📚 الرئيسية

مسابقة دكتوراه 2025Université Ferhat Abbas - Sétif 1 — الموضوع 01

مسابقة تخصص · Algèbre · المدة: 2سا

Concours d'accès en Doctorat 3ème Cycle 2024/2025, Épreuve d'Algèbre, Théorie des groupes, Durée 2h

التمرين 1

Exercice 1 (Sétif 1 2025, Algèbre) — Sous-groupe maximal $M$ de $G$ simple : normalisateur et indice

#théorie des groupes#sous-groupe maximal#groupe simple#normalisateur

Soit GG un groupe fini simple non abélien, et MM un sous-groupe maximal propre de GG (i.e. MGM\ne G et il n'existe aucun sous-groupe strictement compris entre MM et GG).

  1. Montrer que le normalisateur NG(M)N_G(M) de MM dans GG est égal à MM.

  2. En déduire que l'action de GG par translation sur l'ensemble des classes à gauche G/MG/M est fidèle et transitive, et que G|G| divise [G:M]![G:M]!.

  3. Application : montrer que si GG simple non abélien possède un sous-groupe maximal MM d'indice nn, alors GG se plonge dans SnS_n (groupe symétrique), et donc G|G| divise n!n!.

Résultat classique utilisé pour borner l'ordre des groupes simples (ex: A5A_5 simple d'ordre 6060, sous-groupe maximal d'indice 55, A5S5A_5\hookrightarrow S_5 trivialement car A5S5A_5\subset S_5). Clé de nombreuses preuves de non-simplicité par comptage.

الحل
  1. NG(M)N_G(M) est un sous-groupe de GG contenant MM (car MM normalise lui-même). Par maximalité de MM, soit NG(M)=MN_G(M)=M, soit NG(M)=GN_G(M)=G. Si NG(M)=GN_G(M)=G, alors MGM\trianglelefteq G. Comme GG est simple et M{e}M\ne\{e\} (sous-groupe maximal propre non trivial, sauf cas trivial à écarter) et MGM\ne G, ceci contredit la simplicité de GG (les seuls sous-groupes normaux d'un groupe simple sont {e}\{e\} et GG). Donc NG(M)=MN_G(M)=M.

(Remarque : si M={e}M=\{e\}, c'est possible seulement si GG est d'ordre premier, mais GG non abélien exclut ce cas, donc M{e}M\ne\{e\} ; l'argument reste valide car MGM\ne G de toute façon suffit avec la simplicité.)

  1. GG agit sur G/MG/M (classes à gauche) par g(xM)=(gx)Mg\cdot(xM)=(gx)M. Cette action est transitive (car xM,g=xM1\forall xM,\exists g=xM^{-1}\cdot... plus simplement, deux classes xM,yMxM,yM sont reliées par g=yx1g=yx^{-1}). Le noyau de cette action est xGxMx1\bigcap_{x\in G}xMx^{-1}, le plus grand sous-groupe normal de GG contenu dans MM. Comme GG simple, ce noyau est {e}\{e\} ou GG. Il ne peut être GG (car il est contenu dans MGM\ne G). Donc noyau ={e}=\{e\} : action fidèle.

Une action fidèle donne un plongement de GG dans Sym(G/M)S[G:M]\mathrm{Sym}(G/M)\cong S_{[G:M]}. Donc G|G| divise S[G:M]=[G:M]!|S_{[G:M]}| = [G:M]!.

  1. C'est exactement l'énoncé de (2) avec n=[G:M]n=[G:M] : l'action sur G/MG/M donne un homomorphisme injectif GSnG\hookrightarrow S_n (injectif car noyau trivial par simplicité et (1)). Donc GG se plonge dans SnS_n, et par Lagrange appliqué à ce plongement, G|G| divise Sn=n!|S_n|=n!.

التمرين 2

Exercice 2 (Sétif 1 2025, Algèbre) — Groupe nilpotent, sous-groupe de Frattini $\mathrm{Frat}(G)$

#groupe nilpotent#sous-groupe de Frattini#théorie des groupes

Soit GG un groupe fini. On rappelle que le sous-groupe de Frattini Frat(G)\mathrm{Frat}(G) (ou Φ(G)\Phi(G)) est l'intersection de tous les sous-groupes maximaux de GG.

  1. Montrer que Frat(G)\mathrm{Frat}(G) est un sous-groupe caractéristique (donc normal) de GG.

  2. Montrer que si xGx\in G est tel que G=Frat(G),xG=\langle \mathrm{Frat}(G),x\rangle (i.e. xx avec Frat(G)\mathrm{Frat}(G) engendrent GG), alors G=xG=\langle x\rangle... (propriété dite de "non-générateur").

  3. Montrer que GG est nilpotent si et seulement si GFrat(G)G'\subset\mathrm{Frat}(G) n'est pas nécessairement vrai en général, mais que pour GG pp-groupe fini, Frat(G)=GGp\mathrm{Frat}(G)=G'G^p (sous-groupe engendré par le dérivé et les puissances pp-ièmes).

Le sous-groupe de Frattini mesure les éléments "non-générateurs" de GG. Pour un pp-groupe, G/Frat(G)G/\mathrm{Frat}(G) est le plus grand quotient abélien élémentaire, et son rang donne le nombre minimal de générateurs de GG (théorème de Burnside base).

الحل
  1. Un automorphisme σ\sigma de GG envoie sous-groupe maximal sur sous-groupe maximal (bijection préservant l'inclusion et l'ordre). Donc σ\sigma permute l'ensemble des sous-groupes maximaux, donc fixe leur intersection : σ(Frat(G))=Frat(G)\sigma(\mathrm{Frat}(G))=\mathrm{Frat}(G). Caractéristique, donc en particulier normal (stable par tout automorphisme intérieur).

  2. C'est la propriété des non-générateurs : si GxG\ne\langle x\rangle pour un certain sous-ensemble... Reformulation standard : si Frat(G)S=G\langle \mathrm{Frat}(G)\cup S\rangle = G pour un sous-ensemble SS, alors S=G\langle S\rangle=G. Preuve : sinon SG\langle S\rangle \ne G, donc S\langle S\rangle est contenu dans un sous-groupe maximal MM (par le lemme de Zorn / finitude). Mais Frat(G)M\mathrm{Frat}(G)\subset M par définition. Donc Frat(G)SMG\langle \mathrm{Frat}(G)\cup S\rangle\subset M\ne G, contradiction.

Appliqué avec S={x}S=\{x\} : si G=Frat(G),xG=\langle\mathrm{Frat}(G),x\rangle, alors G=xG=\langle x\rangle.

  1. Pour un pp-groupe fini GG : tout sous-groupe maximal MM est d'indice pp (conséquence de la nilpotence des pp-groupes : les sous-groupes maximaux sont normaux d'indice pp). Donc G/MZ/pZG/M\cong\mathbb{Z}/p\mathbb{Z} est abélien, donc GMG'\subset M (le dérivé est dans le noyau de tout morphisme vers un groupe abélien) et GpMG^p\subset M (car (gM)p=gpM=M(gM)^p=g^pM=M dans G/MG/M cyclique d'ordre pp). Donc GGpMG'G^p\subset M pour tout MM maximal, donc GGpFrat(G)G'G^p\subset\mathrm{Frat}(G).

Réciproquement, G/GGpG/G'G^p est un groupe abélien élémentaire (exposant pp), donc produit de copies de Z/pZ\mathbb{Z}/p\mathbb{Z} ; ses sous-groupes maximaux (d'indice pp, en nombre égal au nombre d'hyperplans) correspondent bijectivement (par image réciproque) aux sous-groupes maximaux de GG contenant GGpG'G^p. Leur intersection dans G/GGpG/G'G^p est triviale (intersection des hyperplans d'un espace vectoriel sur Fp\mathbb{F}_p = {0}\{0\}), donc Frat(G)/GGp={e}\mathrm{Frat}(G)/G'G^p=\{e\}, i.e. Frat(G)=GGp\mathrm{Frat}(G)=G'G^p.

التمرين 3

Exercice 3 (Sétif 1 2025, Algèbre) — Groupe d'ordre $p^3q$ : théorèmes de Sylow et non-simplicité

#théorèmes de Sylow#groupe d'ordre $p^3q$#non-simplicité

Soit GG un groupe d'ordre p3qp^3qp,qp,q sont des nombres premiers distincts. On veut montrer que GG n'est pas simple (sauf cas triviaux à exclure).

  1. Rappeler les théorèmes de Sylow (existence, conjugaison, nombre de pp-Sylow np1(modp)n_p\equiv1\pmod p et npqn_p\mid q; nombre de qq-Sylow nq1(modq)n_q\equiv1\pmod q et nqp3n_q\mid p^3).

  2. Traiter le cas q<pq<p : montrer que np=1n_p=1 (donc le pp-Sylow est normal, GG n'est pas simple).

  3. Traiter le cas q>pq>p : discuter les valeurs possibles de nqn_q et montrer que dans les configurations restantes, GG n'est pas simple (on pourra utiliser un argument de comptage d'éléments).

Ce type d'exercice illustre l'utilisation combinée des théorèmes de Sylow et d'arguments de comptage pour établir la non-simplicité. Le résultat général (théorème de Burnside paqbp^aq^b) garantit que tout groupe d'ordre p3qp^3q est résoluble, donc non simple dès que p3qp^3q n'est pas premier.

الحل
  1. Théorèmes de Sylow : Soit G=p3q|G|=p^3q. (i) Il existe des sous-groupes de Sylow d'ordre p3p^3 (les pp-Sylow) et d'ordre qq (les qq-Sylow). (ii) Tous les pp-Sylow (resp. qq-Sylow) sont conjugués entre eux. (iii) Le nombre npn_p de pp-Sylow vérifie np1(modp)n_p\equiv1\pmod p et npqn_p\mid q. Le nombre nqn_q de qq-Sylow vérifie nq1(modq)n_q\equiv1\pmod q et nqp3n_q\mid p^3.

  2. Cas q<pq<p : npqn_p\mid q donne np{1,q}n_p\in\{1,q\}. Si np=qn_p=q, alors q1(modp)q\equiv1\pmod p, donc pq1p\mid q-1, donc pq1<qp\le q-1<q, ce qui contredit q<pq<p. Donc np=1n_p=1 : le pp-Sylow (d'ordre p3p^3) est unique donc normal, GG n'est pas simple.

  3. Cas q>pq>p : nqp3n_q\mid p^3 donne nq{1,p,p2,p3}n_q\in\{1,p,p^2,p^3\}. Si nq=1n_q=1, le qq-Sylow est normal, terminé.

Sinon nq{p,p2,p3}n_q\in\{p,p^2,p^3\} et nq1(modq)n_q\equiv1\pmod q. Comme nqp3<n_q\le p^3< suppose souvent qq grand, on a souvent une contradiction sauf configurations spéciales.

Comptage : si nq=p3>1n_q=p^3>1 (le cas maximal), alors GG a nq(q1)=p3(q1)n_q(q-1)=p^3(q-1) éléments d'ordre qq (les qq-Sylow sont d'ordre premier qq, s'intersectent trivialement). Il reste p3qp3(q1)=p3p^3q-p^3(q-1)=p^3 éléments pour former les pp-Sylow. Mais un seul pp-Sylow a déjà p3p^3 éléments, donc il y a exactement un pp-Sylow, qui est alors normal (car il occupe exactement les p3p^3 éléments restants, stable par conjugaison). Donc np=1n_p=1, GG n'est pas simple.

Si nq=pn_q=p ou p2p^2 : on ne peut pas toujours conclure par ce comptage direct, mais l'argument standard combine avec le cas 2 (symétrie pqp\leftrightarrow q n'est pas valide ici car les rôles de p,qp,q sont différents dans p3qp^3q). En pratique, pour un groupe d'ordre p3qp^3q, une analyse plus fine (actions sur les Sylow, étude cas par cas de petits p,qp,q) montre qu'un groupe simple d'ordre p3qp^3q n'existe pas (résultat lié aux théorèmes de Burnside paqbp^aq^b: tout groupe d'ordre paqbp^aq^b est résoluble, donc en particulier non simple sauf ordre premier).