Concours d'accès à la première année Doctorat LMD 2024-2025 — Épreuve N°01 : Matière commune (Variante N°01), 15 février 2025
التمرين 1
Endomorphisme de ℝ³ : diagonalisation et système différentiel
Soit f:R3→R3 l'endomorphisme défini pour tout vecteur u=(x,y,z)∈R3 par
f(u)=(x+z,−x+2y+z,−x+y+3z).
1. On note B la base canonique de R3. Donner la matrice A associée à f dans B.
2. Déterminer les valeurs propres de f.
3. Montrer que f est diagonalisable.
4. Résoudre le système différentiel suivant :
⎩⎨⎧x′(t)=x(t)+z(t),y′(t)=−x(t)+2y(t)+z(t),z′(t)=−x(t)+y(t)+3z(t).
Remarque : pour un système X′=AX avec A diagonalisable, la solution est ∑icieλitvi ; inutile de calculer etA explicitement.
◀الحل
1. Matrice de f
A=1−1−1021113.
2. Valeurs propres
χA(λ)=det(A−λI)=(1−λ)(λ2−5λ+5)+(1−λ)=(1−λ)(λ2−5λ+6)=(1−λ)(λ−2)(λ−3).
Les valeurs propres sont λ1=1,λ2=2,λ3=3.
3. Diagonalisabilité
Trois valeurs propres distinctes en dimension 3⇒f est diagonalisable. Vecteurs propres :
v1=(1,1,0)(λ=1),v2=(1,0,1)(λ=2),v3=(1,1,2)(λ=3).
4. Système différentiel X′=AX
Dans la base propre, la solution générale est X(t)=c1etv1+c2e2tv2+c3e3tv3, soit
⎩⎨⎧x(t)=c1et+c2e2t+c3e3t,y(t)=c1et+c3e3t,z(t)=c2e2t+2c3e3t,c1,c2,c3∈R.
التمرين 2
Distance d(x,y)=|arctan x − arctan y| et distance discrète
Soit E=R. On considère l'application
d:E×E→R+,d(x,y)=arctan(x)−arctan(y).
1. Montrer que d est une distance sur E.
2. Déterminer B(0,4π), la boule ouverte de centre 0 et de rayon 4π. On munit ensuite E de la distance discrète δ(x,y)=0 si x=y, 1 sinon.
3. Déterminer BF(0,ε), la boule fermée de centre 0 et de rayon ε, avec 0<ε<1, pour la distance δ.
4. Montrer que la suite (xn) de terme général xn=tan(n1) converge vers 0 dans (R,d). Est-elle convergente vers 0 dans (R,δ) ?
Remarque : dans un espace discret, seules les suites stationnaires convergent ; c'est pourquoi xn→0 pour d mais pas pour δ.
◀الحل
1. d est une distance
arctan étant strictement croissante (donc injective), d(x,y)=0⟺arctanx=arctany⟺x=y. La symétrie et l'inégalité triangulaire viennent de celles de ∣⋅∣ :
∣arctanx−arctany∣≤∣arctanx−arctanz∣+∣arctanz−arctany∣.
Donc d est une distance (d est la distance image de ∣⋅∣ par l'injection arctan).
2. Boule ouverte B(0,π/4)
d(x,0)=∣arctanx∣<4π⟺−4π<arctanx<4π⟺−1<x<1.
Donc B(0,4π)=]−1,1[.
3. Boule fermée pour δ
δ ne prend que les valeurs 0 et 1. Pour 0<ε<1, δ(0,x)≤ε⟺δ(0,x)=0⟺x=0. Donc
BF(0,ε)={0}.
4. Convergence de xn=tan(1/n)
Dans (R,d) : pour n≥1, n1∈]0,2π[ donc arctan(tann1)=n1 et
d(xn,0)=arctan(tann1)=n1n→∞0.
Donc xn→0 dans (R,d).
Dans (R,δ) :xn=tan(1/n)=0 pour tout n, donc δ(xn,0)=1 pour tout n et (xn)ne converge pas vers 0 dans (R,δ).
التمرين 3
Beppo-Levi, séries de fonctions intégrables et ∫₀¹ ln x/(1−x) dx
Soit (Ω,T,μ) un espace mesuré.
1. Énoncer le théorème de convergence monotone de Beppo-Levi.
2. Soit (fn)n≥1 une suite de fonctions appartenant à L1(Ω,T,μ). On suppose que n=1∑+∞∫Ω∣fn∣dμ<+∞.
(a) Montrer que ∫Ω(n=1∑+∞∣fn∣)dμ<+∞. En déduire que la série ∑n≥1∣fn∣ converge μ-p.p.
(b) Montrer que la série ∑n≥1fn converge μ-p.p. et que sa somme S∈L1(Ω,T,μ), avec ∫ΩSdμ=n=1∑+∞∫Ωfndμ.
(c) On se place sur Ω=]0,1] muni de la tribu borélienne et de la mesure de Lebesgue. Montrer que ∫011−xlnxdx=−6π2. (Indication : ∑n≥1n21=6π2.)
Remarque :∫01xnlnxdx=−(n+1)21 s'obtient par intégration par parties ; l'interversion série/intégrale est justifiée ici par la convergence de ∑∫∣fn∣ (théorème de la question 2).
◀الحل
1. Théorème de Beppo-Levi
Si (gn) est une suite croissante de fonctions mesurables positives convergeant p.p. vers g, alors ∫Ωgdμ=n→∞lim∫Ωgndμ=nsup∫Ωgndμ.
2.(a) Intégrabilité de ∑∣fn∣
Les sommes partielles SN=∑n=1N∣fn∣ forment une suite croissante de fonctions positives, SN↑∑n≥1∣fn∣. Par Beppo-Levi puis linéarité,
∫Ω∑n≥1∣fn∣dμ=limN∫ΩSNdμ=∑n=1+∞∫Ω∣fn∣dμ<+∞.
Une fonction positive d'intégrale finie est finie μ-p.p. : donc ∑n≥1∣fn∣<+∞μ-p.p., i.e. ∑∣fn∣ converge p.p.
2.(b) Somme de la série
Là où ∑∣fn∣<∞, la série ∑fn converge absolument ; posons S=∑n≥1fn. Alors ∣S∣≤∑∣fn∣∈L1, donc S∈L1. Les sommes partielles TN=∑n=1Nfn vérifient ∣TN∣≤∑∣fn∣∈L1 et TN→S p.p. ; par convergence dominée,
∫ΩSdμ=limN∫ΩTNdμ=∑n=1+∞∫Ωfndμ.
2.(c) Calcul de l'intégrale
Pour x∈]0,1[, 1−x1=∑n≥0xn, donc 1−xlnx=∑n≥0xnlnx. Posons fn(x)=xnlnx (chaque fn∈L1(]0,1[), de signe constant ≤0). On a
∫01xnlnxdx=−(n+1)21,∑n≥0∫01∣xnlnx∣dx=∑n≥0(n+1)21=6π2<∞.
L'hypothèse de (b) est satisfaite, d'où
∫011−xlnxdx=∑n≥0∫01xnlnxdx=−∑n≥0(n+1)21=−∑k≥1k21=−6π2.