Concours d'accès à la formation doctorale en Mathématiques Appliquées, option Probabilités et Statistiques Appliquées, Épreuve de Spécialité, Faculté des Mathématiques, Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediène (USTHB), le 30 octobre 2018.
التمرين 1
Exercice 1 — File d'attente M/M/1 avec arrivées par groupes de 2
Considérons une file d'attente M/M/1 de paramètres λ et μ où les clients arrivent par groupes de 2. Soit le processus (Xt)t≥0 défini, pour tout t≥0, par Xt= le nombre de clients dans le système à l'instant t.
Montrer que (Xt)t≥0 est une chaîne de Markov à temps continu. Déterminer son générateur infinitésimal.
(Xt)t≥0 est-il un processus de naissance et de mort ? Justifier votre réponse.
Soit Pn(t)=P(Xt=n), n≥0 et t≥0. Écrire les équations de Chapman-Kolmogorov.
Soit Pn=limt→+∞Pn(t). Écrire les équations d'équilibre en régime stationnaire.
Déterminer la fonction génératrice G(z)=∑n≥0znPn associée à la distribution stationnaire Pn et donner la condition de stabilité.
En déduire la moyenne et la variance du nombre de clients dans le système en régime stationnaire.
◀الحل
1.
Les inter-arrivées des groupes et les durées de service étant exponentielles, elles sont sans mémoire : à partir de l'état n, l'évolution future ne dépend que de n. Donc (Xt)t≥0 est une chaîne de Markov à temps continu sur N.
Depuis l'état n, deux transitions sont possibles :
a. une arrivée d'un groupe de 2 clients, au taux λ : n→n+2 ;
b. une fin de service, au taux μ (si n≥1) : n→n−1.
Le générateur infinitésimal Q=(qij) est donc
qn,n+2=λ(n≥0),qn,n−1=μ(n≥1),
qn,n=−(λ+μ)(n≥1),q0,0=−λ,
tous les autres coefficients étant nuls.
2.
Non. Dans un processus de naissance et de mort, seules les transitions vers les états voisins n±1 sont autorisées. Ici les arrivées se font par groupes de 2, ce qui autorise des sauts n→n+2.
(Xt)t≥0n’est pas un processus de naissance et de mort.
3.
Les équations de Chapman-Kolmogorov (équations progressives) s'écrivent :
P0′(t)=−λP0(t)+μP1(t),
P1′(t)=−(λ+μ)P1(t)+μP2(t),
Pn′(t)=−(λ+μ)Pn(t)+λPn−2(t)+μPn+1(t),n≥2.
4.
En régime stationnaire, Pn′(t)→0, d'où les équations d'équilibre :
λP0=μP1,
(λ+μ)P1=μP2,
(λ+μ)Pn=λPn−2+μPn+1,n≥2.
5.
Multiplions chaque équation d'équilibre par zn et sommons sur n≥0. Avec G(z)=∑n≥0znPn, on obtient
(λ+μ)G(z)−μP0=zμ(G(z)−P0)+λz2G(z).
En multipliant par z puis en regroupant les termes en G(z) :
G(z)[(λ+μ)z−μ−λz3]=μP0(z−1).
Or (λ+μ)z−μ−λz3=−(z−1)(λz2+λz−μ), d'où après simplification par (z−1) :
G(z)=μ−λz−λz2μP0.
La condition de normalisation G(1)=1 donne μP0=μ−2λ, soit P0=1−μ2λ, et
G(z)=μ−λz−λz2μ−2λ.
La distribution stationnaire existe (et P0>0) si et seulement si
ρ=μ2λ<1⟺2λ<μ.
6.
La moyenne vaut E[X]=G′(1). En posant D(z)=μ−λz−λz2, on a D(1)=μ−2λ, D′(1)=−3λ, D′′(1)=−2λ, avec G=(μ−2λ)/D. Donc
E[X]=G′(1)=μ−2λ3λ.
De plus E[X(X−1)]=G′′(1)=μ−2λ2λ+(μ−2λ)218λ2, et
Var(X)=G′′(1)+G′(1)−(G′(1))2=μ−2λ5λ+(μ−2λ)29λ2.
Finalement
E[X]=μ−2λ3λ,Var(X)=(μ−2λ)2λ(5μ−λ).
التمرين 2
Exercice 2 — Estimation pour une loi de Pareto (Lomax)
est exhaustive ; le modèle étant une famille exponentielle, Sn est aussi complète. Comme somme de n variables i.i.d. de loi E(θ), Sn suit une loi Gamma :
Sn∼Γ(n,θ),fSn(s)=(n−1)!θnsn−1e−θs1s≥0.
3.
La log-vraisemblance ℓ(θ)=nlogθ−(θ+1)Sn vérifie ℓ′(θ)=θn−Sn=0, avec ℓ′′(θ)=−n/θ2<0. D'où
θ^=Snn=∑i=1nlog(1+Xi)n.
4.
Pour Sn∼Γ(n,θ),
E[Sn1]=∫0∞s1(n−1)!θnsn−1e−θsds=n−1θ.
Donc
E[θ^]=nE[Sn1]=n−1nθ=θ,
l'estimateur θ^ est donc biaisé (biais =θ/(n−1)). En revanche nSn→E[Y]=θ1 presque sûrement (loi des grands nombres), donc θ^=Snn→θ : θ^ est convergent.
E[θ^]=n−1nθ(biaiseˊ),θ^⟶θ(convergent).
5.
Comme E[1/Sn]=θ/(n−1), l'estimateur
θ~=Snn−1
est sans biais pour θ. Étant fonction de la statistique exhaustive et complète Sn, il est, d'après le théorème de Lehmann-Scheffé, l'unique estimateur sans biais de variance minimale (ESBVM).
Son efficacité se juge par la borne de Cramér-Rao. L'information de Fisher est
In(θ)=nI1(θ)=θ2n,BCR=nθ2.
Or, avec E[1/Sn2]=(n−1)(n−2)θ2, on obtient
Var(θ~)=(n−1)2Var(Sn1)=n−2θ2>nθ2.
La variance dépasse la borne de Cramér-Rao :
θ~=Snn−1est l’ESBVM, mais il n’est pas efficace(Var(θ~)=n−2θ2).
6.
Par invariance de l'estimateur du maximum de vraisemblance, l'EMV de g(θ)=1/θ est
g(θ)=θ^1=nSn=Y.
On a E[nSn]=n1⋅θn=θ1 (sans biais) et
Var(nSn)=n21Var(Sn)=n21⋅θ2n=nθ21.
La borne de Cramér-Rao pour g(θ) vaut
In(θ)(g′(θ))2=n/θ21/θ4=nθ21.
La variance atteint la borne, donc
g(θ)=nSnest un estimateur efficace deg(θ)=θ1.
7.
Considérons d'abord les hypothèses simples H0:θ=1 contre H1:θ=θ1 avec θ1<1. Le rapport de vraisemblance
L(1)L(θ1)=θ1nexp(−(θ1−1)Sn)
est une fonction croissante de Sn (car θ1−1<0). D'après le lemme de Neyman-Pearson, le test le plus puissant rejette H0 pour les grandes valeurs de Sn. Ce rapport étant monotone en Sn, le test est uniformément le plus puissant pour H0:θ≥1 contre H1:θ<1.
La région critique est de la forme W={Sn≥c}, où c est fixé par le niveau α. Sous θ=1, on a 2Sn∼χ2n2, donc
W={Sn≥21χ2n2(α)},Pθ=1(2Sn≥χ2n2(α))=α,
où χ2n2(α) désigne le quantile d'ordre 1−α de la loi du khi-deux à 2n degrés de liberté.
التمرين 3
Exercice 3 — Série temporelle ARMA(1,1) et comparaison AR(1)
où At est une série de bruit blanc de variance σ2.
Montrer que Xt a une moyenne μ=7.5.
Montrer que Cov(Xt,At)=σ2 et que Var(Xt)=1.25σ2, en indiquant où vous avez utilisé la stationnarité de Xt.
Calculer ρ1, l'autocorrélation de Xt au décalage 1, et en déduire que la fonction d'autocorrélation est ρk=−0.2×0.6k−1, pour k=1,2,3,…
Écrire ou calculer la moyenne et la fonction d'autocorrélation du modèle de série temporelle stationnaire Yt=0.6Yt−1+Et, où Et est un bruit blanc de variance τ2.
Un statisticien, étudiant les réalisations de Xt et Yt, a tracé les deux séries. Suggérer, avec raisonnement, deux manières par lesquelles les deux séries diffèrent visuellement.
◀الحل
1.
En prenant l'espérance de Xt=3+0.6Xt−1+At−At−1, avec E[At]=0 et la stationnarité E[Xt]=E[Xt−1]=μ :
μ=3+0.6μ⟹0.4μ=3⟹μ=7.5.
2.
Covariance. En multipliant la relation par At puis en prenant l'espérance :
Pour k≥2, At et At−1 sont non corrélés à Xt−k, donc
γk=0.6γk−1⟹ρk=0.6ρk−1.
Par récurrence à partir de ρ1=−0.2 :
ρk=−0.2×0.6k−1,k=1,2,3,…
4.
Pour l'AR(1) Yt=0.6Yt−1+Et (stationnaire car ∣0.6∣<1), l'espérance vérifie μY=0.6μY, donc
μY=0.
La variance est Var(Yt)=1−0.36τ2=0.64τ2=1.5625τ2, et la fonction d'autocorrélation d'un AR(1) est
ρkY=0.6k,k=0,1,2,…
5.
Deux différences visuelles :
Niveau moyen. La série Xt oscille autour de μ=7.5, alors que Yt oscille autour de 0 ; graphiquement, la trajectoire de Xt est décalée vers le haut par rapport à celle de Yt.
Régularité (lissage). Toutes les autocorrélations de Xt sont négatives (ρ1=−0.2), ce qui traduit une tendance à alterner de part et d'autre de la moyenne : la trajectoire de Xt paraît plus irrégulière / dentelée et revient rapidement vers sa moyenne. À l'inverse, l'AR(1) Yt a des autocorrélations positives et décroissantes (ρk=0.6k>0), produisant des trajectoires plus lisses et persistantes (les valeurs consécutives évoluent dans le même sens, avec de longues plages au-dessus ou en dessous de la moyenne).