Concours d'accès à la formation de 3ème cycle LMD 2022/2023, Domaine Mathématiques et Informatique (MI), Filière Mathématiques, Épreuve de Spécialité : Système Dynamique et Applications (durée 2h), Faculté des Sciences, Université Abou Bekr Belkaïd – Tlemcen, le samedi 11 février 2023.
التمرين 1
Exercice 1 — Opérateur de Volterra sur L^2([0,1]) : continuité, adjoint, spectres de T, T+T*, T-T*
Cherchons les valeurs propres : Tf=λf avec λ=0. Alors f=λ1Tf est dérivable, λf′=f avec f(0)=(Tf)(0)/λ=0 ; d'où f(x)=f(0)ex/λ=0. Aucune valeur propre non nulle. De plus T est quasinilpotent : ∥Tn∥1/n→0 (car (Tnf)(x)=∫0x(n−1)!(x−t)n−1f(t)dt), donc le rayon spectral est nul. Le spectre étant non vide,
σ(T)={0}.
(Remarque : 0 n'est pas valeur propre car T est injectif ; il appartient au spectre car T n'est pas inversible.)
où 1 est la fonction constante égale à 1 (avec ∥1∥2=1). C'est donc le projecteur orthogonal sur la droite Vect(1) : (T+T∗)1=1 et (T+T∗)g=0 si ∫01g=0. Ses valeurs propres sont 1 (vecteur 1) et 0 (l'hyperplan 1⊥) :
σ(T+T∗)={0,1}.
3. Spectre de T−T∗
Posons B=T−T∗ : (Bg)(x)=∫0xg−∫x1g. On a (Bg)∗=T∗−T=−B, donc B est anti-adjoint (spectre imaginaire pur), et B est compact. Cherchons Bg=λg, λ=0. En dérivant (Bg)′(x)=g(x)+g(x)=2g(x), on obtient λg′=2g, soit g(x)=Ce2x/λ. Les relations de bord Bg(0)=−∫01g=λg(0) et Bg(1)=∫01g=λg(1) donnent, par somme, g(0)+g(1)=0, i.e. 1+e2/λ=0, donc e2/λ=−1 :
λ2=iπ(2k−1),λk=iπ(2k−1)2=−(2k−1)π2i,k∈Z.
Ces valeurs propres sont imaginaires pures et tendent vers 0. B étant compact, le spectre est formé de ces valeurs propres et de 0 :
σ(T−T∗)={0}∪{±(2k−1)π2i:k≥1}.
التمرين 2
Exercice 2 — Système proie-prédateur à compétition : positivité, équilibres, stabilité
On considère le système différentiel (S1) modélisant l'interaction de deux populations de densités x(t) et y(t) :
(S1){x˙=αx(1−βx−y),y˙=−y(1−αx),α>0,β>0.
De quel type de modèle s'agit-il ? Justifier.
Que représentent les paramètres α et β ?
Montrer que (S1) admet une unique solution globale positive pour toute donnée initiale x0≥0, y0≥0.
Déterminer les solutions stationnaires (points d'équilibre) de (S1).
Étudier la stabilité locale des points d'équilibre en fonction de α et β.
◀الحل
1. et 2.
Le prédateur y décroît en l'absence de proies (y˙=−y<0 quand x est petit) et croît dès que αx>1 ; la proie x croît de manière logistique (terme d'auto-limitation −αβx2) et est consommée par y. Il s'agit donc d'un modèle proie-prédateur (de type Lotka-Volterra) avec compétition intraspécifique de la proie. Ici x est la proie et y le prédateur.
β mesure la compétition interne de la proie : 1/β joue le rôle de capacité de charge (isocline x=1/β lorsque y=0).
α est le taux d'interaction / de croissance ; 1/α est le seuil de densité de proies au-dessus duquel le prédateur croît (y˙>0⟺x>1/α).
3. Existence, unicité, positivité, globalité
Le second membre est polynomial, donc de classe C1 : Cauchy-Lipschitz assure existence et unicité locales. Positivité : si x=0 alors x˙=0 et si y=0 alors y˙=0, donc les axes sont invariants et le quadrant positif l'est aussi. Globalité : de x˙≤αx(1−βx) on déduit par comparaison x(t)≤max(x0,1/β)=:XM (borné). Alors y˙=(αx−1)y≤(αXM−1)y, d'où y(t)≤y0e(αXM−1)t : pas d'explosion en temps fini. La solution est donc globale et positive.
4. Points d'équilibre
x˙=0⇒x=0 ou 1−βx−y=0 ; y˙=0⇒y=0 ou x=1/α. On obtient :
E0=(0,0),E1=(β1,0),E2=(α1,αα−β).
L'équilibre de coexistence E2 n'est positif (donc admissible) que si α>β.
5. Stabilité locale
La jacobienne a pour première ligne (α−2αβx−αy,−αx) et pour seconde ligne (αy,αx−1).
En E0=(0,0) : valeurs propres α>0 et −1<0 : point selle, instable.
En E1=(1/β,0) : matrice triangulaire, valeurs propres −α<0 et βα−β.
si α<β : les deux sont négatives, E1 est un nœud stable (le prédateur s'éteint) ;
si α>β : E1 est un point selle, instable.
En E2=(1/α,(α−β)/α) (existe si α>β) : on calcule les entrées en x∗=1/α, y∗=(α−β)/α : la première ligne devient (−β,−1) et la seconde (α−β,0). Donc
tr=−β<0,det=α−β>0.
Trace négative et déterminant positif : E2 est localement asymptotiquement stable dès qu'il existe (α>β). Les valeurs propres sont racines de s2+βs+(α−β)=0 : nœud stable si β2≥4(α−β), foyer stable sinon.
α<β:E1 stable (extinction du preˊdateur);α>β:E2 stable (coexistence).
التمرين 3
Exercice 3 — Modèle discret de population de type logistique et doublement de période
On considère le modèle discret de dynamique d'une population de type logistique (S2) :
Nt+1=rNt(b−Nt),r>0,b>1,Nt>0.
Déterminer les points d'équilibre de (S2).
Étudier leur stabilité (locale) en fonction des paramètres.
Existe-t-il un cycle d'ordre deux pour b=r3 ?
◀الحل
On note F(N)=rN(b−N) la fonction d'itération, de sorte que Nt+1=F(Nt). En posant μ=rb, le changement d'échelle N=bu ramène à la forme logistique classique ut+1=μut(1−ut).
1. Points d'équilibre
F(N∗)=N∗ : soit N∗=0, soit rb−rN∗=1, d'où
N0∗=0,N1∗=b−r1(>0 si b>1/r).
2. Stabilité
F′(N)=r(b−N)−rN=rb−2rN.
En N0∗=0 : F′(0)=rb=μ. Stable si ∣rb∣<1, i.e. rb<1 ; instable si rb>1.
En N1∗=b−1/r : F′(N1∗)=rb−2r(b−1/r)=2−rb=2−μ. Stable ssi ∣2−rb∣<1, i.e.
1<rb<3⟺r1<b<r3.
Ainsi : rb<1 : seul 0 est stable ; 1<rb<3 : N1∗ est stable ; rb>3 : N1∗ devient instable (par F′(N1∗)<−1).
3. Cycle d'ordre deux pour b=3/r
Pour b=3/r on a exactement μ=rb=3, donc F′(N1∗)=2−3=−1 : c'est précisément le seuil de la bifurcation par doublement de période (bifurcation « flip »). Cherchons un 2-cycle : dans la forme normalisée ut+1=μu(1−u), les points d'un 2-cycle sont
u±=2μμ+1±(μ−3)(μ+1).
Pour μ=3 : (μ−3)=0, donc u+=u−=64=32, qui coïncide avec le point fixe u∗=1−1/μ=2/3. Les deux points du « cycle » sont confondus avec l'équilibre :
Non : aˋb=3/r(μ=3)il n’existe pas de 2-cycle propre ; c’est le seuil de doublement de peˊriode.
Un véritable cycle d'ordre deux (distinct du point fixe) n'apparaît que pour rb>3, i.e. b>3/r.