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مسابقة دكتوراه 2018Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediène (USTHB) — الموضوع 01

مسابقة تخصص · Probabilités & Statistiques

Concours d'accès à la formation doctorale en Mathématiques Appliquées, option Probabilités et Statistiques Appliquées, Épreuve de Spécialité, Faculté des Mathématiques, Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediène (USTHB), le 30 octobre 2018.

التمرين 1

Exercice 1 — File d'attente M/M/1 avec arrivées par groupes de 2

#markov-chain#queueing-theory#birth-death-process#generating-function#stationary-distribution

Considérons une file d'attente M/M/1 de paramètres λ\lambda et μ\mu où les clients arrivent par groupes de 2. Soit le processus (Xt)t0(X_t)_{t\geq 0} défini, pour tout t0t\geq 0, par Xt=X_t= le nombre de clients dans le système à l'instant tt.

  1. Montrer que (Xt)t0(X_t)_{t\geq 0} est une chaîne de Markov à temps continu. Déterminer son générateur infinitésimal.
  2. (Xt)t0(X_t)_{t\geq 0} est-il un processus de naissance et de mort ? Justifier votre réponse.
  3. Soit Pn(t)=P(Xt=n)P_n(t)=P(X_t=n), n0n\geq 0 et t0t\geq 0. Écrire les équations de Chapman-Kolmogorov.
  4. Soit Pn=limt+Pn(t)P_n=\lim_{t\to+\infty}P_n(t). Écrire les équations d'équilibre en régime stationnaire.
  5. Déterminer la fonction génératrice G(z)=n0znPnG(z)=\sum_{n\geq 0}z^n P_n associée à la distribution stationnaire PnP_n et donner la condition de stabilité.
  6. En déduire la moyenne et la variance du nombre de clients dans le système en régime stationnaire.
الحل

1.

Les inter-arrivées des groupes et les durées de service étant exponentielles, elles sont sans mémoire : à partir de l'état nn, l'évolution future ne dépend que de nn. Donc (Xt)t0(X_t)_{t\geq 0} est une chaîne de Markov à temps continu sur N\mathbb{N}.

Depuis l'état nn, deux transitions sont possibles :

a. une arrivée d'un groupe de 2 clients, au taux λ\lambda : nn+2n\to n+2 ; b. une fin de service, au taux μ\mu (si n1n\geq 1) : nn1n\to n-1.

Le générateur infinitésimal Q=(qij)Q=(q_{ij}) est donc

qn,n+2=λ (n0),qn,n1=μ (n1),q_{n,n+2}=\lambda\ (n\geq 0),\qquad q_{n,n-1}=\mu\ (n\geq 1),

qn,n=(λ+μ) (n1),q0,0=λ,q_{n,n}=-(\lambda+\mu)\ (n\geq 1),\qquad q_{0,0}=-\lambda,

tous les autres coefficients étant nuls.

2.

Non. Dans un processus de naissance et de mort, seules les transitions vers les états voisins n±1n\pm 1 sont autorisées. Ici les arrivées se font par groupes de 2, ce qui autorise des sauts nn+2n\to n+2.

(Xt)t0 n’est pas un processus de naissance et de mort.\boxed{(X_t)_{t\geq 0}\ \text{n'est pas un processus de naissance et de mort.}}

3.

Les équations de Chapman-Kolmogorov (équations progressives) s'écrivent :

P0(t)=λP0(t)+μP1(t),P_0'(t)=-\lambda P_0(t)+\mu P_1(t),

P1(t)=(λ+μ)P1(t)+μP2(t),P_1'(t)=-(\lambda+\mu)P_1(t)+\mu P_2(t),

Pn(t)=(λ+μ)Pn(t)+λPn2(t)+μPn+1(t),n2.P_n'(t)=-(\lambda+\mu)P_n(t)+\lambda P_{n-2}(t)+\mu P_{n+1}(t),\quad n\geq 2.

4.

En régime stationnaire, Pn(t)0P_n'(t)\to 0, d'où les équations d'équilibre :

λP0=μP1,\lambda P_0=\mu P_1,

(λ+μ)P1=μP2,(\lambda+\mu)P_1=\mu P_2,

(λ+μ)Pn=λPn2+μPn+1,n2.(\lambda+\mu)P_n=\lambda P_{n-2}+\mu P_{n+1},\quad n\geq 2.

5.

Multiplions chaque équation d'équilibre par znz^n et sommons sur n0n\geq 0. Avec G(z)=n0znPnG(z)=\sum_{n\geq 0}z^n P_n, on obtient

(λ+μ)G(z)μP0=μz(G(z)P0)+λz2G(z).(\lambda+\mu)G(z)-\mu P_0=\frac{\mu}{z}\big(G(z)-P_0\big)+\lambda z^2 G(z).

En multipliant par zz puis en regroupant les termes en G(z)G(z) :

G(z)[(λ+μ)zμλz3]=μP0(z1).G(z)\big[(\lambda+\mu)z-\mu-\lambda z^3\big]=\mu P_0(z-1).

Or (λ+μ)zμλz3=(z1)(λz2+λzμ)(\lambda+\mu)z-\mu-\lambda z^3=-(z-1)(\lambda z^2+\lambda z-\mu), d'où après simplification par (z1)(z-1) :

G(z)=μP0μλzλz2.G(z)=\frac{\mu P_0}{\mu-\lambda z-\lambda z^2}.

La condition de normalisation G(1)=1G(1)=1 donne μP0=μ2λ\mu P_0=\mu-2\lambda, soit P0=12λμP_0=1-\dfrac{2\lambda}{\mu}, et

G(z)=μ2λμλzλz2.\boxed{G(z)=\frac{\mu-2\lambda}{\mu-\lambda z-\lambda z^2}.}

La distribution stationnaire existe (et P0>0P_0\gt 0) si et seulement si

ρ=2λμ<12λ<μ.\boxed{\rho=\frac{2\lambda}{\mu}\lt 1\quad\Longleftrightarrow\quad 2\lambda\lt\mu.}

6.

La moyenne vaut E[X]=G(1)E[X]=G'(1). En posant D(z)=μλzλz2D(z)=\mu-\lambda z-\lambda z^2, on a D(1)=μ2λD(1)=\mu-2\lambda, D(1)=3λD'(1)=-3\lambda, D(1)=2λD''(1)=-2\lambda, avec G=(μ2λ)/DG=(\mu-2\lambda)/D. Donc

E[X]=G(1)=3λμ2λ.E[X]=G'(1)=\frac{3\lambda}{\mu-2\lambda}.

De plus E[X(X1)]=G(1)=2λμ2λ+18λ2(μ2λ)2E[X(X-1)]=G''(1)=\dfrac{2\lambda}{\mu-2\lambda}+\dfrac{18\lambda^2}{(\mu-2\lambda)^2}, et

Var(X)=G(1)+G(1)(G(1))2=5λμ2λ+9λ2(μ2λ)2.\operatorname{Var}(X)=G''(1)+G'(1)-\big(G'(1)\big)^2=\frac{5\lambda}{\mu-2\lambda}+\frac{9\lambda^2}{(\mu-2\lambda)^2}.

Finalement

E[X]=3λμ2λ,Var(X)=λ(5μλ)(μ2λ)2.\boxed{E[X]=\frac{3\lambda}{\mu-2\lambda},\qquad \operatorname{Var}(X)=\frac{\lambda(5\mu-\lambda)}{(\mu-2\lambda)^2}.}

التمرين 2

Exercice 2 — Estimation pour une loi de Pareto (Lomax)

#mathematical-statistics#maximum-likelihood#sufficient-statistic#umvue#hypothesis-testing

Soit XX une v.a. de densité de probabilité fθ(x)=θ(1+x)(θ+1)1x0f_\theta(x)=\theta(1+x)^{-(\theta+1)}\mathbf{1}_{x\geq 0}, avec θ\theta un paramètre positif.

  1. Déterminer la loi de la v.a. Y=log(1+X)Y=\log(1+X).
  2. Soit (X1,X2,,Xn)(X_1,X_2,\dots,X_n) un nn-échantillon de XX. Déterminer une statistique SnS_n exhaustive et complète pour θ\theta. Donner sa loi de probabilité.
  3. Trouver l'estimateur θ^\hat\theta de θ\theta obtenu par la méthode du maximum de vraisemblance.
  4. θ^\hat\theta est-il sans biais ? est-il convergent ?
  5. Déterminer l'estimateur sans biais de variance minimum pour θ\theta. Cet estimateur est-il efficace pour θ\theta ?
  6. On veut estimer g(θ)=1θg(\theta)=\dfrac{1}{\theta}. Déterminer l'estimateur du maximum de vraisemblance de g(θ)g(\theta). Montrer qu'il est efficace pour g(θ)g(\theta).
  7. Montrer qu'il existe un test le plus puissant au seuil α\alpha pour tester les hypothèses H0:θ1H_0:\theta\geq 1 contre H1:θ<1H_1:\theta\lt 1. Donner sa région critique.
الحل

1.

Pour y0y\geq 0 (car X0X\geq 0 implique Y=log(1+X)0Y=\log(1+X)\geq 0),

FY(y)=P(Yy)=P(Xey1)=FX(ey1).F_Y(y)=P(Y\leq y)=P\big(X\leq e^{y}-1\big)=F_X(e^{y}-1).

Or FX(x)=0xθ(1+t)(θ+1)dt=1(1+x)θF_X(x)=\displaystyle\int_0^x \theta(1+t)^{-(\theta+1)}\,dt=1-(1+x)^{-\theta}, donc

FY(y)=1(ey)θ=1eθy,y0.F_Y(y)=1-\big(e^{y}\big)^{-\theta}=1-e^{-\theta y},\quad y\geq 0.

C'est la fonction de répartition d'une loi exponentielle de paramètre θ\theta :

Y=log(1+X)E(θ),fY(y)=θeθy1y0.\boxed{Y=\log(1+X)\sim \mathcal{E}(\theta),\qquad f_Y(y)=\theta e^{-\theta y}\mathbf{1}_{y\geq 0}.}

2.

La vraisemblance vaut

L(θ)=i=1nθ(1+xi)(θ+1)=θnexp ⁣((θ+1)i=1nlog(1+xi)).L(\theta)=\prod_{i=1}^n \theta(1+x_i)^{-(\theta+1)}=\theta^{n}\exp\!\Big(-(\theta+1)\sum_{i=1}^n \log(1+x_i)\Big).

Par le théorème de factorisation, la statistique

Sn=i=1nlog(1+Xi)=i=1nYiS_n=\sum_{i=1}^n \log(1+X_i)=\sum_{i=1}^n Y_i

est exhaustive ; le modèle étant une famille exponentielle, SnS_n est aussi complète. Comme somme de nn variables i.i.d. de loi E(θ)\mathcal{E}(\theta), SnS_n suit une loi Gamma :

SnΓ(n,θ),fSn(s)=θn(n1)!sn1eθs1s0.\boxed{S_n\sim \Gamma(n,\theta),\qquad f_{S_n}(s)=\frac{\theta^{n}}{(n-1)!}\,s^{\,n-1}e^{-\theta s}\mathbf{1}_{s\geq 0}.}

3.

La log-vraisemblance (θ)=nlogθ(θ+1)Sn\ell(\theta)=n\log\theta-(\theta+1)S_n vérifie (θ)=nθSn=0\ell'(\theta)=\dfrac{n}{\theta}-S_n=0, avec (θ)=n/θ2<0\ell''(\theta)=-n/\theta^2\lt 0. D'où

θ^=nSn=ni=1nlog(1+Xi).\boxed{\hat\theta=\frac{n}{S_n}=\frac{n}{\sum_{i=1}^n \log(1+X_i)}.}

4.

Pour SnΓ(n,θ)S_n\sim\Gamma(n,\theta),

E ⁣[1Sn]=01sθn(n1)!sn1eθsds=θn1.E\!\left[\frac{1}{S_n}\right]=\int_0^{\infty}\frac{1}{s}\,\frac{\theta^{n}}{(n-1)!}\,s^{\,n-1}e^{-\theta s}\,ds=\frac{\theta}{n-1}.

Donc

E[θ^]=nE ⁣[1Sn]=nn1θθ,E[\hat\theta]=n\,E\!\left[\frac{1}{S_n}\right]=\frac{n}{n-1}\,\theta\neq\theta,

l'estimateur θ^\hat\theta est donc biaisé (biais =θ/(n1)=\theta/(n-1)). En revanche SnnE[Y]=1θ\dfrac{S_n}{n}\to E[Y]=\dfrac{1}{\theta} presque sûrement (loi des grands nombres), donc θ^=nSnθ\hat\theta=\dfrac{n}{S_n}\to\theta : θ^\hat\theta est convergent.

E[θ^]=nn1θ (biaiseˊ),θ^θ (convergent).\boxed{E[\hat\theta]=\frac{n}{n-1}\theta\ (\text{biaisé}),\qquad \hat\theta\longrightarrow\theta\ (\text{convergent}).}

5.

Comme E[1/Sn]=θ/(n1)E[1/S_n]=\theta/(n-1), l'estimateur

θ~=n1Sn\tilde\theta=\frac{n-1}{S_n}

est sans biais pour θ\theta. Étant fonction de la statistique exhaustive et complète SnS_n, il est, d'après le théorème de Lehmann-Scheffé, l'unique estimateur sans biais de variance minimale (ESBVM).

Son efficacité se juge par la borne de Cramér-Rao. L'information de Fisher est

In(θ)=nI1(θ)=nθ2,BCR=θ2n.I_n(\theta)=n\,I_1(\theta)=\frac{n}{\theta^{2}},\qquad \text{BCR}=\frac{\theta^{2}}{n}.

Or, avec E[1/Sn2]=θ2(n1)(n2)E[1/S_n^2]=\dfrac{\theta^{2}}{(n-1)(n-2)}, on obtient

Var(θ~)=(n1)2Var ⁣(1Sn)=θ2n2>θ2n.\operatorname{Var}(\tilde\theta)=(n-1)^2\operatorname{Var}\!\left(\frac{1}{S_n}\right)=\frac{\theta^{2}}{n-2}\gt\frac{\theta^{2}}{n}.

La variance dépasse la borne de Cramér-Rao :

θ~=n1Sn est l’ESBVM, mais il n’est pas efficace (Var(θ~)=θ2n2).\boxed{\tilde\theta=\frac{n-1}{S_n}\ \text{est l'ESBVM, mais il n'est pas efficace}\ \Big(\operatorname{Var}(\tilde\theta)=\tfrac{\theta^2}{n-2}\Big).}

6.

Par invariance de l'estimateur du maximum de vraisemblance, l'EMV de g(θ)=1/θg(\theta)=1/\theta est

g(θ)^=1θ^=Snn=Y.\widehat{g(\theta)}=\frac{1}{\hat\theta}=\frac{S_n}{n}=\overline{Y}.

On a E ⁣[Snn]=1nnθ=1θE\!\left[\dfrac{S_n}{n}\right]=\dfrac{1}{n}\cdot\dfrac{n}{\theta}=\dfrac{1}{\theta} (sans biais) et

Var ⁣(Snn)=1n2Var(Sn)=1n2nθ2=1nθ2.\operatorname{Var}\!\left(\frac{S_n}{n}\right)=\frac{1}{n^{2}}\operatorname{Var}(S_n)=\frac{1}{n^{2}}\cdot\frac{n}{\theta^{2}}=\frac{1}{n\theta^{2}}.

La borne de Cramér-Rao pour g(θ)g(\theta) vaut

(g(θ))2In(θ)=1/θ4n/θ2=1nθ2.\frac{\big(g'(\theta)\big)^{2}}{I_n(\theta)}=\frac{1/\theta^{4}}{n/\theta^{2}}=\frac{1}{n\theta^{2}}.

La variance atteint la borne, donc

g(θ)^=Snn est un estimateur efficace de g(θ)=1θ.\boxed{\widehat{g(\theta)}=\frac{S_n}{n}\ \text{est un estimateur efficace de}\ g(\theta)=\frac{1}{\theta}.}

7.

Considérons d'abord les hypothèses simples H0:θ=1H_0:\theta=1 contre H1:θ=θ1H_1:\theta=\theta_1 avec θ1<1\theta_1\lt 1. Le rapport de vraisemblance

L(θ1)L(1)=θ1nexp ⁣((θ11)Sn)\frac{L(\theta_1)}{L(1)}=\theta_1^{\,n}\exp\!\big(-(\theta_1-1)S_n\big)

est une fonction croissante de SnS_n (car θ11<0\theta_1-1\lt 0). D'après le lemme de Neyman-Pearson, le test le plus puissant rejette H0H_0 pour les grandes valeurs de SnS_n. Ce rapport étant monotone en SnS_n, le test est uniformément le plus puissant pour H0:θ1H_0:\theta\geq 1 contre H1:θ<1H_1:\theta\lt 1.

La région critique est de la forme W={Snc}W=\{\,S_n\geq c\,\}, où cc est fixé par le niveau α\alpha. Sous θ=1\theta=1, on a 2Snχ2n22S_n\sim\chi^{2}_{2n}, donc

W={Sn12χ2n2(α)},Pθ=1(2Snχ2n2(α))=α,\boxed{W=\Big\{\,S_n\geq \tfrac{1}{2}\,\chi^{2}_{2n}(\alpha)\,\Big\},\qquad P_{\theta=1}\big(2S_n\geq \chi^{2}_{2n}(\alpha)\big)=\alpha,}

χ2n2(α)\chi^{2}_{2n}(\alpha) désigne le quantile d'ordre 1α1-\alpha de la loi du khi-deux à 2n2n degrés de liberté.

التمرين 3

Exercice 3 — Série temporelle ARMA(1,1) et comparaison AR(1)

#time-series#arma-model#autocorrelation#stationarity#white-noise

La série temporelle stationnaire XtX_t satisfait

Xt=3+0.6Xt1+AtAt1,X_t=3+0.6\,X_{t-1}+A_t-A_{t-1},

AtA_t est une série de bruit blanc de variance σ2\sigma^{2}.

  1. Montrer que XtX_t a une moyenne μ=7.5\mu=7.5.
  2. Montrer que Cov(Xt,At)=σ2\operatorname{Cov}(X_t,A_t)=\sigma^{2} et que Var(Xt)=1.25σ2\operatorname{Var}(X_t)=1.25\,\sigma^{2}, en indiquant où vous avez utilisé la stationnarité de XtX_t.
  3. Calculer ρ1\rho_1, l'autocorrélation de XtX_t au décalage 1, et en déduire que la fonction d'autocorrélation est ρk=0.2×0.6k1\rho_k=-0.2\times 0.6^{\,k-1}, pour k=1,2,3,k=1,2,3,\dots
  4. Écrire ou calculer la moyenne et la fonction d'autocorrélation du modèle de série temporelle stationnaire Yt=0.6Yt1+EtY_t=0.6\,Y_{t-1}+E_t, où EtE_t est un bruit blanc de variance τ2\tau^{2}.
  5. Un statisticien, étudiant les réalisations de XtX_t et YtY_t, a tracé les deux séries. Suggérer, avec raisonnement, deux manières par lesquelles les deux séries diffèrent visuellement.
الحل

1.

En prenant l'espérance de Xt=3+0.6Xt1+AtAt1X_t=3+0.6X_{t-1}+A_t-A_{t-1}, avec E[At]=0E[A_t]=0 et la stationnarité E[Xt]=E[Xt1]=μE[X_t]=E[X_{t-1}]=\mu :

μ=3+0.6μ  0.4μ=3  μ=7.5.\mu=3+0.6\,\mu\ \Longrightarrow\ 0.4\,\mu=3\ \Longrightarrow\ \boxed{\mu=7.5.}

2.

Covariance. En multipliant la relation par AtA_t puis en prenant l'espérance :

Cov(Xt,At)=0.6Cov(Xt1,At)+Var(At)Cov(At1,At).\operatorname{Cov}(X_t,A_t)=0.6\,\operatorname{Cov}(X_{t-1},A_t)+\operatorname{Var}(A_t)-\operatorname{Cov}(A_{t-1},A_t).

Comme Xt1X_{t-1} ne dépend que de At1,At2,A_{t-1},A_{t-2},\dots, il est non corrélé à AtA_t, donc Cov(Xt1,At)=0\operatorname{Cov}(X_{t-1},A_t)=0 et Cov(At1,At)=0\operatorname{Cov}(A_{t-1},A_t)=0. D'où

Cov(Xt,At)=σ2.\boxed{\operatorname{Cov}(X_t,A_t)=\sigma^{2}.}

Variance. Posons γ0=Var(Xt)\gamma_0=\operatorname{Var}(X_t). En prenant la variance des deux membres :

γ0=0.36Var(Xt1)+Var(At)+Var(At1)+2[0.6Cov(Xt1,At)0.6Cov(Xt1,At1)Cov(At,At1)].\gamma_0=0.36\,\operatorname{Var}(X_{t-1})+\operatorname{Var}(A_t)+\operatorname{Var}(A_{t-1})+2\big[0.6\operatorname{Cov}(X_{t-1},A_t)-0.6\operatorname{Cov}(X_{t-1},A_{t-1})-\operatorname{Cov}(A_t,A_{t-1})\big].

La stationnarité donne Var(Xt1)=γ0\operatorname{Var}(X_{t-1})=\gamma_0 et Cov(Xt1,At1)=Cov(Xt,At)=σ2\operatorname{Cov}(X_{t-1},A_{t-1})=\operatorname{Cov}(X_t,A_t)=\sigma^{2} (c'est ici qu'intervient la stationnarité). Avec Cov(Xt1,At)=0\operatorname{Cov}(X_{t-1},A_t)=0 :

γ0=0.36γ0+σ2+σ21.2σ2=0.36γ0+0.8σ2.\gamma_0=0.36\,\gamma_0+\sigma^{2}+\sigma^{2}-1.2\,\sigma^{2}=0.36\,\gamma_0+0.8\,\sigma^{2}.

Donc 0.64γ0=0.8σ20.64\,\gamma_0=0.8\,\sigma^{2}, soit

Var(Xt)=1.25σ2.\boxed{\operatorname{Var}(X_t)=1.25\,\sigma^{2}.}

3.

Soit γ1=Cov(Xt,Xt1)\gamma_1=\operatorname{Cov}(X_t,X_{t-1}). En multipliant la relation (centrée) par Xt1X_{t-1} et en prenant l'espérance :

γ1=0.6γ0+Cov(At,Xt1)Cov(At1,Xt1)=0.6γ0σ2,\gamma_1=0.6\,\gamma_0+\operatorname{Cov}(A_t,X_{t-1})-\operatorname{Cov}(A_{t-1},X_{t-1})=0.6\,\gamma_0-\sigma^{2},

car Cov(At,Xt1)=0\operatorname{Cov}(A_t,X_{t-1})=0 et Cov(At1,Xt1)=σ2\operatorname{Cov}(A_{t-1},X_{t-1})=\sigma^{2}. Ainsi

γ1=0.6(1.25σ2)σ2=0.25σ2,ρ1=γ1γ0=0.251.25=0.2.\gamma_1=0.6(1.25\,\sigma^{2})-\sigma^{2}=-0.25\,\sigma^{2},\qquad \rho_1=\frac{\gamma_1}{\gamma_0}=\frac{-0.25}{1.25}=-0.2.

Pour k2k\geq 2, AtA_t et At1A_{t-1} sont non corrélés à XtkX_{t-k}, donc

γk=0.6γk1  ρk=0.6ρk1.\gamma_k=0.6\,\gamma_{k-1}\ \Longrightarrow\ \rho_k=0.6\,\rho_{k-1}.

Par récurrence à partir de ρ1=0.2\rho_1=-0.2 :

ρk=0.2×0.6k1,k=1,2,3,\boxed{\rho_k=-0.2\times 0.6^{\,k-1},\qquad k=1,2,3,\dots}

4.

Pour l'AR(1) Yt=0.6Yt1+EtY_t=0.6\,Y_{t-1}+E_t (stationnaire car 0.6<1|0.6|\lt 1), l'espérance vérifie μY=0.6μY\mu_Y=0.6\,\mu_Y, donc

μY=0.\boxed{\mu_Y=0.}

La variance est Var(Yt)=τ210.36=τ20.64=1.5625τ2\operatorname{Var}(Y_t)=\dfrac{\tau^{2}}{1-0.36}=\dfrac{\tau^{2}}{0.64}=1.5625\,\tau^{2}, et la fonction d'autocorrélation d'un AR(1) est

ρkY=0.6k,k=0,1,2,\boxed{\rho_k^{Y}=0.6^{\,k},\qquad k=0,1,2,\dots}

5.

Deux différences visuelles :

  1. Niveau moyen. La série XtX_t oscille autour de μ=7.5\mu=7.5, alors que YtY_t oscille autour de 00 ; graphiquement, la trajectoire de XtX_t est décalée vers le haut par rapport à celle de YtY_t.
  2. Régularité (lissage). Toutes les autocorrélations de XtX_t sont négatives (ρ1=0.2\rho_1=-0.2), ce qui traduit une tendance à alterner de part et d'autre de la moyenne : la trajectoire de XtX_t paraît plus irrégulière / dentelée et revient rapidement vers sa moyenne. À l'inverse, l'AR(1) YtY_t a des autocorrélations positives et décroissantes (ρk=0.6k>0\rho_k=0.6^{k}\gt 0), produisant des trajectoires plus lisses et persistantes (les valeurs consécutives évoluent dans le même sens, avec de longues plages au-dessus ou en dessous de la moyenne).