Concours d'accès à la formation 3ème cycle, filière Mathématiques, année universitaire 2022-2023, épreuve « Mathématiques générales », Université Ahmed Draia d'Adrar, Faculté des Sciences et de la Technologie, Département de Mathématiques et Informatique, le 07 février 2023, durée 01h30.
التمرين 1
Exercice 1 — Endomorphisme nilpotent : ker f = Im f
(04 pts) Soit E un espace vectoriel de dimension n et f un endomorphisme de E. Montrer que
f2=0E et n=2dim(Imf)⟺kerf=Imf
◀الحل
1.
Sens ⟸ : supposons kerf=Imf. Pour tout x∈E, f(x)∈Imf=kerf, donc f2(x)=f(f(x))=0 : f2=0E. Par le théorème du rang :
n=dimkerf+dimImf=2dimImf
Sens ⟹ : supposons f2=0 et n=2dimImf. De f2=0 on tire Imf⊆kerf (car f(f(x))=0). Par le théorème du rang, dimkerf=n−dimImf=dimImf. Une inclusion entre sous-espaces de même dimension finie est une égalité :
kerf=Imf
التمرين 2
Exercice 2 — Une distance sur ]1,+∞[ : complétude, compacité, application lipschitzienne
(08 pts) On pose E=]1,+∞[. Soit d:E2→R+ l'application définie par :
d(x,y)=(x−1)(y−1)∣x−y∣(∀x,y∈E)
Montrer que d est une distance sur E.
Montrer que l'espace métrique (E,d) n'est pas complet.
Soient F=]1,2] et d′ la distance induite de la distance d de E sur F.
a. Montrer que l'espace métrique (F,d′) est complet.
b. Montrer que (F,d′) n'est pas compact.
c. Montrer que l'application f:(F,d′)→(F,d′), x↦21x(x−1)+1 est lipschitzienne tout en précisant son rapport.
◀الحل
1.
Observation clé : en posant φ(x)=x−11, on a pour tous x,y∈E :
∣φ(x)−φ(y)∣=x−11−y−11=(x−1)(y−1)∣y−x∣=d(x,y)
φ:E→]0,+∞[ est une bijection. Donc : d(x,y)≥0 ; d(x,y)=0⟺φ(x)=φ(y)⟺x=y (injectivité) ; symétrie évidente ; inégalité triangulaire héritée de celle de ∣⋅∣ :
d est donc une distance sur E (distance image de la distance usuelle par φ).
2.
Posons xn=n+1, donc φ(xn)=n1. Alors
d(xn,xm)=n1−m1n,m→∞0
donc (xn) est de Cauchy dans (E,d). Si xn→ℓ∈E pour d, alors n1=φ(xn)→φ(ℓ)=ℓ−11>0, ce qui contredit n1→0. Donc (xn) ne converge pas dans E :
(E,d) n’est pas complet
3.a.
φ réalise une isométrie de (F,d′) sur (φ(F),∣⋅∣)=([1,+∞[,∣⋅∣). Or [1,+∞[ est fermé dans R complet, donc complet. La complétude étant invariante par isométrie :
(F,d′) est complet
3.b.
Soit xn=1+n1∈F, donc φ(xn)=n. Pour n=m : d′(xn,xm)=∣n−m∣≥1. Aucune sous-suite n'est de Cauchy, donc aucune ne converge :
(F,d′) n’est pas compact
3.c.
Pour x∈F, f(x)−1=2x(x−1), donc φ(f(x))=x(x−1)2. Avec u=φ(x)∈[1,+∞[, on a x=1+u1 et x(x−1)=u2u+1, d'où
φ(f(x))=ψ(u):=u+12u2
Ainsi d′(f(x),f(y))=∣ψ(u)−ψ(v)∣ avec d′(x,y)=∣u−v∣. Or
(08 pts) On considère la série de fonctions ∑fn(x), où fn(x)=e−xn. Sous réserve de convergence, on pose
f(x)=∑n=1+∞fn(x)
Déterminer le domaine de définition de f.
Étudier la convexité et la monotonie de f.
Étudier la continuité de la fonction f.
Étudier la dérivabilité de f.
Déterminer la limite de f au point 0 et donner une équivalence simple de f au voisinage de 0.
◀الحل
1.
Si x≤0 : e−xn≥1 ne tend pas vers 0, la série diverge. Si x>0 : e−xn=o(n21) car xn−2lnn→+∞, donc la série converge.
Df=]0,+∞[
2.
Chaque fn est strictement décroissante et convexe sur ]0,+∞[ (car fn′′=ne−xn>0). Toute somme (et limite simple de sommes partielles) de fonctions décroissantes et convexes est décroissante et convexe :
f est strictement deˊcroissante et convexe sur ]0,+∞[
3.
Sur tout [a,+∞[ avec a>0 : supx≥a∣fn(x)∣=e−an, terme d'une série convergente : convergence normale, donc uniforme, sur [a,+∞[. Les fn étant continues, f est continue sur chaque [a,+∞[, donc
f est continue sur ]0,+∞[
4.
fn′(x)=−ne−xn et supx≥a∣fn′(x)∣=ne−an, terme d'une série convergente pour tout a>0 : ∑fn′ converge normalement sur [a,+∞[. Par le théorème de dérivation terme à terme :
f∈C1(]0,+∞[)etf′(x)=−n≥1∑ne−xn
5.
La fonction t↦e−xt étant décroissante, la comparaison série-intégrale donne
∫1+∞e−xtdt≤f(x)≤∫0+∞e−xtdt
Avec t=u2 : ∫0+∞e−xtdt=∫0+∞2ue−xudu=x22, et ∫1+∞e−xtdt≥x22−1. Donc x22−1≤f(x)≤x22, d'où