Soit E un espace vectoriel normé réel dont la norme vérifie l'identité du parallélogramme :
∥x+y∥2+∥x−y∥2=2∥x∥2+2∥y∥2∀x,y∈E.
On pose S(x,y)=41(∥x+y∥2−∥x−y∥2).
Montrer que S(x,x)=∥x∥2 et que S est symétrique.
Montrer que S(x+x′,y)=S(x,y)+S(x′,y) pour tous x,x′,y∈E.
Montrer que S(rx,y)=rS(x,y) pour tout r∈Q, puis par continuité pour tout r∈R.
En déduire que S est un produit scalaire et que E est préhilbertien.
◀الحل
1.
S(x,x)=41(∥2x∥2−∥0∥2)=41⋅4∥x∥2=∥x∥2. Comme ∥x−y∥=∥y−x∥, on a S(x,y)=S(y,x).
S(x,x)=∥x∥2,Ssymeˊtrique.
2.
En appliquant l'identité du parallélogramme aux couples (x+z,y+z) puis (x−z,y−z), on obtient après soustraction (avec u=x+y) :
∥x+z∥2−∥x−z∥2+∥y+z∥2−∥y−z∥2=21(∥u+2z∥2−∥u−2z∥2),
c'est-à-dire S(x,z)+S(y,z)=21S(u,2z). En prenant y=0 (et S(0,z)=0), il vient S(x,2z)=2S(x,z), donc
S(x,z)+S(y,z)=21S(x+y,2z)=S(x+y,z).
S(x+x′,y)=S(x,y)+S(x′,y).
3.
Par additivité (question 2), une récurrence donne S(nx,y)=nS(x,y) pour n∈N, puis pour n∈Z (car S(−x,y)=−S(x,y)). Pour r=qp∈Q, qS(qpx,y)=S(px,y)=pS(x,y), d'où S(rx,y)=rS(x,y). Enfin, r↦S(rx,y) est continue (la norme l'est), et Q est dense dans R, donc l'égalité s'étend à tout r∈R.
S(rx,y)=rS(x,y)∀r∈R.
4.
Des questions 2 et 3, S est linéaire en la première variable, et symétrique, donc bilinéaire symétrique. De plus S(x,x)=∥x∥2≥0 et S(x,x)=0⟺x=0. Donc S est un produit scalaire, et la norme ∥x∥=S(x,x) en dérive :
Soit (X,d) un espace métrique. Pour A⊂X non vide, on pose d(x,A)=infa∈Ad(x,a).
Montrer que l'application x↦d(x,A) est 1-lipschitzienne.
Montrer que d(x,A)=0⟺x∈A.
Soient A,B deux fermés disjoints non vides. On pose h(x)=d(x,A)+d(x,B)d(x,A). Montrer que h est bien définie, continue, avec h≡0 sur A et h≡1 sur B.
En déduire l'existence de deux ouverts disjoints U⊃A et V⊃B.
◀الحل
1.
Pour tout a∈A, d(x,A)≤d(x,a)≤d(x,y)+d(y,a) ; en passant à la borne inférieure sur a, d(x,A)≤d(x,y)+d(y,A). Par symétrie, ∣d(x,A)−d(y,A)∣≤d(x,y).
x↦d(x,A)est1-lipschitzienne.
2.
d(x,A)=0 signifie que pour tout ε>0 il existe a∈A avec d(x,a)<ε, c'est-à-dire que x est limite de points de A :
d(x,A)=0⟺x∈A.
3.
A,B étant fermés disjoints, on a d(x,A)+d(x,B)>0 pour tout x : sinon d(x,A)=d(x,B)=0 donnerait x∈A∩B=A∩B=∅, absurde. Donc h est bien définie et continue (quotient de fonctions continues à dénominateur non nul). Si x∈A, d(x,A)=0 donc h(x)=0 ; si x∈B, d(x,B)=0 donc h(x)=1.
hcontinue,h∣A=0,h∣B=1.
4.
Posons U=h−1([0,21)) et V=h−1((21,1]). Ce sont des ouverts (images réciproques d'ouverts par h continue), disjoints, avec A⊂U et B⊂V.
Tout espace meˊtrique est normal.
التمرين 3
Exercice 3 — Continuité, dérivées partielles et classe C¹
Étudier la convergence simple et la convergence uniforme des séries de fonctions suivantes.
n≥1∑fn avec fn(x)=x2+n(−1)n, x∈R.
n≥1∑gn avec gn(x)=(1+nx)(1+(n+1)x)x, x∈[0,+∞[.
◀الحل
1.
Pour x fixé, la suite (x2+n1)n est positive, décroissante et tend vers 0 : par le critère de Leibniz, la série converge simplement sur R. Le reste vérifie
∣RN(x)∣≤x2+N+11≤N+11N→∞0,
borne indépendante de x : la convergence est uniforme sur R (mais non normale, car ∑x2+n1 diverge).
Convergence simple et uniforme sur R.
2.
On reconnaît une somme télescopique : pour x>0,
gn(x)=1+nx1−1+(n+1)x1.
Donc ∑n=1Ngn(x)=1+x1−1+(N+1)x1. Pour x>0, cela tend vers 1+x1 ; pour x=0, gn(0)=0 donc la somme vaut 0. La série converge donc simplement sur [0,+∞[ vers
S(x)={1+x10x>0x=0.
La somme S est discontinue en 0 (car limx→0+S(x)=1=0), alors que chaque somme partielle est continue : la convergence n'est pas uniforme sur [0,+∞[. En revanche, sur tout [a,+∞[ avec a>0, le reste 1+(N+1)x1≤1+(N+1)a1→0 uniformément : la convergence y est uniforme.
Simple sur [0,∞[,uniforme sur [a,∞[(a>0),non uniforme en 0.