Concours d'accès au Doctorat LMD en Probabilité et Statistique appliquées, épreuve d'Analyse des données et Statistique non paramétrique, Faculté des Sciences Exactes, Département de Probabilités-Statistique, Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediène (USTHB), 28 octobre 2017, durée 2 heures.
Soient X et Y deux variables aléatoires définies sur l'espace de probabilité (Ω,A,P) à valeurs dans R×R. Pour tout x∈R, on désigne par Fx la fonction de répartition conditionnelle de Y sachant X=x ; on suppose que Fx est absolument continue par rapport à la mesure de Lebesgue, de densité fx.
Étant donné (X1,Y1),…,(Xn,Yn) une suite d'observations de même loi que (X,Y), on estime par la méthode à noyau la fonction de répartition conditionnelle Fx par l'estimateur F^x défini par :
où K est un noyau, H une fonction de répartition et hK=hK,n (resp. hH=hH,n) une suite de réels positifs. On déduit de F^x un estimateur de la densité conditionnelle, noté f^x, défini par :
Supposons que :
a. La fonction de répartition conditionnelle est k+1 fois continûment dérivable autour de S, où S est un compact de R.
b. La densité de la variable explicative est strictement positive et de classe Ck au voisinage de x.
c. La fonction H est strictement croissante, de dérivée bornée et d'ordre k, et telle que ∀(y1,y2)∈R2, ∣H(j)(y1)−H(j)(y2)∣≤A∣y1−y2∣, j=0,1.
d. Le noyau K est supposé d'ordre k, intégrable, d'intégrale égale à 1, borné et positif.
Montrer que :
(où f désigne la densité marginale de X et gn=gn(0)).
◀الحل
Préliminaires
Notons f la densité marginale de X et fX,Y(u,v)=f(u)fu(v) la densité jointe, où fu est la densité conditionnelle de Y sachant X=u. Rappelons qu'un noyau L est d'ordre k si ∫L=1, ∫tmL(t)dt=0 pour 1≤m≤k−1 et ∫tkL(t)dt est fini non nul ; il en résulte un biais de lissage en O(hk). On note enfin que gn=gn(0), avec F^x=gn(0)/fn et f^x=gn(1)/fn.
Preuve de (3)
Les couples étant i.i.d., l'espérance de chaque terme est identique et
Intégration en v. Posons J(u,y)=∫H(hHy−v)fu(v)dv. Une intégration par parties (H est une f.d.r. et Fu une primitive de fu, les termes de bord étant nuls) puis le changement de variable t=(y−v)/hH donnent
J(u,y)=∫Fu(y−hHt)H(1)(t)dt.
Comme H(1) est un noyau d'ordre k, un développement de Taylor de Fu (suffisamment dérivable, hyp. (a)) donne, uniformément en y∈S,
Les hypothèses (c) (caractère lipschitzien et bornitude de H(1)) et (d) (K borné, positif, intégrable) garantissent l'uniformité en y∈S des développements ci-dessus.