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مسابقة دكتوراه 2025Université Larbi Ben M'Hidi - Oum El Bouaghi — الموضوع 02

مسابقة تخصص · Systèmes Dynamiques

Concours de Doctorat 2025 — Équations différentielles, Sujet 03 (22/02/2025)

التمرين 1

Problème de Cauchy $x' = 2te^{-t^2}x$ : existence globale et parité

#équations différentielles#théorème de Cauchy-Lipschitz#solution maximale#existence globale

On considère le problème de Cauchy (PC)(PC) :

x(t)=2tet2x(t),x(0)=1.x'(t) = 2t\,e^{-t^2}x(t), \qquad x(0) = 1.

  1. Justifier l'existence et l'unicité d'une solution maximale xx de (PC)(PC), définie sur un intervalle ouvert maximal I=]β,β[I = \,]{-\beta}, \beta[ (éventuellement β=+\beta = +\infty).
  2. Soit y(t)=x(t)y(t) = x(-t). Montrer que yy est solution du même problème de Cauchy et en déduire que II est symétrique et que xx est paire.
  3. Montrer que x(t)1x(t) \geq 1 et x(t)0x'(t) \geq 0 pour t[0,β[t \in [0, \beta[, puis que x(t)2tet2x(t)x'(t) \leq 2t\,e^{-t^2}\cdot x(t)... (on établira une majoration explicite de xx).
  4. En intégrant l'équation, montrer que x(t)e1et2ex(t) \leq e^{1-e^{-t^2}} \leq e pour tout t[0,β[t \in [0,\beta[.
  5. En déduire que la solution maximale est globale, c'est-à-dire β=+\beta = +\infty.

Remarque : Cette équation se résout explicitement par séparation des variables : x(t)=exp(1et2)x(t) = \exp(1-e^{-t^2}), ce qui confirme directement la parité, la borne et l'existence globale sans recourir au théorème des bouts. L'exercice illustre néanmoins la méthode générale (a priori bounds + théorème des bouts) utilisable même sans solution explicite.

الحل

1. Existence et unicité

La fonction f(t,x)=2tet2xf(t,x) = 2te^{-t^2}x est continue sur R2\mathbb{R}^2 et de classe C1C^1 en xx (linéaire en xx à coefficient continu en tt), donc localement lipschitzienne en xx, uniformément en tt sur tout compact. Par le théorème de Cauchy-Lipschitz, (PC)(PC) admet une unique solution maximale xx, définie sur un intervalle ouvert maximal I=]β,β[0I = \,]{-\beta},\beta[ \ni 0 :

!x:IR solution maximale de (PC).\boxed{\exists ! \, x : I \to \mathbb{R} \text{ solution maximale de } (PC).}

2. Parité de xx et symétrie de II

Soit y(t)=x(t)y(t) = x(-t), définie sur I=]β,β[=I-I = \,]{-\beta},\beta[= I (même intervalle, car II centré en 00... on le vérifie a posteriori). On a y(t)=x(t)=2(t)et2x(t)=2tet2y(t)y'(t) = -x'(-t) = -2(-t)e^{-t^2}x(-t) = 2te^{-t^2}y(t), et y(0)=x(0)=1y(0) = x(0) = 1. Donc yy est aussi solution de (PC)(PC) sur I-I.

Par unicité de la solution maximale (le domaine maximal est unique), I=I-I = I : II est symétrique par rapport à 00, donc I=]β,β[I = \,]{-\beta},\beta[ avec le même β\beta des deux côtés. De plus, yy et xx coïncident sur II tout entier (unicité), soit x(t)=x(t)x(-t) = x(t) :

x est paire sur I=]β,β[.\boxed{x \text{ est paire sur } I = \,]{-\beta},\beta[.}

3. Croissance et signe sur [0,β[[0,\beta[

Comme xx ne s'annule jamais (l'équation étant linéaire homogène en xx avec x(0)=10x(0)=1\neq0, et par unicité x0x\equiv 0 serait l'unique solution s'annulant quelque part), et x(0)=1>0x(0)=1>0, par continuité x(t)>0x(t) > 0 sur II.

Pour t[0,β[t \in [0,\beta[ : 2tet202te^{-t^2} \geq 0, donc x(t)=2tet2x(t)0x'(t) = 2te^{-t^2}x(t) \geq 0 (car x>0x>0) : xx est croissante sur [0,β[[0,\beta[, donc x(t)x(0)=1x(t) \geq x(0) = 1.

x(t)1 et x(t)0 sur [0,β[.\boxed{x(t) \geq 1 \text{ et } x'(t) \geq 0 \text{ sur } [0,\beta[.}

4. Majoration explicite de xx

On réécrit x(t)x(t)=2tet2\dfrac{x'(t)}{x(t)} = 2te^{-t^2} (licite car x>0x>0), et on intègre entre 00 et t<βt < \beta :

lnx(t)lnx(0)=0t2ses2ds=[es2]0t=1et2.\ln x(t) - \ln x(0) = \int_0^t 2se^{-s^2}\,ds = \Big[-e^{-s^2}\Big]_0^t = 1 - e^{-t^2}.

Comme x(0)=1x(0)=1 :

x(t)=e1et2.x(t) = e^{1-e^{-t^2}}.

Or et2]0,1]e^{-t^2} \in \,]0,1] pour t0t\geq0, donc 1et2[0,1[1-e^{-t^2} \in [0,1[, d'où :

1x(t)=e1et2epour tout t[0,β[.\boxed{1 \leq x(t) = e^{1-e^{-t^2}} \leq e \quad \text{pour tout } t \in [0,\beta[.}

(Remarque : ici on obtient même la solution exacte, ce qui confirme et renforce l'estimation demandée.)

5. Existence globale

La solution xx reste bornée (1x(t)e1 \leq x(t) \leq e) sur [0,β[[0,\beta[. Si l'on avait β<+\beta < +\infty, le théorème des bouts (critère d'explosion en temps fini) affirmerait que x(t)+|x(t)| \to +\infty quand tβt \to \beta^- (puisque ff est définie et continue sur R×R\mathbb{R}\times\mathbb{R} tout entier, la seule façon de ne pas pouvoir prolonger est l'explosion). Or xx est bornée par ee : contradiction. Donc β=+\beta = +\infty, et par symétrie (question 2) le domaine est R\mathbb{R} tout entier :

x est deˊfinie et solution sur R tout entier  (I=R).\boxed{x \text{ est définie et solution sur } \mathbb{R} \text{ tout entier} \; (I = \mathbb{R}).}

التمرين 2

Équation de Riccati $x' = x^2+\beta^2$ : solutions explicites et intervalle maximal

#équations différentielles#équation de Riccati#tangente#intervalle maximal

Soit β>0\beta > 0 fixé. On considère l'équation différentielle :

dxdt=x2+β2.\frac{dx}{dt} = x^2 + \beta^2.

Pour aRa \in \mathbb{R}, on note ψβ\psi_\beta la solution maximale telle que ψβ(a)=0\psi_\beta(a) = 0.

  1. Montrer, par séparation des variables, que ψβ(t)=βtan(β(ta))\psi_\beta(t) = \beta\tan\big(\beta(t-a)\big).
  2. Déterminer l'intervalle de définition maximal IβI_\beta de ψβ\psi_\beta.
  3. Vérifier, via le théorème des bouts, que ψβ\psi_\beta explose bien en temps fini aux bornes de IβI_\beta.

Remarque : L'équation de Riccati x=x2+β2x'=x^2+\beta^2 est l'exemple canonique d'explosion en temps fini pour une équation à second membre pourtant globalement défini et régulier sur R2\mathbb{R}^2 ; la durée de vie π/β\pi/\beta diminue quand β\beta augmente (la non-linéarité effective est plus forte).

الحل

1. Résolution par séparation des variables

L'équation x=x2+β2x' = x^2+\beta^2 est à variables séparables (et x2+β2>0x^2+\beta^2 > 0 toujours) :

dxx2+β2=dt    1βarctan(xβ)=t+C.\frac{dx}{x^2+\beta^2} = dt \implies \frac{1}{\beta}\arctan\left(\frac{x}{\beta}\right) = t + C.

Avec la condition ψβ(a)=0\psi_\beta(a) = 0 : 1βarctan(0)=a+C    C=a\frac{1}{\beta}\arctan(0) = a + C \implies C = -a. Donc :

arctan(xβ)=β(ta)    ψβ(t)=βtan(β(ta)).\arctan\left(\frac{x}{\beta}\right) = \beta(t-a) \implies \boxed{\psi_\beta(t) = \beta\tan\big(\beta(t-a)\big).}

2. Intervalle maximal

La fonction tan\tan est définie sur ]π2,π2[\left]-\frac{\pi}{2}, \frac{\pi}{2}\right[ (modulo π\pi), donc ψβ(t)\psi_\beta(t) est définie tant que β(ta)]π2,π2[\beta(t-a) \in \,\left]-\frac{\pi}{2},\frac{\pi}{2}\right[, soit :

Iβ=]aπ2β,  a+π2β[.\boxed{I_\beta = \left]a - \frac{\pi}{2\beta},\; a + \frac{\pi}{2\beta}\right[.}

3. Explosion en temps fini (théorème des bouts)

Quand t(a+π2β)t \to \left(a+\frac{\pi}{2\beta}\right)^-, β(ta)π2\beta(t-a) \to \frac{\pi}{2}^-, donc tan(β(ta))+\tan(\beta(t-a)) \to +\infty, d'où ψβ(t)+\psi_\beta(t) \to +\infty. De même, ψβ(t)\psi_\beta(t) \to -\infty quand t(aπ2β)+t \to \left(a-\frac{\pi}{2\beta}\right)^+.

Ceci confirme le théorème des bouts : puisque f(t,x)=x2+β2f(t,x) = x^2+\beta^2 est définie et C1C^1 sur R2\mathbb{R}^2 tout entier, la seule obstruction à prolonger la solution au-delà des bornes de IβI_\beta est l'explosion en valeur absolue, ce qui est bien le cas ici :

limt(a±π/2β)ψβ(t)=+.\boxed{\lim_{t \to (a\pm\pi/2\beta)^{\mp}} |\psi_\beta(t)| = +\infty.}

التمرين 3

Système hamiltonien $x'=y,\ y'=-x+x^3$ : équilibres et stabilité

#systèmes dynamiques#points d'équilibre#stabilité#fonction de Lyapunov#système hamiltonien

On considère le système différentiel plan :

{x=yy=x+x3.\begin{cases} x' = y \\ y' = -x + x^3. \end{cases}

  1. Déterminer les points d'équilibre du système.
  2. Calculer la matrice jacobienne en chaque point d'équilibre et étudier sa nature (valeurs propres).
  3. Montrer que H(x,y)=y22+x22x44H(x,y) = \dfrac{y^2}{2} + \dfrac{x^2}{2} - \dfrac{x^4}{4} est une intégrale première du système (constante le long des trajectoires).
  4. En utilisant HH comme fonction de Lyapunov locale, montrer que l'origine (0,0)(0,0) est un point d'équilibre stable (mais pas asymptotiquement stable).

Remarque : Ce système dérive du potentiel V(x)=x22x44V(x) = \frac{x^2}{2}-\frac{x^4}{4} (oscillateur non linéaire, équation de Duffing sans amortissement) ; HH représente l'énergie totale (cinétique + potentielle), conservée car le système est hamiltonien (non dissipatif), ce qui explique structurellement l'existence d'orbites fermées autour du centre.

الحل

1. Points d'équilibre

On résout y=0y = 0 et x+x3=x(x21)=0-x+x^3 = x(x^2-1) = 0, soit x{0,1,1}x \in \{0, 1, -1\} :

(0,0),(1,0),(1,0).\boxed{(0,0), \quad (1,0), \quad (-1,0).}

2. Jacobienne et nature des équilibres

Le champ est F(x,y)=(y,x+x3)F(x,y) = (y,\, -x+x^3), de jacobienne :

J(x,y)=(013x210).J(x,y) = \begin{pmatrix} 0 & 1 \\ 3x^2 - 1 & 0 \end{pmatrix}.

En (0,0)(0,0) : J(0,0)=(0110)J(0,0) = \begin{pmatrix}0&1\\-1&0\end{pmatrix}, valeurs propres λ=±i\lambda = \pm i (imaginaires pures) : cas critique (linéarisation non conclusive ; centre linéaire).

En (±1,0)(\pm1,0) : J(±1,0)=(0120)J(\pm1,0) = \begin{pmatrix}0&1\\2&0\end{pmatrix}, équation caractéristique λ22=0\lambda^2 - 2 = 0, valeurs propres λ=±2\lambda = \pm\sqrt2 (réelles de signes opposés) :

(±1,0) sont des points-selles (cols), instables.\boxed{(\pm1,0) \text{ sont des points-selles (cols), instables.}}

3. Intégrale première HH

Calculons la dérivée de HH le long d'une trajectoire (x(t),y(t))(x(t),y(t)) :

ddtH(x,y)=Hxx+Hyy=(xx3)y+y(x+x3)=0.\frac{d}{dt}H(x,y) = \frac{\partial H}{\partial x}x' + \frac{\partial H}{\partial y}y' = (x - x^3)\cdot y + y\cdot(-x+x^3) = 0.

H est constante le long des trajectoires (inteˊgrale premieˋre).\boxed{H \text{ est constante le long des trajectoires (intégrale première).}}

4. Stabilité de l'origine par la fonction de Lyapunov HH

Au voisinage de (0,0)(0,0) : H(x,y)=x2+y22x44H(x,y) = \dfrac{x^2+y^2}{2} - \dfrac{x^4}{4}. Pour (x,y)(x,y) assez proche de (0,0)(0,0) (par exemple x<1|x| < 1), le terme x44\frac{x^4}{4} est dominable par x22\frac{x^2}{2}, et l'on peut montrer que HH est définie positive au voisinage de l'origine (i.e. H(x,y)>0H(x,y) > 0 pour (x,y)(0,0)(x,y)\neq(0,0) proche de 00, avec H(0,0)=0H(0,0)=0) : en effet H(x,y)x22(1x22)+y22>0H(x,y) \geq \frac{x^2}{2}(1-\frac{x^2}{2}) + \frac{y^2}{2} > 0 pour 0<x2<20<x^2<2.

Comme H˙0\dot H \equiv 0 le long des trajectoires (question 3), HH est une fonction de Lyapunov (au sens large, H˙0\dot H \leq 0) pour l'origine. Le théorème de Lyapunov (version stabilité simple, H˙0\dot H \leq 0) garantit alors :

(0,0) est un eˊquilibre stable.\boxed{(0,0) \text{ est un équilibre stable.}}

Cependant, comme H˙0\dot H \equiv 0 (et non <0< 0 strictement en dehors de l'origine), les trajectoires proches de (0,0)(0,0) restent sur les courbes de niveau fermées {H=c}\{H = c\} (petites orbites périodiques autour du centre) sans converger vers (0,0)(0,0) :

(0,0) n’est PAS asymptotiquement stable  :c’est un centre (non lineˊaire).\boxed{(0,0) \text{ n'est PAS asymptotiquement stable} \; : \text{c'est un centre (non linéaire).}}