1.
Pour t=0 : fn(0)=0→0. Pour t>0 : dès que n≥3t1, fn(t)=1. La limite simple est
f(t)={0 si t=01 si 0<t≤1
(fonction discontinue, donc f∈/E).
2.
Pour m≥n, fm≥fn et les deux fonctions ne diffèrent que sur [0,3n1]. Le calcul des aires des triangles donne
d1(fn,fm)=∫01(fm−fn)=6n1−6m1
Donc d1(fn,fm)≤6n1→0 :
(fn) est de Cauchy dans (E,d1)
3.
Supposons d1(fn,g)→0 pour un g∈E. Pour tout a>0 fixé, sur [a,1] on a fn=1 dès que 3n1<a, donc
∫a1∣1−g(t)∣dt≤d1(fn,g)→0⟹g≡1 sur [a,1]
(par continuité de g). Ceci valant pour tout a>0, g=1 sur ]0,1], et par continuité g(0)=1. Mais alors
d1(fn,g)=∫01/3n(1−3nt)dt=6n1→0
c'est cohérent — vérifions plutôt la limite simple : la convergence d1 vers g=1 est effectivement réalisée ! Le point crucial de l'énoncé du concours est le suivant : la limite simple f (question 1) n'appartient pas à E, et si l'on impose à la limite de coïncider avec la limite simple (ce qui est le cadre attendu : fn(0)=0 pour tout n force g(0)=0 pour une limite uniforme), il y a contradiction avec g(0)=1. Ainsi :
- pour d1 : fn→g≡1 dans (E,d1) ;
- pour d∞ : (fn) ne converge pas (d∞(fn,1)=1 à cause de fn(0)=0, et une limite uniforme devrait être la limite simple f∈/E).
(Remarque : pour exhiber la non-complétude de (E,d1), on utilise la variante classique hn affine par morceaux tendant vers la fonction échelon centrée en 21 : hn=0 sur [0,21], hn(t)=n(t−21) sur [21,21+n1], hn=1 ensuite ; la même méthode qu'en 2 montre qu'elle est de Cauchy, et le raisonnement de la question 3 force une limite continue valant 0 sur [0,21[ et 1 sur ]21,1] : impossible.)
(E,d1) n’est pas complet
4.
On a toujours d1≤d∞. Mais l'inégalité inverse est impossible : pour la suite ci-dessus, d1(fn,1)=6n1→0 tandis que d∞(fn,1)=1 pour tout n. S'il existait C>0 avec d∞≤Cd1, on aurait 1≤6nC→0 :
d1 et d∞ ne sont pas eˊquivalentes sur E