Concours d'accès à la formation de troisième cycle — Année universitaire 2025-2026 — Épreuve générale — Sujet n° 3 — 30-04-2026
التمرين 1
Série entière Φ(x)=Σ xⁿ/n² (dilogarithme) : rayon, représentation intégrale et Φ(1/2)
#séries entières#rayon de convergence#dilogarithme#intégration terme à terme
On considère la série entière de terme général
un=n21,n≥1,
et on définit sa somme par
Φ(x)=∑n=1+∞n2xn.
1. Déterminer le rayon de convergence R de cette série entière, ainsi que la nature de la série sur le cercle ∣x∣=R.
2. Montrer que, pour tout x tel que ∣x∣≤R,
Φ(x)=∫0xt−ln(1−t)dt.
3. Montrer que, pour tout x∈(0,1),
Φ(x)+Φ(1−x)=Φ(1)−lnxln(1−x),
et en déduire la valeur de Φ(21).
On donne n=1∑+∞n21=6π2.
◀الحل
1. Rayon de convergence et comportement sur le cercle
Avec an=n21 : anan+1=(n+1n)2→1, donc R=1.
Sur le cercle ∣x∣=1 : n2xn=n21, terme général d'une série de Riemann convergente. La série converge donc absolument (normalement) en tout point du cercle∣x∣=1.
2. Représentation intégrale
Pour ∣t∣<1 : −ln(1−t)=n=1∑+∞ntn, donc
t−ln(1−t)=∑n=1+∞ntn−1,
prolongée par continuité en t=0 (valeur 1). Sur tout segment [0,x] avec ∣x∣<1, la convergence est normale, donc on peut intégrer terme à terme :
∫0xt−ln(1−t)dt=∑n=1+∞n1∫0xtn−1dt=∑n=1+∞n2xn=Φ(x).
En x=R=1 : l'intégrale impropre ∫01t−ln(1−t)dt converge, et par convergence normale de la série sur [0,1] (majorée par ∑1/n2) et continuité (théorème d'Abel), l'égalité se prolonge à ∣x∣≤1.
3. Équation fonctionnelle et calcul de Φ(1/2)
Posons, pour x∈(0,1), g(x)=Φ(x)+Φ(1−x)+lnxln(1−x). D'après la question 2, Φ′(x)=x−ln(1−x), donc
g′(x)=x−ln(1−x)−1−x−lnx+xln(1−x)−1−xlnx=0.g est donc constante sur (0,1). Quand x→0+ : Φ(x)→0, Φ(1−x)→Φ(1) et lnxln(1−x)∼−xlnx→0, d'où g≡Φ(1) :
Φ(x)+Φ(1−x)=Φ(1)−lnxln(1−x).
En x=21 : 2Φ(21)=Φ(1)−(ln2)2 avec Φ(1)=6π2, donc
Φ(21)=12π2−2(ln2)2.
التمرين 2
Suite de fonctions mesurables et égalité µ-presque partout
#théorie de la mesure#fonctions mesurables#convergence simple#presque partout
Soit (E,F,μ) un espace mesuré et soit f:E→R une fonction mesurable sur E. On suppose que A:={x∈E:f(x)=0} est un ensemble μ-négligeable. On considère la suite de fonctions (fn)n définie par
fn(x)={1f(x)si ∣f(x)∣≤n1si ∣f(x)∣>n1
pour n≥1 et x∈E.
1. Montrer que fn est mesurable sur E.
2. Trouver la limite simple de la suite (fn)n lorsque n→+∞. Soit g(x)=limn→+∞fn(x).
3. Montrer que f=gμ-presque partout sur E.
◀الحل
1. Mesurabilité de fn
Posons En={x∈E:∣f(x)∣≤n1}=∣f∣−1([0,n1]). Comme f est mesurable, ∣f∣ l'est aussi et En∈F. On peut alors écrire
fn=1En+f1E∖En,
somme de produits de fonctions mesurables (indicatrices d'ensembles mesurables et f) : fn est mesurable.
2. Limite simple
Soit x∈E.
Si f(x)=0 : il existe N tel que N1<∣f(x)∣ ; alors pour tout n≥N, fn(x)=f(x), donc fn(x)→f(x).
Si f(x)=0 : pour tout n, ∣f(x)∣=0≤n1, donc fn(x)=1 et fn(x)→1.
La limite simple est donc
g(x)={f(x)1si f(x)=0si f(x)=0.
3. Égalité presque partout
Par construction,
{x∈E:f(x)=g(x)}={x∈E:f(x)=0}=A,
qui est μ-négligeable par hypothèse. Donc f=gμ-presque partout sur E.
التمرين 3
Unicité pour un problème aux limites mixte Dirichlet-Robin (méthode d'énergie)
#EDP#problème aux limites#méthode d'énergie#formule de Green
Soit C une courbe fermée, continue et dérivable par morceaux, bordant un domaine D⊂R2. On considère le problème :
⎩⎨⎧−Δu=F(x,y)u=f∂n∂u+αu=gdans D,sur C1,sur C2,
où C1 est une partie de C, C2 le complémentaire, et α>0 une constante positive. Les fonctions F, f et g sont continues chacune sur son domaine.
Montrer que ce problème a au plus une solution. (Ce problème correspond à une membrane dont la partie C2 du bord est attachée à un support élastique de constante de raideur α.)
◀الحل
Méthode d'énergie
Supposons que u1 et u2 soient deux solutions du problème et posons w=u1−u2. Par linéarité, w vérifie le problème homogène :
−Δw=0dans D,w=0sur C1,∂n∂w+αw=0sur C2.
Identité de Green. En multipliant −Δw=0 par w et en intégrant sur D (première formule de Green) :
0=−∫DwΔwdxdy=∫D∣∇w∣2dxdy−∫Cw∂n∂wds.
Traitement du bord. Sur C1 : w=0, donc la contribution est nulle. Sur C2 : ∂n∂w=−αw, donc
∫Cw∂n∂wds=∫C2w(−αw)ds=−α∫C2w2ds.
On obtient ainsi l'identité d'énergie :
∫D∣∇w∣2dxdy+α∫C2w2ds=0.
Conclusion. Les deux termes sont positifs ou nuls, donc chacun est nul :
∫D∣∇w∣2=0 entraîne ∇w=0 dans D, donc w est constante sur D (domaine connexe) ;
α>0 et ∫C2w2ds=0 entraînent w=0 sur C2 (et w=0 sur C1 par la condition de Dirichlet).
La constante vaut donc 0 : w≡0 dans D, c'est-à-dire u1=u2. Le problème admet au plus une solution.