Faculté des Sciences Exactes et Informatique, Concours d'accès au Doctorat 2022-2023, Épreuve Commune, 21/01/2023, Durée 2h
التمرين 1
Exercice 1 (Chlef 2023) — Identité de la médiane dans un espace préhilbertien
#espaces préhilbertiens#identité du parallélogramme#médiane
Soit H un espace préhilbertien réel. Démontrer que pour tous x,y,z∈H :
∥x−z∥2+∥y−z∥2=22x+y−z2+21∥x−y∥2.
(Identité de la médiane).
Généralisation vectorielle du théorème d'Apollonius : dans un triangle, la somme des carrés de deux côtés est égale à deux fois le carré de la médiane plus la moitié du carré du troisième côté. C'est aussi équivalent à l'identité du parallélogramme (qui caractérise les normes hilbertiennes).
◀الحل
Posons m=(x+y)/2. On écrit x−z=(x−m)+(m−z) et y−z=(y−m)+(m−z). Or x−m=(x−y)/2 et y−m=(y−x)/2=−(x−y)/2.
Exercice 2 (Chlef 2023) — Espaces métriques : fonction $h(x)=d(x,A)/(d(x,A)+d(x,B))$
#espaces métriques#distance à un fermé#séparation#lemme d'Urysohn
Soit (X,d) un espace métrique et A,B deux fermés disjoints non vides de X.
Montrer que la fonction x↦d(x,A) est 1-Lipschitzienne.
Montrer que d(x,A)+d(x,B)>0 pour tout x∈X.
On définit h:X→[0,1] par h(x)=d(x,A)+d(x,B)d(x,A). Montrer que h est continue, que h(x)=0 ssi x∈A et h(x)=1 ssi x∈B.
En déduire qu'il existe deux ouverts disjoints U,V tels que A⊂U et B⊂V (normalité de tout espace métrique).
La fonction h est une fonction d'Urysohn explicite dans le cadre métrique. Elle prouve que tout espace métrique est normal (T4) : deux fermés disjoints peuvent être séparés par des ouverts (et même par une fonction continue). Dans le cas topologique général, l'existence d'une telle fonction est le lemme d'Urysohn.
◀الحل
Pour x,y∈X et a∈A : d(x,A)≤d(x,a)≤d(x,y)+d(y,a). En prenant l'inf sur a∈A : d(x,A)≤d(x,y)+d(y,A), soit d(x,A)−d(y,A)≤d(x,y). Par symétrie, ∣d(x,A)−d(y,A)∣≤d(x,y) : Lipschitz de constante 1.
Si d(x,A)+d(x,B)=0, alors d(x,A)=d(x,B)=0. Comme A,B fermés : x∈A∩B=∅, contradiction. Donc d(x,A)+d(x,B)>0.
h est continue comme quotient de fonctions continues avec dénominateur non nul. h(x)=0⇔d(x,A)=0⇔x∈A=A. h(x)=1⇔d(x,A)=d(x,A)+d(x,B)⇔d(x,B)=0⇔x∈B.
Posons U=h−1([0,1/2[) et V=h−1(]1/2,1]). Ce sont deux ouverts (images réciproques d'ouverts par une application continue), disjoints, et A⊂U (car h=0 sur A), B⊂V (car h=1 sur B).
التمرين 3
Exercice 3 (Chlef 2023) — Fonction $x^2 y \sin(1/x)$ sur $\mathbb{R}^2$ : continuité, dérivabilité partielle, différentiabilité
#calcul différentiel#dérivées partielles#différentiabilité#fonctions de plusieurs variables
Soit f:R2→R définie par
f(x,y)={x2ysin(1/x)0si x=0si x=0.
Montrer que f est continue sur R2.
Calculer ∂x∂f(x,y) et ∂y∂f(x,y) pour (x,y)=(0,y) et pour x=0.
Les dérivées partielles sont-elles continues en (0,0) ?
f est-elle différentiable en (0,0) ?
Contre-exemple classique : «continuûment C1» implique différentiable, mais la réciproque est fausse. Ici on a différentiabilité sans continuité des dérivées partielles.
◀الحل
Continuité : Pour x=0, f est continue comme composée de fonctions continues. En (0,y0) : ∣f(x,y)∣=∣x∣2∣y∣∣sin(1/x)∣≤x2∣y∣→0 quand (x,y)→(0,y0). Donc lim=0=f(0,y0), continue.
Dérivées partielles :
Pour x=0 : ∂xf=2xysin(1/x)+x2y⋅(−1/x2)cos(1/x)=2xysin(1/x)−ycos(1/x). ∂yf=x2sin(1/x).
En x=0 : ∂xf(0,y)=limh→0hf(h,y)−f(0,y)=limh→0hysin(1/h)=0 (car ∣hysin(1/h)∣≤∣h∣∣y∣→0). ∂yf(0,y)=limk→0kf(0,y+k)−f(0,y)=0.
Continuité des dérivées partielles en (0,0) :
∂yf(x,y)=x2sin(1/x) pour x=0 ; →0 quand x→0 (car ∣x2sin(1/x)∣≤x2). ∂yf(0,0)=0. Continue.
∂xf(x,y)=2xysin(1/x)−ycos(1/x) pour x=0. Le premier terme tend vers 0 mais ycos(1/x) n'a pas de limite quand x→0 (à y=0 fixé, oscille). Donc ∂xf n'est pas continue en (0,0).
Différentiabilité en (0,0) : le candidat différentielle est df(0,0)(h,k)=h∂xf(0,0)+k∂yf(0,0)=0. Il faut montrer que h2+k2f(h,k)−0−0→0. Or ∣f(h,k)∣=h2∣k∣∣sin(1/h)∣≤h2∣k∣. Donc h2+k2∣f(h,k)∣≤h2+k2h2∣k∣≤h2 (car ∣k∣≤h2+k2), qui →0. Donc f est différentiable en (0,0) même si ∂xf n'est pas continue en ce point.
التمرين 4
Exercice 4 (Chlef 2023) — Séries de fonctions et convergence
#séries de fonctions#convergence uniforme#convergence normale
Soit la série de fonctions n≥1∑fn où fn(x)=n+x2(−1)n pour x∈R.
Montrer que la série converge simplement sur R.
Montrer que la série converge uniformément sur R.
La convergence est-elle normale sur R ?
La somme S(x)=∑n≥1fn(x) est-elle continue sur R ?
Cas typique montrant que CVU ⇒ CVN. Les séries alternées fournissent souvent ce genre d'exemples : la structure alternée crée des compensations qui rendent la CVU plus faible que la CVN.
◀الحل
CVS : pour x fixé, un=1/(n+x2) est décroissante et tend vers 0. Par le critère des séries alternées (Leibniz), ∑(−1)nun converge.
CVU : le reste RN(x)=∑n≥N+1(−1)n/(n+x2) vérifie ∣RN(x)∣≤uN+1(x)=1/(N+1+x2)≤1/(N+1). Donc supx∈R∣RN(x)∣≤1/(N+1)→0. CVU sur R.
CVN : ∥fn∥∞=supx1/(n+x2)=1/n (atteint en x=0). Or ∑1/n diverge. Donc pas de convergence normale.
Chaque fn est continue sur R, la CVU implique que S est continue sur R.