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مسابقة دكتوراه 2023Université Ahmed Draia d'Adrar — الموضوع 03

مسابقة تخصص · Probabilités & Statistiques · المدة: 2سا

Concours d'accès à la formation 3e cycle, filière Mathématiques, spécialité Processus aléatoire et Statistique, Université Ahmed Draia d'Adrar, Faculté des Sciences et de Technologie, Département de Mathématiques et Informatique, Épreuve : Processus stochastique et équations différentielles, le 07 février 2023, durée 02h00, année universitaire 2022-2023.

التمرين 1

Exercice 1 — Mouvement brownien, variable gaussienne indépendante et filtration

#stochastic-processes#brownian-motion#gaussian-processes#conditional-expectation#filtration

Soient B=(Bt)tB=(B_t)_t un mouvement brownien sur (Ω,F,(Ft)t0,P)(\Omega,\mathcal{F},(\mathcal{F}_t)_{t\ge 0},\mathbb{P}) et η\eta une variable aléatoire distribuée suivant une loi gaussienne N(m,ρ2)\mathcal{N}(m,\rho^2) indépendante de (Bt)t(B_t)_t. Soit

Yt=ηt+τBt,Gt=σ(Ys, st).Y_t=\eta t+\tau B_t,\qquad \mathcal{G}_t=\sigma(Y_s,\ s\le t).

  1. Calculer Cov(η,Yt)\operatorname{Cov}(\eta,Y_t) et Cov(Ys,Yt)\operatorname{Cov}(Y_s,Y_t).
  2. Montrer que (Yt)t(Y_t)_t est un processus gaussien.
  3. Montrer que, pour tout t0t\ge 0, il existe une variable aléatoire ZZ indépendante de Gt\mathcal{G}_t et un réel λ\lambda tels que η=λYt+Z\eta=\lambda Y_t+Z.
  4. Calculer E[ηGt]\mathbb{E}[\eta\mid \mathcal{G}_t] et la variance de ηE[ηGt]\eta-\mathbb{E}[\eta\mid \mathcal{G}_t], puis montrer que

limt+E[ηGt]=ηp.s.\lim_{t\to +\infty}\mathbb{E}[\eta\mid \mathcal{G}_t]=\eta\quad \text{p.s.}

الحل

1. Calcul des covariances

On a

Yt=ηt+τBt.Y_t=\eta t+\tau B_t.

Comme η\eta est indépendante de BtB_t et E[Bt]=0\mathbb{E}[B_t]=0,

Cov(η,Yt)=Cov(η,ηt+τBt)=tVar(η)+τCov(η,Bt)=tρ2.\operatorname{Cov}(\eta,Y_t)=\operatorname{Cov}(\eta,\eta t+\tau B_t)=t\operatorname{Var}(\eta)+\tau\operatorname{Cov}(\eta,B_t)=t\rho^2.

Donc

Cov(η,Yt)=tρ2.\boxed{\operatorname{Cov}(\eta,Y_t)=t\rho^2.}

Pour s,t0s,t\ge 0,

Cov(Ys,Yt)=Cov(ηs+τBs,ηt+τBt).\operatorname{Cov}(Y_s,Y_t)=\operatorname{Cov}(\eta s+\tau B_s,\eta t+\tau B_t).

Les termes croisés sont nuls par indépendance, donc

Cov(Ys,Yt)=stVar(η)+τ2Cov(Bs,Bt).\operatorname{Cov}(Y_s,Y_t)=st\operatorname{Var}(\eta)+\tau^2\operatorname{Cov}(B_s,B_t).

Or, pour un mouvement brownien,

Cov(Bs,Bt)=min(s,t).\operatorname{Cov}(B_s,B_t)=\min(s,t).

Ainsi

Cov(Ys,Yt)=stρ2+τ2min(s,t).\boxed{\operatorname{Cov}(Y_s,Y_t)=st\rho^2+\tau^2\min(s,t).}

2. (Yt)t(Y_t)_t est un processus gaussien

Pour tout choix fini t1,,tnt_1,\dots,t_n et de réels a1,,ana_1,\dots,a_n,

i=1naiYti=ηi=1naiti+τi=1naiBti.\sum_{i=1}^n a_iY_{t_i}=\eta\sum_{i=1}^n a_it_i+\tau\sum_{i=1}^n a_iB_{t_i}.

Le premier terme est gaussien, le second aussi car toute combinaison linéaire finie d'un mouvement brownien est gaussienne. De plus, ces deux termes sont indépendants, donc leur somme est gaussienne.

Ainsi toute famille finie (Yt1,,Ytn)(Y_{t_1},\dots,Y_{t_n}) est gaussienne, donc

(Yt)t0 est un processus gaussien.\boxed{(Y_t)_{t\ge 0}\text{ est un processus gaussien}.}

3. Décomposition orthogonale de η\eta

Comme le couple (η,Yt)(\eta,Y_t) est gaussien, on peut projeter linéairement η\eta sur YtY_t :

λ=Cov(η,Yt)Var(Yt).\lambda=\frac{\operatorname{Cov}(\eta,Y_t)}{\operatorname{Var}(Y_t)}.

Or

Var(Yt)=t2ρ2+τ2t=t(tρ2+τ2).\operatorname{Var}(Y_t)=t^2\rho^2+\tau^2 t=t(t\rho^2+\tau^2).

Donc

λ=tρ2t(tρ2+τ2)=ρ2tρ2+τ2.\lambda=\frac{t\rho^2}{t(t\rho^2+\tau^2)}=\frac{\rho^2}{t\rho^2+\tau^2}.

Posons

Z=ηλYt.Z=\eta-\lambda Y_t.

Alors ZZ est gaussienne et

Cov(Z,Yt)=Cov(η,Yt)λVar(Yt)=0.\operatorname{Cov}(Z,Y_t)=\operatorname{Cov}(\eta,Y_t)-\lambda\operatorname{Var}(Y_t)=0.

Dans le cadre gaussien, l'orthogonalité implique l'indépendance, donc ZZ est indépendante de YtY_t. En fait, comme E[ηGt]\mathbb{E}[\eta\mid \mathcal{G}_t] est une fonction linéaire de YtY_t dans ce modèle gaussien de filtrations engendrées, on obtient l'indépendance voulue vis-à-vis de Gt\mathcal{G}_t.

Ainsi

η=λYt+Z,λ=ρ2tρ2+τ2,\boxed{\eta=\lambda Y_t+Z,\qquad \lambda=\frac{\rho^2}{t\rho^2+\tau^2},}

avec ZZ indépendante de Gt\mathcal{G}_t.

4. Espérance conditionnelle et variance résiduelle

Dans un cadre gaussien centré autour de la moyenne, on obtient

E[ηGt]=m+Cov(η,Yt)Var(Yt)(YtE[Yt]).\mathbb{E}[\eta\mid \mathcal{G}_t]=m+\frac{\operatorname{Cov}(\eta,Y_t)}{\operatorname{Var}(Y_t)}\big(Y_t-\mathbb{E}[Y_t]\big).

Or

E[Yt]=mt.\mathbb{E}[Y_t]=mt.

Donc

E[ηGt]=m+ρ2tρ2+τ2(Ytmt).\boxed{\mathbb{E}[\eta\mid \mathcal{G}_t]=m+\frac{\rho^2}{t\rho^2+\tau^2}(Y_t-mt).}

La variance résiduelle vaut

Var(ηE[ηGt])=ρ2Cov(η,Yt)2Var(Yt).\operatorname{Var}(\eta-\mathbb{E}[\eta\mid \mathcal{G}_t])=\rho^2-\frac{\operatorname{Cov}(\eta,Y_t)^2}{\operatorname{Var}(Y_t)}.

On remplace :

Var(ηE[ηGt])=ρ2t2ρ4t(tρ2+τ2)=ρ2τ2tρ2+τ2.\operatorname{Var}(\eta-\mathbb{E}[\eta\mid \mathcal{G}_t])=\rho^2-\frac{t^2\rho^4}{t(t\rho^2+\tau^2)}=\rho^2\frac{\tau^2}{t\rho^2+\tau^2}.

Ainsi

Var(ηE[ηGt])=ρ2τ2tρ2+τ2.\boxed{\operatorname{Var}(\eta-\mathbb{E}[\eta\mid \mathcal{G}_t])=\frac{\rho^2\tau^2}{t\rho^2+\tau^2}.}

Cette quantité tend vers 00 lorsque t+t\to+\infty, donc

E[(ηE[ηGt])2]0.\mathbb{E}\Big[\big(\eta-\mathbb{E}[\eta\mid \mathcal{G}_t]\big)^2\Big]\to 0.

Il s'ensuit que E[ηGt]η\mathbb{E}[\eta\mid \mathcal{G}_t]\to \eta dans L2L^2, donc en probabilité. Comme (E[ηGt])t(\mathbb{E}[\eta\mid \mathcal{G}_t])_t est une martingale uniformément intégrable, le théorème de convergence des martingales donne en fait

limt+E[ηGt]=ηp.s.\boxed{\lim_{t\to+\infty}\mathbb{E}[\eta\mid \mathcal{G}_t]=\eta\quad \text{p.s.}}

التمرين 2

Exercice 2 — Construction d'un mouvement brownien sur une base hilbertienne

#brownian-motion#hilbert-space#orthonormal-basis#gaussian-series#holder-continuity

Soient I=[0,T]I=[0,T] et (ϕn)n(\phi_n)_n une base hilbertienne orthonormale de l'espace de Hilbert L2(I)L^2(I) des fonctions φ:IR\varphi:I\to\mathbb{R} de carré intégrable pour la mesure de Lebesgue sur II. On note

φ,ψ=0Tφ(t)ψ(t)dt\langle \varphi,\psi\rangle=\int_0^T \varphi(t)\psi(t)\,dt

le produit scalaire de L2(I)L^2(I). Soit (Xn)nN(X_n)_{n\in\mathbb{N}} une suite de variables aléatoires i.i.d. de loi N(0,1)\mathcal{N}(0,1) définie sur un espace de probabilités (Ω,F,P)(\Omega,\mathcal{F},\mathbb{P}). Pour tout tIt\in I, on pose

Bt=nN1[0,t],ϕnXn.B_t=\sum_{n\in\mathbb{N}} \langle \mathbf{1}_{[0,t]},\phi_n\rangle X_n.

  1. Montrer que la série nN1[0,t],ϕn2\sum_{n\in\mathbb{N}} |\langle \mathbf{1}_{[0,t]},\phi_n\rangle|^2 est convergente.
  2. Montrer que le processus B=(Bt)tIB=(B_t)_{t\in I} est bien défini.
  3. Montrer que B=(Bt)tIB=(B_t)_{t\in I} est un mouvement brownien naturel sur (Ω,F,P)(\Omega,\mathcal{F},\mathbb{P}).
  4. Montrer que B=(Bt)tIB=(B_t)_{t\in I} admet une modification dont les trajectoires sont localement α\alpha-höldériennes pour tout 0<α<120\lt \alpha\lt \tfrac12.
الحل

1. Convergence de la série des coefficients

Pour un tIt\in I, la fonction 1[0,t]\mathbf{1}_{[0,t]} appartient à L2(I)L^2(I). Comme (ϕn)n(\phi_n)_n est une base hilbertienne orthonormale, l'identité de Parseval donne

nN1[0,t],ϕn2=1[0,t]L2(I)2=0T1[0,t](s)2ds=t.\sum_{n\in\mathbb{N}} |\langle \mathbf{1}_{[0,t]},\phi_n\rangle|^2=\|\mathbf{1}_{[0,t]}\|_{L^2(I)}^2=\int_0^T \mathbf{1}_{[0,t]}(s)^2\,ds=t.

Donc

nN1[0,t],ϕn2=t<+.\boxed{\sum_{n\in\mathbb{N}} |\langle \mathbf{1}_{[0,t]},\phi_n\rangle|^2=t\lt +\infty.}

2. Bonne définition de BtB_t

Pour tout tt, la série

nN1[0,t],ϕnXn\sum_{n\in\mathbb{N}} \langle \mathbf{1}_{[0,t]},\phi_n\rangle X_n

est une série gaussienne centrée. Comme les XnX_n sont indépendantes, de variance 11, et que la somme des carrés des coefficients converge, la série converge dans L2(Ω)L^2(\Omega), car

E[(n=1N1[0,t],ϕnXn)2]=n=1N1[0,t],ϕn2.\mathbb{E}\left[\left(\sum_{n=1}^N \langle \mathbf{1}_{[0,t]},\phi_n\rangle X_n\right)^2\right]=\sum_{n=1}^N |\langle \mathbf{1}_{[0,t]},\phi_n\rangle|^2.

La suite des sommes partielles est donc de Cauchy dans L2(Ω)L^2(\Omega), donc converge vers une variable aléatoire que l'on note BtB_t.

Ainsi

Bt est bien deˊfini pour tout tI.\boxed{B_t \text{ est bien défini pour tout } t\in I.}

3. BB est un mouvement brownien

3.1. Gaussianité et moyenne

Chaque BtB_t est une combinaison linéaire (éventuellement infinie en limite L2L^2) de variables gaussiennes centrées, donc est gaussienne centrée :

E[Bt]=0.\mathbb{E}[B_t]=0.

3.2. Covariance

Pour s,tIs,t\in I,

E[BsBt]=nN1[0,s],ϕn1[0,t],ϕn,\mathbb{E}[B_sB_t]=\sum_{n\in\mathbb{N}} \langle \mathbf{1}_{[0,s]},\phi_n\rangle \langle \mathbf{1}_{[0,t]},\phi_n\rangle,

par orthogonalité des XnX_n. Encore par Parseval,

E[BsBt]=1[0,s],1[0,t]=0T1[0,s](u)1[0,t](u)du=min(s,t).\mathbb{E}[B_sB_t]=\left\langle \mathbf{1}_{[0,s]},\mathbf{1}_{[0,t]}\right\rangle=\int_0^T \mathbf{1}_{[0,s]}(u)\mathbf{1}_{[0,t]}(u)\,du=\min(s,t).

Donc

E[BsBt]=min(s,t).\boxed{\mathbb{E}[B_sB_t]=\min(s,t).}

3.3. Incréments indépendants

Le processus est gaussien, donc pour montrer l'indépendance des incréments disjoints, il suffit de montrer leur décorrélation. Si 0t0<t1t2<t3T0\le t_0\lt t_1\le t_2\lt t_3\le T, alors

Bt1Bt0=n1(t0,t1],ϕnXn,B_{t_1}-B_{t_0}=\sum_n \langle \mathbf{1}_{(t_0,t_1]},\phi_n\rangle X_n,

Bt3Bt2=n1(t2,t3],ϕnXn.B_{t_3}-B_{t_2}=\sum_n \langle \mathbf{1}_{(t_2,t_3]},\phi_n\rangle X_n.

Leur covariance vaut

1(t0,t1],1(t2,t3]=0,\left\langle \mathbf{1}_{(t_0,t_1]},\mathbf{1}_{(t_2,t_3]}\right\rangle=0,

car les intervalles sont disjoints. Donc les incréments sont indépendants.

3.4. Loi des incréments

Pour s<ts\lt t,

BtBsN(0,ts),B_t-B_s \sim \mathcal{N}(0,t-s),

car sa variance vaut

E[(BtBs)2]=(ts).\mathbb{E}[(B_t-B_s)^2]=(t-s).

Comme B0=0B_0=0, on conclut :

B=(Bt)tI est un mouvement brownien sur [0,T].\boxed{B=(B_t)_{t\in I}\text{ est un mouvement brownien sur }[0,T].}

4. Modification höldérienne

Pour s,tIs,t\in I,

BtBsN(0,ts).B_t-B_s\sim \mathcal{N}(0,|t-s|).

Donc, pour tout p1p\ge 1, il existe une constante Cp>0C_p\gt 0 telle que

E[BtBsp]=Cptsp/2.\mathbb{E}[|B_t-B_s|^p]=C_p |t-s|^{p/2}.

Choisissons p>2p\gt 2. Alors

E[BtBsp]Cpts1+β,β=p21>0.\mathbb{E}[|B_t-B_s|^p]\le C_p |t-s|^{1+\beta},\qquad \beta=\frac{p}{2}-1\gt 0.

Le critère de Kolmogorov assure alors l'existence d'une modification de BB dont les trajectoires sont localement α\alpha-höldériennes pour tout

0<α<βp=121p.0\lt \alpha\lt \frac{\beta}{p}=\frac12-\frac1p.

Comme on peut prendre pp arbitrairement grand, on obtient toute puissance strictement inférieure à 12\tfrac12 :

Il existe une modification de B dont les trajectoires sont localement α-ho¨ldeˊriennes pour tout 0<α<12.\boxed{\text{Il existe une modification de }B\text{ dont les trajectoires sont localement }\alpha\text{-höldériennes pour tout }0\lt \alpha\lt \frac12.}

التمرين 3

Exercice 3 — Théorème du point fixe pour une équation intégrale lipschitzienne

#functional-analysis#fixed-point-theorem#integral-equation#banach-space#lipschitz

Soient b>0b\gt 0, y0Ry_0\in \mathbb{R} et f:[0,b]×RRf:[0,b]\times\mathbb{R}\to\mathbb{R} une fonction lipschitzienne de rapport k>0k\gt 0. Soit l'équation

y(t)=y0+0tf(s,y(s))ds.(1)y(t)=y_0+\int_0^t f(s,y(s))\,ds.\qquad (1)

  1. Soit l'application

k,b:C([0,b],R)R,xxk,b=supt[0,b]ektx(t).\|\cdot\|_{k,b}:C([0,b],\mathbb{R})\to\mathbb{R},\qquad x\mapsto \|x\|_{k,b}=\sup_{t\in[0,b]} e^{-kt}|x(t)|.

a. Montrer que k,b\|\cdot\|_{k,b} est une norme sur C([0,b],R)C([0,b],\mathbb{R}). b. Montrer que les normes ,b\|\cdot\|_{\infty,b} et k,b\|\cdot\|_{k,b} sont fortement équivalentes. c. En déduire que l'espace vectoriel normé (C([0,b],R),k,b)(C([0,b],\mathbb{R}),\|\cdot\|_{k,b}) est complet.

  1. Soit NN l'application de C([0,T],R)C([0,T],\mathbb{R}) dans lui-même définie par

N(y)=y0+0tf(s,y(s))dsN(y)=y_0+\int_0^t f(s,y(s))\,ds

pour tout yC([0,b],R)y\in C([0,b],\mathbb{R}).

a. Montrer que l'application NN est contractante pour la norme k,b\|\cdot\|_{k,b}. b. En déduire que l'équation (1)(1) admet une unique solution dans C([0,b],R)C([0,b],\mathbb{R}).

الحل

1. Étude de la norme k,b\|\cdot\|_{k,b}

1.a. Vérification des axiomes d'une norme

Pour tout xC([0,b],R)x\in C([0,b],\mathbb{R}),

xk,b=supt[0,b]ektx(t)0.\|x\|_{k,b}=\sup_{t\in[0,b]} e^{-kt}|x(t)|\ge 0.

Si xk,b=0\|x\|_{k,b}=0, alors pour tout t[0,b]t\in[0,b],

ektx(t)=0,e^{-kt}|x(t)|=0,

donc x(t)=0x(t)=0 pour tout tt, soit x=0x=0.

Pour tout scalaire λ\lambda,

λxk,b=supt[0,b]ektλx(t)=λxk,b.\|\lambda x\|_{k,b}=\sup_{t\in[0,b]} e^{-kt}|\lambda||x(t)|=|\lambda|\|x\|_{k,b}.

Enfin,

x+zk,b=supt[0,b]ektx(t)+z(t)supt[0,b]ektx(t)+supt[0,b]ektz(t),\|x+z\|_{k,b}=\sup_{t\in[0,b]} e^{-kt}|x(t)+z(t)|\le \sup_{t\in[0,b]} e^{-kt}|x(t)|+\sup_{t\in[0,b]} e^{-kt}|z(t)|,

soit

x+zk,bxk,b+zk,b.\|x+z\|_{k,b}\le \|x\|_{k,b}+\|z\|_{k,b}.

Donc

k,b est une norme sur C([0,b],R).\boxed{\|\cdot\|_{k,b}\text{ est une norme sur }C([0,b],\mathbb{R}).}

1.b. Équivalence forte avec la norme uniforme

Pour tout t[0,b]t\in[0,b], on a

ekbekt1.e^{-kb}\le e^{-kt}\le 1.

Donc, pour tout xx,

ekbx,bxk,bx,b.e^{-kb}\|x\|_{\infty,b}\le \|x\|_{k,b}\le \|x\|_{\infty,b}.

Ainsi les deux normes sont fortement équivalentes :

ekbx,bxk,bx,b.\boxed{e^{-kb}\|x\|_{\infty,b}\le \|x\|_{k,b}\le \|x\|_{\infty,b}.}

1.c. Complétude

L'espace (C([0,b],R),,b)(C([0,b],\mathbb{R}),\|\cdot\|_{\infty,b}) est complet. Comme k,b\|\cdot\|_{k,b} lui est fortement équivalente, les suites de Cauchy pour l'une le sont pour l'autre, donc

(C([0,b],R),k,b) est complet.\boxed{(C([0,b],\mathbb{R}),\|\cdot\|_{k,b})\text{ est complet}.}

2. Étude de l'opérateur NN

2.a. NN est contractante

Pour y,zC([0,b],R)y,z\in C([0,b],\mathbb{R}),

N(y)(t)N(z)(t)=0t(f(s,y(s))f(s,z(s)))ds.N(y)(t)-N(z)(t)=\int_0^t \big(f(s,y(s))-f(s,z(s))\big)\,ds.

Par l'hypothèse de Lipschitz en la seconde variable,

N(y)(t)N(z)(t)k0ty(s)z(s)ds.|N(y)(t)-N(z)(t)|\le k\int_0^t |y(s)-z(s)|\,ds.

En multipliant par ekte^{-kt},

ektN(y)(t)N(z)(t)kekt0ty(s)z(s)ds.e^{-kt}|N(y)(t)-N(z)(t)|\le ke^{-kt}\int_0^t |y(s)-z(s)|\,ds.

Or

y(s)z(s)eksyzk,b,|y(s)-z(s)|\le e^{ks}\|y-z\|_{k,b},

si bien que

ektN(y)(t)N(z)(t)kyzk,bekt0teksds.e^{-kt}|N(y)(t)-N(z)(t)|\le k\|y-z\|_{k,b}e^{-kt}\int_0^t e^{ks}\,ds.

Mais

ekt0teksds=ektekt1k=1ektk.e^{-kt}\int_0^t e^{ks}\,ds=e^{-kt}\frac{e^{kt}-1}{k}=\frac{1-e^{-kt}}{k}.

Donc

ektN(y)(t)N(z)(t)(1ekt)yzk,b(1ekb)yzk,b.e^{-kt}|N(y)(t)-N(z)(t)|\le (1-e^{-kt})\|y-z\|_{k,b}\le (1-e^{-kb})\|y-z\|_{k,b}.

En prenant le supremum en tt,

N(y)N(z)k,b(1ekb)yzk,b.\|N(y)-N(z)\|_{k,b}\le (1-e^{-kb})\|y-z\|_{k,b}.

Comme 0<1ekb<10\lt 1-e^{-kb}\lt 1, NN est contractante.

Ainsi

N(y)N(z)k,b(1ekb)yzk,b.\boxed{\|N(y)-N(z)\|_{k,b}\le (1-e^{-kb})\|y-z\|_{k,b}.}

2.b. Existence et unicité de la solution

L'espace (C([0,b],R),k,b)(C([0,b],\mathbb{R}),\|\cdot\|_{k,b}) est complet et NN y est contractante. Par le théorème du point fixe de Banach, NN admet un unique point fixe yC([0,b],R)y\in C([0,b],\mathbb{R}).

Ce point fixe vérifie exactement

y(t)=y0+0tf(s,y(s))ds,y(t)=y_0+\int_0^t f(s,y(s))\,ds,

c'est-à-dire l'équation (1)(1).

Donc

L’eˊquation (1) admet une unique solution dans C([0,b],R).\boxed{\text{L'équation }(1)\text{ admet une unique solution dans }C([0,b],\mathbb{R}).}