)∣≤chlogh1,∀h∈]0,ϵ],∀t∈[0,1−h[}.
a. Montrer que P(C)=0.
b. En déduire une propriété de l'application t⟼B(t).
On rappelle que : A désigne le complémentaire de A ; pour x∈R, [x] désigne la partie entière de x ; et pour tout x≥0,
∫x+∞exp(−2u2)du≥x2+1xexp(−2x2).
◀الحل
1.
Soit g(x)=e−x−(1−x) sur [0,+∞[. On a g(0)=0 et g′(x)=−e−x+1=1−e−x≥0 pour x≥0. Donc g est croissante et g(x)≥g(0)=0, c'est-à-dire
1−x≤e−x,∀x≥0.
2.
Un accroissement du mouvement brownien sur un intervalle de longueur ℓ suit la loi N(0,ℓ). Ici l'intervalle ]ke−n,(k+1)e−n] est de longueur e−n, donc
Xk,n∼N(0,e−n).
3.
En posant Z=e−n/2Xk,n∼N(0,1), on a Ak,n={Z>cn}, donc
P(Ak,n)=P(Z>cn)=2π1∫cn+∞e−u2/2du.
En appliquant la minoration rappelée avec x=cn (donc x2=c2n) :
P(Ak,n)≥2π1⋅c2n+1cne−c2n/2.
P(Ak,n)≥c2n+1cn⋅2π1e−2c2n.
4.
Les intervalles ]ke−n,(k+1)e−n], pour k=0,…,[en]−1, sont disjoints ; par indépendance des accroissements du mouvement brownien, les Xk,n (donc les événements Ak,n) sont indépendants. En notant pn=P(Ak,n) (identique pour tout k),
P(Bn)=∏k=0[en]−1P(Ak,n)=(1−pn)[en]≤e−[en]pn(par la question 1).
Supposons ω∈C. Soit n assez grand pour que e−n≤ϵ. Prenons h=e−n et t=ke−n avec 0≤k≤[en]−1 (de sorte que t∈[0,1−h[). Alors logh1=n et hlogh1=ne−n=ne−n/2, donc la définition de C donne
c'est-à-dire que Ak,n est réalisé pour tout k∈{0,…,[en]−1}. Ainsi C⊂Bn pour tout n assez grand, d'où
P(C)≤P(Bn)n→∞0⟹P(C)=0.
5. b.
Le résultat vaut pour tout c∈]0,2[. Donc, presque sûrement, aucune majoration de la forme ∣B(t+h)−B(t)∣≤chlogh1 uniforme en t ne tient avec c<2 : les accroissements du brownien ne sont p.s. pas dominés par chlog(1/h) pour c<2. Autrement dit
En conséquence, les trajectoires t⟼B(t) sont presque sûrement nulle part höldériennes d'ordre 21, et en particulier presque sûrement nulle part dérivables sur [0,1]. (C'est la minoration du théorème du module de continuité de Lévy.)