Concours d'accès à la formation doctorale de 3ème cycle, année universitaire 2024/2025, Faculté de Mathématiques, Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediène (USTHB), filière Mathématiques Appliquées, spécialité Probabilités-Statistiques et Applications (PSA), épreuve de spécialité, durée 2 heures.
التمرين 1
Exercice 1 — Séries temporelles : ARMA, ACF et prévision
On considère le processus (1−B+0.21B2)zt=at−0.3at−1, où B est l'opérateur de retard :
a. Vérifier s'il est stationnaire et inversible.
b. Obtenir la fonction d'autocorrélation.
c. Obtenir sa représentation AR(∞).
d. Obtenir sa représentation MA(∞).
Obtenir la fonction d'autocorrélation d'un processus ARMA(1,1) en l'écrivant sous forme MA(∞).
Montrer que si l'on additionne deux processus MA(1), on obtient un nouveau processus MA(1) avec un paramètre qui est une combinaison linéaire des paramètres des deux processus, avec des poids proportionnels aux quotients entre les variances des innovations des processus sommés et la variance de l'innovation du processus résultant.
On considère le processus AR(1) suivant :
Yt−μ=ϕ(Yt−1−μ)+et
où {et} est un bruit blanc de moyenne nulle et de variance var(et)=σe2, et μ=E(Yt) est la moyenne du processus.
a. Déterminer l'expression générale de la prévision Y^t+ℓ à l'horizon ℓ en utilisant l'espérance conditionnelle.
b. Montrer que la variance de l'erreur de prévision et(ℓ) converge vers la variance asymptotique du processus Yt lorsque l'horizon ℓ→∞.
◀الحل
1.
Le modèle s'écrit ϕ(B)zt=θ(B)at avec ϕ(B)=1−B+0.21B2 et θ(B)=1−0.3B. On factorise le polynôme AR :
1−B+0.21B2=(1−0.3B)(1−0.7B)
a.
Les racines de ϕ(B)=0 sont B=0.31≈3.33 et B=0.71≈1.43, de module >1, donc le processus est stationnaire. La racine de θ(B)=1−0.3B=0 est B=0.31≈3.33>1, donc il est inversible. On remarque de plus le facteur commun (1−0.3B) entre AR et MA (paramètres redondants) : en simplifiant, (1−0.7B)zt=at.
Stationnaire et inversible ; simplification en (1−0.7B)zt=at
b.
Après simplification, zt=0.7zt−1+at est un AR(1) de paramètre 0.7. Sa fonction d'autocorrélation est donc
ρk=0.7∣k∣,k∈Z
c.
La représentation AR(∞) est π(B)zt=at avec π(B)=θ(B)ϕ(B)=1−0.3B(1−0.3B)(1−0.7B)=1−0.7B, qui est finie :
Soit un ARMA(1,1) : (1−ϕB)zt=(1+θB)at, ∣ϕ∣<1. Sa forme MA(∞) est zt=ψ(B)at avec
ψ(B)=1−ϕB1+θB=(1+θB)∑j≥0ϕjBj
donc ψ0=1 et ψj=(ϕ+θ)ϕj−1 pour j≥1. Les autocovariances sont γk=σa2∑j≥0ψjψj+k :
γ0=σa21−ϕ21+2ϕθ+θ2,γ1=σa21−ϕ2(1+ϕθ)(ϕ+θ)
et γk=ϕγk−1 pour k≥2, soit γk=ϕk−1γ1. La fonction d'autocorrélation est
ρ1=1+2ϕθ+θ2(1+ϕθ)(ϕ+θ),ρk=ϕk−1ρ1(k≥1)
3.
Soient Xt=at+θ1at−1 et Yt=bt+θ2bt−1 deux MA(1), où (at) et (bt) sont des bruits blancs indépendants de variances σa2 et σb2. Posons Zt=Xt+Yt. Ses autocovariances sont
Une suite stationnaire dont les autocovariances s'annulent au-delà du retard 1 est un MA(1) : il existe un bruit blanc (ct) de variance σc2 et un paramètre Θ tels que Zt=ct+Θct−1, avec
(1+Θ2)σc2=γ0Z,Θσc2=γ1Z
De la seconde équation :
Θ=σc2θ1σa2+θ2σb2=θ1σc2σa2+θ2σc2σb2
Ainsi Θ est une combinaison linéaire de θ1 et θ2, de poids σa2/σc2 et σb2/σc2, c'est-à-dire les quotients entre les variances des innovations sommées et celle de l'innovation résultante. (Θ et σc2 s'obtiennent en résolvant ρ1Z=Θ/(1+Θ2) avec ∣Θ∣<1, puis σc2=γ1Z/Θ.)
Θ=θ1σc2σa2+θ2σc2σb2
4.
a.
On note Y^t(ℓ)=E[Yt+ℓ∣Ft]. En appliquant l'espérance conditionnelle à Yt+ℓ−μ=ϕ(Yt+ℓ−1−μ)+et+ℓ et en utilisant E[et+ℓ∣Ft]=0 pour ℓ≥1, on obtient Y^t(ℓ)−μ=ϕ(Y^t(ℓ−1)−μ) avec Y^t(0)=Yt. Par récurrence :
Y^t(ℓ)=μ+ϕℓ(Yt−μ)
b.
En forme MA(∞), Yt+ℓ−μ=∑j≥0ϕjet+ℓ−j, et Y^t(ℓ)−μ=∑j≥ℓϕjet+ℓ−j. L'erreur de prévision est
Partie 01. On considère un fort polygonal ayant 5 sommets. Une sentinelle se déplace d'un sommet à l'autre de telle sorte que, si elle quitte un sommet, il y a une probabilité p qu'elle aille au sommet adjacent dans le sens des aiguilles d'une montre, et 1−p à l'autre sommet adjacent.
Définir la chaîne de Markov associée et préciser l'ensemble des états E.
Donner la matrice de transition et analyser les états de la chaîne (classes, récurrence, périodicité).
La distribution limite existe-t-elle ? Si oui, déterminez-la.
L'ennemi cherche à s'introduire dans le fort par un des sommets. Ayant observé que la sentinelle vient de quitter le sommet n°1, il décide de tenter son opération en un sommet tel qu'il dispose d'un temps moyen maximum avant le passage de la sentinelle. Quel sommet faut-il choisir ? On note mij le temps moyen de premier passage de i à j.
Sachant que p=31, que la sentinelle met 1 min 30 s pour passer d'un sommet à un autre et stationne 30 s à chaque sommet, de combien de temps dispose en moyenne l'ennemi ?
Partie 02. Soit (Xn)n≥0 une suite de variables aléatoires indépendantes identiquement distribuées de loi P(Xn=1)=p, P(Xn=−1)=1−p, où 0<p<1. On définit la suite (Yn)n≥0 par Yn=X0+⋯+Xn, n≥0.
Montrer que la suite (Yn)n≥0 est une chaîne de Markov homogène. Préciser l'espace des états et les probabilités de transition.
Tracer le graphe des états. Que peut-on dire de la chaîne ?
Calculer P00(n), la probabilité de transition de 0 à 0 en n étapes pour la chaîne (Yn)n≥0. Que représente la série ∑n=0∞P00(n) ? Étudier sa convergence selon les valeurs de p.
En déduire la transience et la récurrence de la chaîne (Yn)n≥0.
Déterminer les valeurs de p pour lesquelles la suite (Yn)n≥0 est une (Fn)-martingale, où Fn=σ(X1,…,Xn).
◀الحل
Partie 01
1.
Soit Xn la position de la sentinelle après n déplacements. Comme le prochain sommet ne dépend que du sommet courant, (Xn) est une chaîne de Markov. On numérote les sommets 1,2,3,4,5 dans le sens des aiguilles d'une montre. L'espace des états est
E={1,2,3,4,5}
avec, pour q=1−p, P(i→i+1)=p (sens horaire) et P(i→i−1)=q (indices modulo 5). C'est une marche aléatoire sur le cycle C5.
2.
P=0q00pp0q000p0q000p0qq00p0,q=1−p
Tous les états communiquent : la chaîne est irréductible et forme une seule classe. Étant finie et irréductible, tous les états sont récurrents (positifs). Le retour est possible en 2 pas (i→i+1→i, probabilité pq>0) et en 5 pas (tour complet) ; comme gcd(2,5)=1, la chaîne est apériodique (période 1).
3.
La chaîne est irréductible, apériodique et finie : il existe une unique distribution stationnaire, qui est aussi la distribution limite. Par symétrie (le cycle est sommet-transitif) elle est uniforme, et on vérifie πP=π car ∑iπiPij=51(p+q)=51 :
π=(51,51,51,51,51)
4.
Les temps moyens de premier passage mij vérifient le système
mij=1+∑k=jPikmkj
L'ennemi choisit le sommet j qui maximise m1j. Avec p=31, q=32 (la sentinelle dérive dans le sens anti-horaire 1→5→4→…), la résolution du système donne
Le maximum est atteint pour le sommet 3 (le plus difficile à atteindre, à contre-courant de la dérive).
L’ennemi doit choisir le sommet 3,avec m13=31174≈5.61 pas
5.
Le temps moyen (nombre de pas) avant le passage au sommet 3 est m13=31174. Chaque pas comporte un déplacement de 1 min 30 s =90 s et un stationnement de 30 s, soit 120 s par pas. D'où le temps moyen dont dispose l'ennemi :
t=31174×120=3120880s≈673.5s
t≈673.5s≈11min14s
Partie 02
1.
On a Yn+1=Yn+Xn+1, et Xn+1 est indépendant de (Y0,…,Yn). Donc
P(Yn+1=j∣Yn=i,…,Y0)=P(Yn+1=j∣Yn=i)
c'est une chaîne de Markov. Elle est homogène car, avec q=1−p,
P(i,i+1)=p,P(i,i−1)=q
indépendamment de n. L'espace des états est E=Z (marche aléatoire simple sur Z).
2.
Le graphe est la droite entière ⋯↔−1↔0↔1↔…, chaque arête i→i+1 de poids p et i→i−1 de poids q. La chaîne est irréductible (car 0<p<1) et périodique de période 2 (on ne peut revenir en 0 qu'après un nombre pair de pas).
3.
Un retour en 0 exige autant de pas +1 que de pas −1, donc
P00(2m+1)=0,P00(2m)=(m2m)pmqm
La série ∑n≥0P00(n) est l'espérance du nombre de visites en 0 (fonction de Green G00). En utilisant ∑m(m2m)xm=(1−4x)−1/2 avec x=pq et 1−4pq=(1−2p)2 :
Le rayon R d'un cercle est mesuré avec une erreur de mesure distribuée selon une loi normale N(0,σ2), σ inconnu. On dispose de n mesures indépendantes X1,…,Xn du rayon.
On veut estimer le périmètre p de ce cercle. Quel estimateur sans biais peut-on proposer pour le périmètre ?
On veut aussi estimer la surface s. En considérant la statistique T=πX12, proposez un estimateur sans biais pour la surface s.
◀الحل
1.
Chaque mesure s'écrit Xi=R+εi avec εi∼N(0,σ2), donc Xi∼N(R,σ2) et E[Xi]=R. Le périmètre est p=2πR. En posant Xˉ=n1∑i=1nXi, l'estimateur
p^=2πXˉ
vérifie E[p^]=2πE[Xˉ]=2πR=p : il est sans biais.
p^=2πXˉ,Xˉ=n1i=1∑nXi
2.
La surface est s=πR2. Pour T=πX12 :
E[T]=πE[X12]=π(var(X1)+R2)=πR2+πσ2=s+πσ2
donc T est biaisé (biais πσ2) et, σ étant inconnu, il faut l'estimer. On a E[Xˉ2]=var(Xˉ)+R2=R2+nσ2, et S2=n−11∑i=1n(Xi−Xˉ)2 est un estimateur sans biais de σ2. On corrige alors :
s^=π(Xˉ2−nS2)
qui vérifie E[s^]=π(R2+nσ2)−πnσ2=πR2=s : il est sans biais.