Concours Doctorat LMD 2022/2023 — Examen : Analyse et EDOs (4 février 2023)
التمرين 1
Laplacien en coordonnées polaires
Soit f une fonction de R2 dans R admettant des dérivées partielles d'ordre 2. Soit g=(g1,g2) la fonction de R+×[0,2π[ dans R2 définie par
g(r,θ)=(rcosθ,rsinθ).
1. On pose F=f∘g. Calculer ∂r∂F(r,θ) et ∂θ∂F(r,θ) en fonction de r,θ,∂x∂f(g(r,θ)),∂y∂f(g(r,θ)).
2. Calculer ∂x∂f(g(r,θ)),∂y∂f(g(r,θ)) et (∂x2∂2f+∂y2∂2f)(g(r,θ)) en fonction de r,θ et des dérivées partielles de F.
Remarque : c'est la formule classique du laplacien en polaires ; l'inversion du système de la question 1 en est la clef.
◀الحل
1. Dérivées de F=f∘g
Avec x=rcosθ,y=rsinθ, la règle de la chaîne donne
∂r∂F=cosθ∂x∂f+sinθ∂y∂f,∂θ∂F=−rsinθ∂x∂f+rcosθ∂y∂f.
2. Inversion et laplacien
En résolvant ce système linéaire en fx,fy :
∂x∂f=cosθ∂r∂F−rsinθ∂θ∂F,∂y∂f=sinθ∂r∂F+rcosθ∂θ∂F.
En dérivant une seconde fois et en additionnant, les termes croisés se simplifient et l'on obtient l'expression du laplacien en coordonnées polaires :
∂x2∂2f+∂y2∂2f=∂r2∂2F+r1∂r∂F+r21∂θ2∂2F.
التمرين 2
Série de fonctions $\sum x e^{-nx}/\ln n$
Pour n∈N avec n≥2, on définit sur I=[0,+∞[ la fonction
fn(x)=lnnxe−nx.
1. Montrer que ∑fn converge simplement sur [0,+∞[. On note S sa somme.
2. Montrer que ∑fn converge normalement sur tout intervalle [a,+∞[ (avec a>0), mais pas sur [0,+∞[.
3. Montrer que ∑fn converge uniformément sur [0,+∞[.
4. Montrer que S est continue sur [0,+∞[ et de classe C1 sur tout segment [a,b] de ]0,+∞[.
Remarque : exemple typique où la convergence uniforme sur [0,+∞[ a lieu sans convergence normale ; la régularité C1 ne s'obtient que loin de 0.
◀الحل
1. Convergence simple
En x=0 : fn(0)=0. Pour x>0 : fn(x)=lnnxe−nx et e−nx=(e−x)n avec e−x<1 ; la série géométrique ∑e−nx converge, donc ∑fn(x) converge. La convergence est simple sur [0,+∞[.
2. Convergence normale
Sur [a,+∞[ (a>0) : pour n assez grand 1/n<a, donc x↦xe−nx est décroissante sur [a,+∞[ et
supx≥afn(x)=lnnae−na,∑lnnae−na<+∞
(comparaison géométrique). Donc convergence normale sur [a,+∞[.
Sur [0,+∞[ : le maximum de xe−nx est atteint en x=1/n, d'où
∥fn∥∞=fn(n1)=enlnn1.
Or ∑nlnn1 diverge (série de Bertrand), donc pas de convergence normale sur [0,+∞[.
3. Convergence uniforme sur [0,+∞[
On majore le reste. Pour x≥0 :
0≤RN(x)=∑n>Nlnnxe−nx≤ln(N+1)1∑n>Nxe−nx=ln(N+1)1⋅1−e−xxe−(N+1)x.
Comme 1−e−x≥xe−x (car ex−1≥x), on a 1−e−xx≤ex, d'où
0≤RN(x)≤ln(N+1)exe−(N+1)x=ln(N+1)e−Nx≤ln(N+1)1N→∞0.
Le reste tend vers 0 uniformément : convergence uniforme sur [0,+∞[.
4. Régularité de S
Chaque fn est continue et la convergence est uniforme sur [0,+∞[, donc S est continue. Sur [a,b]⊂]0,+∞[ :
fn′(x)=lnne−nx(1−nx),sup[a,b]∣fn′∣≤lnn(1+nb)e−na,
terme général d'une série convergente. La série des dérivées converge normalement sur [a,b], donc S est de classe C1 sur [a,b] et
S∈C([0,+∞[)∩C1(]0,+∞[).
التمرين 3
Équation $xy''+y'+y=0$ et énergie associée
On considère l'équation différentielle sur R :
xy′′+y′+y=0.(1)
Soit f une solution de (1) et soit g la fonction définie sur [1,+∞[ par
g(x)=x(f′(x))2+f2(x).
1. Montrer que g est décroissante.
2. Montrer que g possède une limite ℓ quand x→+∞.
3. En déduire que f est bornée au voisinage de +∞.
4. Montrer que limx→+∞f′(x)=0.
5. Justifier la convergence des intégrales
∫1+∞(f′(x))2dx,∫1+∞xf′(x)f(x)dx,∫1+∞xf2(x)dx.
6. Montrer que ℓ=0.
7. En déduire limx→+∞f(x).
Remarque : l'équation (1) est de type Bessel (J0(2x)) ; la fonction g joue le rôle d'une énergie décroissante, technique standard pour majorer solutions et dérivées.
◀الحل
1. g décroissante
g′(x)=(f′)2+2xf′f′′+2ff′.
Or (1) donne xf′′=−f′−f, donc 2xf′f′′=2f′(−f′−f)=−2(f′)2−2ff′. Ainsi
g′(x)=(f′)2−2(f′)2−2ff′+2ff′=−(f′)2≤0.
Donc g est décroissante.
2. Limite de g
Sur [1,+∞[, g(x)=x(f′)2+f2≥0. Étant décroissante et minorée par 0, g converge vers une limite ℓ≥0.
3. f bornée
f2(x)≤g(x)≤g(1), donc ∣f∣≤g(1) : f est bornée au voisinage de +∞.
4. f′→0
x(f′)2≤g(x)≤g(1), donc (f′)2≤g(1)/x→0, d'où limx→+∞f′(x)=0.
5. Convergence des intégrales
(a)g′=−(f′)2 donne ∫1X(f′)2dx=g(1)−g(X)→g(1)−ℓ : l'intégrale converge.
(b)xf′f=2x1(f2)′. Une intégration par parties donne
∫1X2x(f2)′dx=[2xf2]1X+∫1X2x2f2dx.
Comme f est bornée, 2xf2→0 et ∫1+∞x2f2dx converge ; donc ∫1+∞xf′fdx converge.
(c) De (1) : (xf′)′=xf′′+f′=−f, donc f=−(xf′)′. Avec u=f/x et v=xf′, une intégration par parties donne
∫1Xxf2dx=−[ff′]1X+∫1X(f′)2dx−∫1Xxff′dx.
Comme ff′→0 (car f bornée et f′→0) et les deux intégrales du membre de droite convergent, ∫1+∞xf2dx converge.
6. ℓ=0
Pour x≥1 : xg(x)=(f′)2+xf2. D'après la question 5, ∫1+∞xg(x)dx converge. Mais g(x)→ℓ ; si ℓ>0 alors xg(x)∼xℓ et ∫1+∞xdx diverge — contradiction. Donc
ℓ=0.