📚 الرئيسية

مسابقة دكتوراه 2023Université Abou Bekr Belkaïd - Tlemcen — الموضوع 01

مسابقة عامة · الرياضيات · المدة: 2سا

Concours d'accès à la formation de 3ème cycle LMD 2022/2023, Domaine Mathématiques et Informatique (MI), Filière Mathématiques, Épreuve de Spécialité : Mathématiques Appliquées (durée 2h), Faculté des Sciences, Université Abou Bekr Belkaïd – Tlemcen, le samedi 11 février 2023.

التمرين 1

Exercice 1 — Opérateurs T_n f(x) = int (x-t)^n f(t) dt sur C([0,1]) : lipschitzianité, convergence, compacité

#integral-operator#lipschitz-continuity#arzela-ascoli#uniform-convergence#functional-analysis

Soit E=C([0,1],R)E = \mathcal{C}([0, 1], \mathbb{R}) l'espace des fonctions continues sur [0,1][0,1], muni de la norme f=supx[0,1]f(x)\|f\|_\infty = \sup_{x \in [0,1]} |f(x)|. Pour nNn \in \mathbb{N}^*, on définit l'opérateur TnT_n par

(Tnf)(x)=01(xt)nf(t)dt,x[0,1].(T_n f)(x) = \int_0^1 (x - t)^n\, f(t)\,dt, \qquad x \in [0, 1].

  1. Montrer que pour tout fEf \in E et tout nNn \in \mathbb{N}^*, la fonction TnfT_n f est lipschitzienne sur [0,1][0,1].

  2. En déduire que TnL(E)T_n \in \mathcal{L}(E) (opérateur linéaire continu) et majorer Tn\|T_n\|.

  3. Montrer que la suite (Tnf)n(T_n f)_n converge uniformément vers une limite TfTf que l'on déterminera.

  4. Soit (fk)k(f_k)_k une suite de EE telle que fk=1ek\|f_k\|_\infty = 1 - e^{-k}. Montrer que, pour chaque nn fixé, la suite (Tnfk)k(T_n f_k)_k possède une sous-suite convergente dans EE.

  5. Montrer qu'il n'existe pas d'élément fEf \in E tel que, pour tout x]0,1[x \in\, ]0, 1[, (Tnf)(x)=ex(T_n f)(x) = e^x.

الحل

1.

Pour x,y[0,1]x, y \in [0,1], par le théorème des accroissements finis appliqué à s(st)ns \mapsto (s - t)^n, il existe un point intermédiaire donnant (xt)n(yt)nnxy|(x - t)^n - (y - t)^n| \leq n\,|x - y| (car st1|s - t| \leq 1). D'où

(Tnf)(x)(Tnf)(y)01(xt)n(yt)nf(t)dtnfxy.|(T_n f)(x) - (T_n f)(y)| \leq \int_0^1 |(x-t)^n - (y-t)^n|\,|f(t)|\,dt \leq n\,\|f\|_\infty\,|x - y|.

Donc TnfT_n f est lipschitzienne de rapport nfn\|f\|_\infty. En particulier TnfET_n f \in E.

2.

TnT_n est clairement linéaire. De plus, comme xt1|x - t| \leq 1 sur [0,1]2[0,1]^2,

Tnf=supx01(xt)nf(t)dtf01xtndtf.\|T_n f\|_\infty = \sup_x \left| \int_0^1 (x-t)^n f(t)\,dt \right| \leq \|f\|_\infty \int_0^1 |x - t|^n\,dt \leq \|f\|_\infty.

Donc TnT_n est borné, TnL(E)T_n \in \mathcal{L}(E) et Tn1\boxed{\|T_n\| \leq 1}.

3.

On majore plus finement : 01xtndt=xn+1+(1x)n+1n+11n+1\displaystyle \int_0^1 |x - t|^n\,dt = \frac{x^{n+1} + (1 - x)^{n+1}}{n+1} \leq \frac{1}{n+1} (le numérateur est 1\leq 1 sur [0,1][0,1]). D'où, pour tout fEf \in E,

Tnffn+1n0.\|T_n f\|_\infty \leq \frac{\|f\|_\infty}{n+1} \xrightarrow[n \to \infty]{} 0.

La convergence étant uniforme (majoration indépendante de xx),

Tnf0 uniformeˊment,T=0.\boxed{\,T_n f \to 0 \text{ uniformément}, \qquad T = 0.\,}

4.

Fixons nn. La suite (Tnfk)kE(T_n f_k)_k \subset E vérifie :

  • bornée : Tnfkfk=1ek1\|T_n f_k\|_\infty \leq \|f_k\|_\infty = 1 - e^{-k} \leq 1 ;
  • équicontinue : d'après 1, chaque TnfkT_n f_k est lipschitzienne de rapport nfknn\|f_k\|_\infty \leq n, rapport commun à toute la suite.

Par le théorème d'Arzelà-Ascoli, la famille (Tnfk)k(T_n f_k)_k est relativement compacte dans (E,)(E, \|\cdot\|_\infty), donc admet une sous-suite uniformément convergente. (Ceci montre au passage que TnT_n est un opérateur compact.)

5.

En développant (xt)n=j=0n(nj)xj(t)nj(x - t)^n = \sum_{j=0}^n \binom{n}{j} x^j (-t)^{n-j},

(Tnf)(x)=j=0n[(nj)(1)nj01tnjf(t)dt]xj,(T_n f)(x) = \sum_{j=0}^n \left[ \binom{n}{j} (-1)^{n-j} \int_0^1 t^{n-j} f(t)\,dt \right] x^j,

qui est un polynôme en xx de degré au plus nn. Or xexx \mapsto e^x n'est pas un polynôme (sa dérivée (n+1)(n+1)-ième ne s'annule jamais, contrairement à celle d'un polynôme de degré n\leq n). Deux fonctions continues égales sur l'intervalle ouvert ]0,1[]0,1[ coïncideraient, ce qui est impossible.

Il n’existe aucun fE tel que (Tnf)(x)=ex sur ]0,1[.\boxed{\,\text{Il n'existe aucun } f \in E \text{ tel que } (T_n f)(x) = e^x \text{ sur } ]0,1[.\,}

التمرين 2

Exercice 2 — Modèle proie-prédateur général : positivité, équilibres, stabilité

#predator-prey-model#equilibrium-points#local-stability#jacobian-matrix#dynamical-systems

On considère un modèle proie-prédateur décrit par le système différentiel

{x(t)=rx(1xk)f(x)y,y(t)=ef(x)ymy,x(0)=x00, y(0)=y00,\begin{cases} x'(t) = r\,x\left( 1 - \dfrac{x}{k} \right) - f(x)\,y, \\[4pt] y'(t) = e\,f(x)\,y - m\,y, \end{cases} \qquad x(0) = x_0 \geq 0,\ y(0) = y_0 \geq 0,

r,k,e,m>0r, k, e, m \gt 0 sont des constantes et fC1(R+,R+)f \in \mathcal{C}^1(\mathbb{R}^+, \mathbb{R}^+) est la réponse fonctionnelle du prédateur. Ici xx désigne la densité de proies et yy celle de prédateurs.

  1. Interpréter les paramètres du modèle et donner une condition suffisante sur ff pour que le système admette des solutions positives.

  2. Donner des conditions sur ff pour que le modèle possède trois points d'équilibre.

  3. Étudier la stabilité locale des points d'équilibre.

الحل

1. Interprétation et positivité

  • rr : taux de croissance intrinsèque des proies ; kk : capacité de charge (l'accroissement des proies est logistique) ;
  • f(x)f(x) : réponse fonctionnelle (nombre de proies consommées par prédateur et par unité de temps) ;
  • ee : efficacité de conversion des proies consommées en nouveaux prédateurs ;
  • mm : taux de mortalité des prédateurs.

Positivité. Comme fC1f \in \mathcal{C}^1, le champ est localement lipschitzien : existence et unicité locales. Une condition suffisante pour que le quadrant positif soit invariant est

f(0)=0 et f(x)0 pour x0.\boxed{\,f(0) = 0 \text{ et } f(x) \geq 0 \text{ pour } x \geq 0.\,}

En effet, si x=0x = 0 alors x=f(0)y=0x' = -f(0)y = 0, donc l'axe {x=0}\{x = 0\} est invariant ; de même si y=0y = 0 alors y=0y' = 0, donc l'axe {y=0}\{y = 0\} est invariant. Toute trajectoire issue de x0,y00x_0, y_0 \geq 0 reste dans le quadrant positif.

2. Trois points d'équilibre

Les équilibres annulent xx' et yy' :

  • E0=(0,0)E_0 = (0, 0) ;
  • E1=(k,0)E_1 = (k, 0) (proies à la capacité de charge, pas de prédateurs) ;
  • équilibre de coexistence E=(x,y)E^* = (x^*, y^*) : y=0y' = 0 avec y>0y \gt 0 impose f(x)=mef(x^*) = \dfrac{m}{e}, puis x=0x' = 0 donne y=rx(1x/k)f(x)y^* = \dfrac{r\,x^*(1 - x^*/k)}{f(x^*)}.

Pour que EE^* existe dans le quadrant positif, il suffit que ff soit strictement croissante avec f(0)=0f(0) = 0 et que

f(k)>me  0<x=f1 ⁣(me)<k,\boxed{\,f(k) \gt \frac{m}{e}\ \Longleftrightarrow\ 0 \lt x^* = f^{-1}\!\left( \tfrac{m}{e} \right) \lt k,\,}

ce qui assure aussi y>0y^* \gt 0. Sous ces conditions il y a exactement trois équilibres E0E_0, E1E_1, EE^*.

3. Stabilité locale

La matrice jacobienne a pour première ligne (r2rxkf(x)y, f(x))\big( r - \tfrac{2rx}{k} - f'(x)y,\ -f(x) \big) et pour seconde ligne (ef(x)y, ef(x)m)\big( e f'(x) y,\ e f(x) - m \big).

En E0=(0,0)E_0 = (0,0) (avec f(0)=0f(0) = 0) : les valeurs propres sont r>0r \gt 0 et m<0-m \lt 0. C'est un point selle, donc instable.

En E1=(k,0)E_1 = (k, 0) : la matrice est triangulaire, de valeurs propres r<0-r \lt 0 et ef(k)me f(k) - m. Ainsi :

  • si f(k)<m/ef(k) \lt m/e : les deux valeurs propres sont négatives, E1E_1 est un nœud stable (le prédateur disparaît) ;
  • si f(k)>m/ef(k) \gt m/e (cas des trois équilibres) : E1E_1 est un point selle, instable.

En E=(x,y)E^* = (x^*, y^*) (avec f(x)=m/ef(x^*) = m/e, donc l'entrée (2,2)(2,2) de la jacobienne est nulle) : la trace et le déterminant valent

τ=r(12xk)f(x)y,Δ=meef(x)y=mf(x)y>0.\tau = r\left( 1 - \frac{2 x^*}{k} \right) - f'(x^*) y^*, \qquad \Delta = \frac{m}{e}\, e f'(x^*) y^* = m\, f'(x^*)\, y^* \gt 0.

Comme Δ>0\Delta \gt 0 (f>0f' \gt 0, y>0y^* \gt 0), l'équilibre n'est jamais un point selle : sa stabilité dépend du signe de la trace.

E localement asymptotiquement stable    τ=r(12xk)f(x)y<0.\boxed{\,E^* \text{ localement asymptotiquement stable} \iff \tau = r\Big(1 - \tfrac{2x^*}{k}\Big) - f'(x^*)y^* \lt 0.\,}

En particulier, si x>k/2x^* \gt k/2 (le point de coexistence est à droite du sommet de la parabole logistique), on a 12x/k<01 - 2x^*/k \lt 0 et τ<0\tau \lt 0 : EE^* est stable.

التمرين 3

Exercice 3 — Équations de transport par la méthode des caractéristiques

#transport-equation#method-of-characteristics#first-order-pde#linear-pde#partial-differential-equations

Résoudre par la méthode des caractéristiques les équations de transport suivantes.

1. L'équation de transport linéaire à vitesse constante c>0c \gt 0 :

ut+cux=0,u(x,0)=u0(x).\frac{\partial u}{\partial t} + c\,\frac{\partial u}{\partial x} = 0, \qquad u(x, 0) = u_0(x).

2. L'équation avec terme source et coefficient variable :

ut+t2ux=xt,u(x,0)=f(x).\frac{\partial u}{\partial t} + t^2\,\frac{\partial u}{\partial x} = -x\,t, \qquad u(x, 0) = f(x).

الحل

1.

Les courbes caractéristiques vérifient dxdt=c\dfrac{dx}{dt} = c, soit x=ct+x0x = ct + x_0, et le long de celles-ci dudt=ut+cux=0\dfrac{du}{dt} = u_t + c\,u_x = 0 : uu est constante. Donc u(x,t)=u0(x0)=u0(xct)u(x,t) = u_0(x_0) = u_0(x - ct) :

u(x,t)=u0(xct).\boxed{\,u(x, t) = u_0(x - ct).\,}

2.

Les caractéristiques vérifient dxdt=t2\dfrac{dx}{dt} = t^2, d'où x(t)=t33+x0x(t) = \dfrac{t^3}{3} + x_0, soit x0=xt33x_0 = x - \dfrac{t^3}{3}. Le long d'une caractéristique,

dudt=ut+t2ux=x(t)t=(t33+x0)t=t43x0t.\frac{du}{dt} = u_t + t^2 u_x = -x(t)\,t = -\left( \frac{t^3}{3} + x_0 \right) t = -\frac{t^4}{3} - x_0 t.

En intégrant de 00 à tt avec u(0)=f(x0)u(0) = f(x_0) :

u=f(x0)t515x0t22.u = f(x_0) - \frac{t^5}{15} - x_0\,\frac{t^2}{2}.

En remplaçant x0=xt33x_0 = x - \tfrac{t^3}{3} : x0t22=xt22+t56-x_0 \tfrac{t^2}{2} = -\tfrac{x t^2}{2} + \tfrac{t^5}{6}, et t515+t56=t510-\tfrac{t^5}{15} + \tfrac{t^5}{6} = \tfrac{t^5}{10}. D'où

u(x,t)=f ⁣(xt33)xt22+t510.\boxed{\,u(x, t) = f\!\left( x - \frac{t^3}{3} \right) - \frac{x\,t^2}{2} + \frac{t^5}{10}.\,}

Vérification. ut=t2fxt+t42u_t = -t^2 f' - x t + \tfrac{t^4}{2}, ux=ft22u_x = f' - \tfrac{t^2}{2}, donc ut+t2ux=xtu_t + t^2 u_x = -x t, et u(x,0)=f(x)u(x, 0) = f(x). ✓