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مسابقة دكتوراه 2023Université Ahmed Draia d'Adrar — الموضوع 04

مسابقة عامة · الرياضيات · المدة: 1سا 30د

Concours d'accès à la formation 3e cycle, filière Mathématiques, année universitaire 2022-2023, Université Ahmed Draia d'Adrar, Faculté des Sciences et de Technologie, Département de Mathématiques et Informatique, Épreuve : Mathématiques générales, 07 février 2023, durée 01h30.

التمرين 1

Exercice 1 — Endomorphisme nilpotent d'ordre 2 et égalité noyau-image

#linear-algebra#endomorphism#kernel-image#rank-nullity

Soit EE un espace vectoriel de dimension nn et ff un endomorphisme de EE. Montrer que

  1. (2 pts) si f2=0Ef^2=0_E et n=2dim(Im(f))n=2\dim(\mathrm{Im}(f)), alors kerf=Im(f)\ker f=\mathrm{Im}(f).
  2. (2 pts) réciproquement, si kerf=Im(f)\ker f=\mathrm{Im}(f), alors f2=0Ef^2=0_E et n=2dim(Im(f))n=2\dim(\mathrm{Im}(f)).
الحل

1. Sens direct

On suppose que f2=0Ef^2=0_E et que n=2dim(Im(f))n=2\dim(\mathrm{Im}(f)).

Comme f2=0Ef^2=0_E, on a pour tout xEx\in E :

f(f(x))=0,f(f(x))=0,

ce qui montre immédiatement que

Im(f)kerf.\mathrm{Im}(f)\subset \ker f.

D'autre part, par le théorème du rang :

dim(E)=dim(kerf)+dim(Im(f)).\dim(E)=\dim(\ker f)+\dim(\mathrm{Im}(f)).

Donc

n=dim(kerf)+dim(Im(f)).n=\dim(\ker f)+\dim(\mathrm{Im}(f)).

Or l'hypothèse donne

n=2dim(Im(f)).n=2\dim(\mathrm{Im}(f)).

En identifiant :

dim(kerf)=dim(Im(f)).\dim(\ker f)=\dim(\mathrm{Im}(f)).

On a une inclusion Im(f)kerf\mathrm{Im}(f)\subset\ker f entre deux sous-espaces de même dimension, donc ils sont égaux :

kerf=Im(f).\boxed{\ker f=\mathrm{Im}(f).}

2. Sens réciproque

On suppose maintenant que

kerf=Im(f).\ker f=\mathrm{Im}(f).

Alors, comme Im(f)kerf\mathrm{Im}(f)\subset \ker f, pour tout xEx\in E, le vecteur f(x)f(x) appartient à kerf\ker f, donc

f(f(x))=0.f(f(x))=0.

Ainsi,

f2=0E.\boxed{f^2=0_E.}

Ensuite, par le théorème du rang,

n=dim(kerf)+dim(Im(f)).n=\dim(\ker f)+\dim(\mathrm{Im}(f)).

Mais kerf=Im(f)\ker f=\mathrm{Im}(f), donc leurs dimensions sont égales, et l'on obtient

n=2dim(Im(f)).n=2\dim(\mathrm{Im}(f)).

Par conséquent,

n=2dim(Im(f)).\boxed{n=2\dim(\mathrm{Im}(f)).}

Conclusion

On a bien l'équivalence

(f2=0E et n=2dim(Im(f)))    kerf=Im(f).\boxed{\big(f^2=0_E\ \text{et}\ n=2\dim(\mathrm{Im}(f))\big)\iff \ker f=\mathrm{Im}(f).}

التمرين 2

Exercice 2 — Espace métrique défini par une distance rationnelle

#metric-spaces#completeness#compactness#lipschitz-maps#real-analysis

On pose E=]1,+[E=]1,+\infty[. Soit d:E2R+d:E^2\to\mathbb{R}_+ l'application définie par

d(x,y)=xy(x1)(y1),(x,y)E2.d(x,y)=\frac{|x-y|}{(x-1)(y-1)},\qquad \forall (x,y)\in E^2.

  1. (2 pts) Montrer que dd est une distance sur EE.
  2. (2 pts) Montrer que l'espace métrique (E,d)(E,d) n'est pas complet.
  3. Soient F=]1,2]F=]1,2] et dd' la distance induite par dd de EE sur FF. a. (1,5 pt) Montrer que l'espace métrique (F,d)(F,d') est complet. b. (1 pt) Montrer que (F,d)(F,d') n'est pas compact. c. (1,5 pt) Montrer que l'application f:(F,d)(E,d),x12x(x1)+1f:(F,d')\to(E,d),\qquad x\mapsto \frac12 x(x-1)+1 est lipschitzienne en précisant son rapport.
الحل

1. Vérification que dd est une distance

Pour x,yEx,y\in E, on a x>1x\gt 1 et y>1y\gt 1, donc (x1)(y1)>0(x-1)(y-1)\gt 0, d'où

d(x,y)0.d(x,y)\ge 0.

De plus,

d(x,y)=0    xy=0    x=y.d(x,y)=0\iff |x-y|=0\iff x=y.

La symétrie est immédiate :

d(x,y)=d(y,x).d(x,y)=d(y,x).

Pour l'inégalité triangulaire, on remarque l'identité clé

d(x,y)=1x11y1.d(x,y)=\left|\frac{1}{x-1}-\frac{1}{y-1}\right|.

En effet,

1x11y1=yx(x1)(y1)=xy(x1)(y1).\left|\frac{1}{x-1}-\frac{1}{y-1}\right|=\left|\frac{y-x}{(x-1)(y-1)}\right|=\frac{|x-y|}{(x-1)(y-1)}.

Ainsi, si l'on pose

φ:ER+,φ(x)=1x1,\varphi:E\to\mathbb{R}_+^*,\qquad \varphi(x)=\frac{1}{x-1},

alors

d(x,y)=φ(x)φ(y).d(x,y)=|\varphi(x)-\varphi(y)|.

L'inégalité triangulaire découle donc de celle de la valeur absolue sur R\mathbb{R} :

d(x,z)=φ(x)φ(z)φ(x)φ(y)+φ(y)φ(z)=d(x,y)+d(y,z).d(x,z)=|\varphi(x)-\varphi(z)|\le |\varphi(x)-\varphi(y)|+|\varphi(y)-\varphi(z)|=d(x,y)+d(y,z).

Donc

d est une distance sur E.\boxed{d\text{ est une distance sur }E.}

2. (E,d)(E,d) n'est pas complet

Par l'identité précédente, (E,d)(E,d) est isométrique à (R+,)(\mathbb{R}_+^*,|\cdot|) via φ(x)=1x1\varphi(x)=\dfrac{1}{x-1}.

Considérons la suite xn=n+1x_n=n+1 dans EE. Alors

φ(xn)=1nn0.\varphi(x_n)=\frac{1}{n}\xrightarrow[n\to\infty]{}0.

Donc (φ(xn))(\varphi(x_n)) est de Cauchy dans R\mathbb{R}, et par isométrie (xn)(x_n) est de Cauchy dans (E,d)(E,d).

Si (E,d)(E,d) était complet, cette suite convergerait vers un élément xEx\in E. Alors on aurait

φ(xn)φ(x),\varphi(x_n)\to \varphi(x),

ce qui imposerait φ(x)=0\varphi(x)=0. Or il n'existe aucun xEx\in E tel que

1x1=0.\frac{1}{x-1}=0.

Contradiction. Ainsi,

(E,d) n’est pas complet.\boxed{(E,d)\text{ n'est pas complet}.}

3.a. Complétude de (F,d)(F,d')

Sur F=]1,2]F=]1,2], l'application φ(x)=1x1\varphi(x)=\dfrac{1}{x-1} envoie FF sur [1,+[[1,+\infty[.

En effet :

  • si x=2x=2, alors φ(2)=1\varphi(2)=1 ;
  • quand x1+x\to 1^+, on a φ(x)+\varphi(x)\to +\infty.

Donc (F,d)(F,d') est isométrique à l'espace métrique ([1,+[,)([1,+\infty[,|\cdot|), qui est fermé dans R\mathbb{R}, donc complet.

Par conséquent,

(F,d) est complet.\boxed{(F,d')\text{ est complet}.}

3.b. (F,d)(F,d') n'est pas compact

Toujours par isométrie, (F,d)(F,d') est équivalent à ([1,+[,)([1,+\infty[,|\cdot|). Or cet ensemble n'est pas borné dans R\mathbb{R}, donc il n'est pas compact.

On peut aussi exhiber une suite sans sous-suite convergente : prendre yn=1+1nFy_n=1+\dfrac1n\in F, alors

φ(yn)=n+,\varphi(y_n)=n\to +\infty,

donc (yn)(y_n) n'admet pas de sous-suite convergente pour dd'.

Ainsi,

(F,d) n’est pas compact.\boxed{(F,d')\text{ n'est pas compact}.}

3.c. Application lipschitzienne

On considère

f(x)=12x(x1)+1.f(x)=\frac12 x(x-1)+1.

Pour x,yFx,y\in F,

d(f(x),f(y))=1f(x)11f(y)1.d(f(x),f(y))=\left|\frac{1}{f(x)-1}-\frac{1}{f(y)-1}\right|.

Or

f(x)1=12x(x1),f(y)1=12y(y1).f(x)-1=\frac12 x(x-1),\qquad f(y)-1=\frac12 y(y-1).

Donc

1f(x)1=2x(x1),1f(y)1=2y(y1).\frac{1}{f(x)-1}=\frac{2}{x(x-1)},\qquad \frac{1}{f(y)-1}=\frac{2}{y(y-1)}.

Alors

d(f(x),f(y))=2x(x1)2y(y1)=2y(y1)x(x1)xy(x1)(y1).d(f(x),f(y))=\left|\frac{2}{x(x-1)}-\frac{2}{y(y-1)}\right|=2\left|\frac{y(y-1)-x(x-1)}{xy(x-1)(y-1)}\right|.

Comme

y(y1)x(x1)=(yx)(x+y1),y(y-1)-x(x-1)=(y-x)(x+y-1),

on obtient

d(f(x),f(y))=2xyx+y1xy(x1)(y1).d(f(x),f(y))=2\,\frac{|x-y|\,|x+y-1|}{xy(x-1)(y-1)}.

Mais sur F=]1,2]F=]1,2], on a x1x\ge 1, y1y\ge 1, donc xy1xy\ge 1, et aussi x+y1x+y4x+y-1\le x+y\le 4. Une majoration plus fine suffit : puisque x,y(1,2]x,y\in(1,2], on a

x+y1xy1.\frac{x+y-1}{xy}\le 1.

En effet,

x+y1xy    xyxy+10    (x1)(y1)0,x+y-1\le xy\iff xy-x-y+1\ge 0\iff (x-1)(y-1)\ge 0,

ce qui est vrai.

Par suite,

d(f(x),f(y))2xy(x1)(y1)=2d(x,y).d(f(x),f(y))\le 2\frac{|x-y|}{(x-1)(y-1)}=2d'(x,y).

Donc ff est lipschitzienne de rapport 22 :

d(f(x),f(y))2d(x,y),x,yF.\boxed{d(f(x),f(y))\le 2d'(x,y),\qquad \forall x,y\in F.}

Ainsi,

f est 2-lipschitzienne.\boxed{f\text{ est }2\text{-lipschitzienne}.}