Concours d'accès à la Formation Doctorale, Mathématiques Pures et Appliquées, Épreuve Générale Sujet N°2, 06/11/2017, Durée 1h30
التمرين 1
Exercice A — Solutions $2\pi$-périodiques de $-u''+u=0$
#équations différentielles#extrema#périodicité
Soit une fonction à valeurs réelles u∈C2(R)2π-périodique solution de l'équation différentielle
−u′′(x)+u(x)=0,x∈R.
Trouver le signe de u(x0) si u atteint un maximum en x0∈R.
Trouver le signe de u(x0) si u atteint un minimum en x0∈R.
Montrer que u≡0.
Principe du maximum élémentaire : pour une EDO ou EDP elliptique −u′′+cu=0 avec c>0, tout maximum a valeur ≤0 et tout minimum a valeur ≥0. C'est un cas simple du principe du maximum d'Hopf.
◀الحل
Si u atteint un maximum en x0, alors u′′(x0)≤0. L'équation donne u(x0)=u′′(x0)≤0. Donc u(x0)≤0.
Si u atteint un minimum en x0, alors u′′(x0)≥0. L'équation : u(x0)=u′′(x0)≥0.
u est continue et 2π-périodique, donc atteint un max M=u(x1) et un min m=u(x2) sur R (par périodicité + continuité sur [0,2π]). Par 1) M≤0, par 2) m≥0. Comme m≤M : 0≤m≤M≤0, donc M=m=0, donc u≡0.
Alternative directe : les solutions de −u′′+u=0 sont u(x)=Aex+Be−x ; seules celles périodiques (donc bornées sur R) sont u≡0 (car Aex+Be−x est bornée ⇔ A=B=0).
التمرين 2
Exercice B — Transformée de Fourier de gaussiennes
#transformée de Fourier#gaussienne#équation différentielle#analyse fonctionnelle
Si u∈L1(R), sa transformée de Fourier est définie et notée par u(ξ):=2π1∫Ru(x)e−iξxdx.
On considère la fonction définie par f(x)=e−x2/2, x∈R.
Montrer en dérivant f qu'on obtient une équation différentielle ordinaire, et trouver f.
En déduire la transformée de Fourier de la fonction donnée par
g(x)=tσe−σ(x−y)2/t,
où σ>0,t>0 et y∈R sont des constantes données.
Résultat clé : la gaussienne est vecteur propre (à valeur propre 1) de la transformée de Fourier (dans la normalisation symétrique). La preuve par EDO (f′=−ξf) est la plus élégante. Utilisé partout : théorème central limite, chaleur, oscillateur harmonique quantique.
◀الحل
f(ξ)=2π1∫e−x2/2e−iξxdx. Dérivons : f′(ξ)=2π−i∫xe−x2/2e−iξxdx. Or xe−x2/2=−(e−x2/2)′, donc intégration par parties donne f′(ξ)=2π−i∫−(e−x2/2)′e−iξxdx=2πi[e−x2/2(−iξ)e−iξx]dx (en intégrant par parties, terme au bord nul). Cela donne f′(ξ)=−ξf(ξ).
Résoudre : f(ξ)=Ce−ξ2/2. Constante C=f(0)=2π1∫e−x2/2dx=2π2π=1. Donc f(ξ)=e−ξ2/2.
Écrivons g comme translation-dilatée-normalisée de f. Posons α=2σ/t, alors σ(x−y)2/t=α2(x−y)2/2. Donc g(x)=σ/tf(α(x−y)).
Propriétés de Fourier : f(α⋅)(ξ)=∣α∣1f(ξ/α)=α1e−ξ2/(2α2). Translation par y : f(α(⋅−y))(ξ)=e−iξyα1e−ξ2/(2α2).
Donc g(ξ)=σ/t⋅α1e−ξ2/(2α2)e−iξy=σ/t⋅t/(2σ)e−ξ2t/(4σ)e−iξy=21e−ξ2t/(4σ)e−iξy.
التمرين 3
Exercice C — Racines d'un polynôme via intégrale de contour
#analyse complexe#intégrale de contour#théorème des résidus#polynômes
Soit la fonction polynômiale P d'ordre m∈N :
P(z)=zm+a1zm−1+⋯+am−1z+am,z∈C,aj∈C.
Trouver la fonction polynômiale Q telle que
P(τ)τm−1=τ1(1−Q(1/τ)1).
Donner la preuve que
2πi1∮∣τ∣=RP(τ)τm−1dτ=1,
où R>0 est tel que {τ∈C:P(τ)=0}⊂{z∈C:∣z∣<R}.
Astuce clé : pour une fraction rationnelle Q(z)P(z) avec degQ=degP+1, l'intégrale sur un grand cercle vaut le coefficient dominant du numérateur divisé par celui du dénominateur. Ici c'est 1/1=1. Ce résultat est équivalent à la somme des résidus finis = −résidu à l'infini.
Donc 1−Q(1/τ)1=1+a1/τ+⋯+am/τm1, soit −Q(1/τ)=a1/τ+a2/τ2+⋯+am/τm. On obtient
Q(u)=−a1u−a2u2−⋯−amum.
Pour ∣τ∣=R grand (R plus grand que le maximum des modules des racines de P), on a ∣Q(1/τ)∣<1 (car les aj/τj sont petits). Développons en série géométrique :
1−Q(1/τ)1=∑k=0∞Q(1/τ)k=1+Q(1/τ)+Q(1/τ)2+⋯
Cela donne un développement de Laurent de τm−1/P(τ) centré en ∞ : le terme constant en 1/τ est τ1⋅1=1/τ (les autres termes sont en 1/τk pour k≥2). Donc
P(τ)τm−1=τ1+O(1/τ2)quand τ→∞.
Par le théorème des résidus, 2πi1∮∣τ∣=RP(τ)τm−1dτ=coefficient de 1/τ=1.
(Alternativement : par théorème des résidus interne, la somme des résidus dans le disque ∣z∣<R vaut 1, ce qui est une formule classique pour le «résidu à l'infini» d'une fraction rationnelle de degré numérateur = degré dénominateur −1.)