1. Étude de la norme ∥⋅∥k,b
1.a. Vérification des axiomes d'une norme
Pour tout x∈C([0,b],R),
∥x∥k,b=supt∈[0,b]e−kt∣x(t)∣≥0.
Si ∥x∥k,b=0, alors pour tout t∈[0,b],
e−kt∣x(t)∣=0,
donc x(t)=0 pour tout t, soit x=0.
Pour tout scalaire λ,
∥λx∥k,b=supt∈[0,b]e−kt∣λ∣∣x(t)∣=∣λ∣∥x∥k,b.
Enfin,
∥x+z∥k,b=supt∈[0,b]e−kt∣x(t)+z(t)∣≤supt∈[0,b]e−kt∣x(t)∣+supt∈[0,b]e−kt∣z(t)∣,
soit
∥x+z∥k,b≤∥x∥k,b+∥z∥k,b.
Donc
∥⋅∥k,b est une norme sur C([0,b],R).
1.b. Équivalence forte avec la norme uniforme
Pour tout t∈[0,b], on a
e−kb≤e−kt≤1.
Donc, pour tout x,
e−kb∥x∥∞,b≤∥x∥k,b≤∥x∥∞,b.
Ainsi les deux normes sont fortement équivalentes :
e−kb∥x∥∞,b≤∥x∥k,b≤∥x∥∞,b.
1.c. Complétude
L'espace (C([0,b],R),∥⋅∥∞,b) est complet. Comme ∥⋅∥k,b lui est fortement équivalente, les suites de Cauchy pour l'une le sont pour l'autre, donc
(C([0,b],R),∥⋅∥k,b) est complet.
2. Étude de l'opérateur N
2.a. N est contractante
Pour y,z∈C([0,b],R),
N(y)(t)−N(z)(t)=∫0t(f(s,y(s))−f(s,z(s)))ds.
Par l'hypothèse de Lipschitz en la seconde variable,
∣N(y)(t)−N(z)(t)∣≤k∫0t∣y(s)−z(s)∣ds.
En multipliant par e−kt,
e−kt∣N(y)(t)−N(z)(t)∣≤ke−kt∫0t∣y(s)−z(s)∣ds.
Or
∣y(s)−z(s)∣≤eks∥y−z∥k,b,
si bien que
e−kt∣N(y)(t)−N(z)(t)∣≤k∥y−z∥k,be−kt∫0teksds.
Mais
e−kt∫0teksds=e−ktkekt−1=k1−e−kt.
Donc
e−kt∣N(y)(t)−N(z)(t)∣≤(1−e−kt)∥y−z∥k,b≤(1−e−kb)∥y−z∥k,b.
En prenant le supremum en t,
∥N(y)−N(z)∥k,b≤(1−e−kb)∥y−z∥k,b.
Comme 0<1−e−kb<1, N est contractante.
Ainsi
∥N(y)−N(z)∥k,b≤(1−e−kb)∥y−z∥k,b.
2.b. Existence et unicité de la solution
L'espace (C([0,b],R),∥⋅∥k,b) est complet et N y est contractante. Par le théorème du point fixe de Banach, N admet un unique point fixe y∈C([0,b],R).
Ce point fixe vérifie exactement
y(t)=y0+∫0tf(s,y(s))ds,
c'est-à-dire l'équation (1).
Donc
L’eˊquation (1) admet une unique solution dans C([0,b],R).