Concours d'accès à la Formation Doctorale de Mathématiques - Université Hassiba Benbouali de Chlef, Épreuve Commune, 21/01/2023 (année universitaire 2022-2023)
التمرين 1
Identité de la médiane et caractère préhilbertien
#espace préhilbertien#identité du parallélogramme#produit scalaire#norme
Soit E un R-espace vectoriel normé dont la norme vérifie l'identité de la médiane : ∀x,y∈E,∥x+y∥2+∥x−y∥2=2(∥x∥2+∥y∥2) (1). On pose S(x,y)=41(∥x+y∥2−∥x−y∥2) (2).
Montrer que S est symétrique, additive par rapport à chaque variable, et S(x,x)≥0.
Montrer que pour tout rationnel r∈Q, S(rx,y)=rS(x,y).
En déduire S(rx,y)=rS(x,y) pour tout réel r.
En déduire que S définit un produit scalaire sur E dont la norme induite est ∥⋅∥.
◀الحل
1.Symétrie :∥x+y∥=∥y+x∥ et ∥x−y∥=∥y−x∥, donc S(x,y)=S(y,x). Positivité :S(x,x)=41∥2x∥2=∥x∥2≥0. Additivité : en appliquant (1) à (x+z,y) et (x−z,y) puis en soustrayant, on obtient ∥x+z+y∥2−∥x+z−y∥2+∥x−z+y∥2−∥x−z−y∥2=2(∥x+y∥2−∥x−y∥2), ce qui donne S(x+z,y)+S(x−z,y)=2S(x,y) ; avec S(0,y)=0 on en déduit S(x+z,y)=S(x,z)+S(z,y), i.e. l'additivité.
2. L'additivité entraîne S(nx,y)=nS(x,y) pour n∈N, puis pour n∈Z (car S(−x,y)=−S(x,y)). Pour r=p/q, qS((p/q)x,y)=S(px,y)=pS(x,y), d'où S(rx,y)=rS(x,y).
3.r↦S(rx,y)=41(∥rx+y∥2−∥rx−y∥2) est continue (la norme est continue), et coïncide avec r↦rS(x,y) sur Q dense dans R : elles sont donc égales sur R.
4.S est symétrique, bilinéaire (additivité + homogénéité réelle) et définie positive : S(x,x)=∥x∥2>0 pour x=0. C'est donc un produit scalaire, et la norme induite est S(x,x)=∥x∥. Ainsi E est préhilbertien.
التمرين 2
Distance à une partie, fonction séparante et lemme d'Urysohn métrique
#espace métrique#distance à une partie#continuité#ouverts disjoints
Soit (E,d) un espace métrique et A,B deux parties de E.
Montrer que d(x,A)=0 si et seulement si x∈Aˉ.
Montrer que si Aˉ∩Bˉ=∅, alors h(x)=d(x,A)+d(x,B)d(x,A) est continue sur E. Que vaut-elle sur A et sur B ?
En déduire l'existence de deux ouverts disjoints U,V de E tels que Aˉ⊂U et Bˉ⊂V.
◀الحل
1.d(x,A)=infa∈Ad(x,a)=0 ssi il existe une suite (an) de A telle que d(x,an)→0, i.e. an→x, ce qui équivaut à x∈Aˉ.
2. Le dénominateur ne s'annule jamais : si d(x,A)+d(x,B)=0 alors x∈Aˉ∩Bˉ=∅, absurde. Comme x↦d(x,A) est 1-lipschitzienne (donc continue), h est continue comme quotient à dénominateur ne s'annulant pas. Sur A : d(x,A)=0 donc h=0 ; sur B : d(x,B)=0 donc h=1.
3. Posons U=h−1([0,21)) et V=h−1((21,1]) : ouverts (images réciproques d'ouverts par h continue), disjoints. Comme h=0 sur A (et par continuité h=0 sur Aˉ) on a Aˉ⊂U ; de même h=1 sur Bˉ donne Bˉ⊂V.
التمرين 3
Fonction de deux variables : continuité, dérivées partielles et classe C^1
#fonctions de deux variables#continuité#dérivées partielles#classe C1
On considère sur R2 la fonction f(x,y)=x2ysin(1/x) si x=0, et f(x,y)=0 si x=0.
Étudier la continuité de f.
Étudier l'existence des dérivées partielles de f.
Calculer les dérivées partielles là où elles existent.
Montrer que f n'est pas de classe C1 sur R2.
Donner le domaine D de R2 sur lequel f est de classe C1.
◀الحل
1. Pour x=0, f est continue (produit de fonctions continues). En un point (0,y0) : ∣f(x,y)∣≤x2∣y∣→0 lorsque (x,y)→(0,y0), et f(0,y0)=0. Donc f est continue sur R2.
2-3. Pour x=0 : ∂x∂f=2xysin(1/x)−ycos(1/x) et ∂y∂f=x2sin(1/x). En x=0 : ∂x∂f(0,y)=limh→0hh2ysin(1/h)=limh→0hysin(1/h)=0 et ∂y∂f(0,y)=0. Les deux dérivées partielles existent partout.
4. En un point (0,y) avec y=0, ∂x∂f=2xysin(1/x)−ycos(1/x) n'a pas de limite quand x→0 (le terme ycos(1/x) oscille). Donc ∂f/∂x n'est pas continue en (0,y), y=0 : f n'est pas C1 sur R2.
5. Sur {x=0} les dérivées partielles sont continues. En (0,0) : ∣2xysin(1/x)∣≤2∣xy∣→0 et ∣ycos(1/x)∣≤∣y∣→0, donc ∂f/∂x→0=∂f/∂x(0,0), et ∂f/∂y=x2sin(1/x)→0 : f est C1 en (0,0). Ainsi D={(x,y):x=0}∪{(0,0)}=R2∖{(0,y):y=0}.
التمرين 4
Convergence simple et uniforme de deux séries de fonctions
#séries de fonctions#convergence simple#convergence uniforme#séries alternées#série télescopique
Étudier la convergence simple et uniforme de la série de fonctions ∑un(x) dans les cas suivants :
fn(x)=x2+n(−1)n, x∈R, n≥1.
fn(x)=(1+nx)(1+(n+1)x)x, x≥0, n≥1.
◀الحل
Cas 1. Pour x fixé, x2+n1 décroît vers 0 : le critère des séries alternées donne la convergence simple sur R. Le reste vérifie ∣Rn(x)∣≤∣fn+1(x)∣=x2+n+11≤n+11→0, borne indépendante de x : la convergence est uniforme sur R. (La série n'est pas normalement convergente car ∑x2+n1 diverge.)
Cas 2. Décomposition télescopique : fn(x)=1+nx1−1+(n+1)x1, donc SN(x)=1+x1−1+(N+1)x1. Limite simple : pour x>0, SN(x)→1+x1 ; pour x=0, tous les termes sont nuls donc S(0)=0. La somme S est donc discontinue en 0 (limite 1 à droite, valeur 0), alors que chaque SN est continue : la convergence n'est pas uniforme sur [0,+∞[. Elle est en revanche uniforme sur tout [a,+∞[ avec a>0.