Concours d'accès à la formation de 3e cycle, filière Mathématiques, Université Ahmed Draia d'Adrar, Faculté des Sciences et de Technologie, Département de Mathématiques et Informatique, Épreuve : Mathématiques générales, le 07 février 2023, durée 01h30, année universitaire 2022-2023.
التمرين 1
Exercice 1 — Endomorphisme nilpotent d'indice 2 et caractérisation par le rang
On pose E=]1,+∞[. Soit d:E2→R+ l'application définie par
d(x,y)=(x−1)(y−1)∣x−y∣,(∀x,y∈E).
(2 pts) Montrer que d est une distance sur E.
(2 pts) Montrer que l'espace métrique (E,d) n'est pas complet.
(4 pts) Soient F=]1,2] et d′ la distance induite de la distance d de E sur F.
a. (1,5 pts) Montrer que l'espace métrique (F,d′) est complet.
b. (1,5 pts) Montrer que (F,d′) n'est pas compact.
c. (1 pt) Montrer que l'application f:(F,d′)→(E,d), définie par f(x)=21x(x−1)+1, est lipschitzienne en précisant son rapport.
◀الحل
1.
Remarquons d'abord que, pour x,y∈E=]1,+∞[,
d(x,y)=(x−1)(y−1)∣x−y∣=x−11−y−11.
Cette réécriture est la bonne idée du sujet, le reste devient presque trivial.
Définissons
φ:E→R+∗,φ(x)=x−11.
Alors
d(x,y)=∣φ(x)−φ(y)∣.
Comme la distance usuelle sur R est une distance, on en déduit :
L'espace (E,d) est isométrique à (R+∗,∣⋅∣) via φ(x)=x−11. Or R+∗ n'est pas complet comme sous-espace métrique de R : par exemple la suite un=n1 est de Cauchy dans R+∗ mais converge dans R vers 0∈/R+∗.
Par transport via l'isométrie, la suite
xn=1+n
vérifie
φ(xn)=n1,
donc (xn) est de Cauchy dans (E,d) mais n'y converge pas. En effet, si elle convergait vers x∈E, on aurait φ(xn)→φ(x), donc φ(x)=0, impossible.
Ainsi
(E,d) n’est pas complet.
3.a.
On considère F=]1,2]. Son image par φ vaut
φ(F)=[1,+∞[,
car si x∈]1,2], alors x−1∈]0,1] donc x−11∈[1,+∞[.
Or [1,+∞[ est un fermé de R, donc un espace complet pour la distance usuelle. Comme φ est une isométrie entre (F,d′) et ([1,+∞[,∣⋅∣), on obtient
(F,d′) est complet.
3.b.
Toujours via l'isométrie, (F,d′) est compact si et seulement si [1,+∞[ est compact dans R. Or ce dernier ne l'est pas, puisqu'il n'est pas borné.
Par exemple, la suite xn=1+n1∈F vérifie
φ(xn)=n,
et donc n'admet aucune sous-suite convergente dans (F,d′).
Ainsi
(F,d′) n’est pas compact.
3.c.
On veut montrer que f(x)=21x(x−1)+1 est lipschitzienne de (F,d′) dans (E,d).
On considère la série de fonctions ∑fn(x), où fn(x)=e−xn. Sous réserve de convergence, on pose
f(x)=∑n=1+∞fn(x)=∑n=1+∞e−xn.
(1,5 pts) Déterminer le domaine de définition de f.
(1,5 pts) Étudier la convexité et la monotonie de f.
(1,5 pts) Étudier la continuité de la fonction f.
(1,5 pts) Étudier la dérivabilité de f.
(2 pts) Déterminer la limite de f au point 0 et donner une équivalence simple de f au voisinage de 0.
◀الحل
1.
On étudie la convergence de
∑n≥1e−xn.
Si x<0, alors e−xn=e∣x∣n→+∞, donc la série diverge grossièrement.
Si x=0, chaque terme vaut 1, donc la série diverge.
Si x>0, on compare la série à une intégrale. La fonction t↦e−xt est positive décroissante, et
∫1+∞e−xtdt.
Par le changement de variable u=t, dt=2udu, on obtient
∫1+∞e−xtdt=2∫1+∞ue−xudu,
qui converge pour tout x>0.
Donc la série converge si et seulement si x>0.
Df=]0,+∞[.
2.
Pour tout n≥1, la fonction
x↦e−xn
est décroissante sur R, car sa dérivée vaut
−ne−xn<0.
Comme f est somme de fonctions décroissantes positives, elle est décroissante sur ]0,+∞[.
D'autre part,
dx2d2e−xn=ne−xn≥0,
si bien que chaque terme est convexe. Une somme de fonctions convexes reste convexe dès qu'elle est bien définie. Donc
f est strictement deˊcroissante et convexe sur ]0,+∞[.
3.
Fixons a>0. Pour tout x≥a,
0≤e−xn≤e−an.
Or la série ∑e−an converge. Par le critère de Weierstrass, la série définissant f converge normalement sur tout intervalle [a,+∞[ avec a>0.
Chaque fn étant continue, la somme est continue sur tout [a,+∞[, donc sur ]0,+∞[.
f est continue sur ]0,+∞[.
4.
On a
fn′(x)=−ne−xn.
Fixons encore a>0. Pour x≥a,
∣fn′(x)∣≤ne−an.
La série ∑ne−an converge, par comparaison intégrale ou parce que l'exponentielle domine toute puissance. Donc la série des dérivées converge normalement sur [a,+∞[.
On peut dériver terme à terme :
f′(x)=−∑n=1+∞ne−xn.
De même,
f′′(x)=∑n=1+∞ne−xn,
avec convergence normale locale sur ]0,+∞[, donc f est même de classe C∞ sur cet intervalle.
f∈C∞(]0,+∞[),f′(x)=−n≥1∑ne−xn.
5.
Quand x→0+, chaque terme e−xn tend vers 1, donc on sent bien que la somme explose. Plus proprement, comme f est décroissante positive et définie seulement sur ]0,+∞[, on cherche un équivalent via une intégrale.
Considérons
I(x)=∫0+∞e−xtdt.
Avec u=xt, donc t=x2u2 et dt=x22udu, on obtient
I(x)=x22∫0+∞ue−udu=x22Γ(2)=x22.
Comme la fonction t↦e−xt est positive décroissante, la somme et l'intégrale sont équivalentes quand x→0+ :