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مسابقة دكتوراه 2021Université Mohamed Khider - Biskra — الموضوع 01

مسابقة تخصص · Analyse Fonctionnelle

Concours d'accès à la formation de troisième cycle (Doctorat LMD) — Épreuve : Espace de Banach et Hilbert, Sujet 1 (01/04/2021)

التمرين 1

Noyau fermé et continuité d'une forme linéaire : caractérisation via un hyperplan affine

#espaces vectoriels normés#formes linéaires#continuité#noyau#hyperplan

Soient EE un espace vectoriel normé et T:ERT:E\to\mathbb{R} une forme linéaire. On pose H=Ker(T)H=\mathrm{Ker}(T).

  1. Montrer que si TT est continue alors HH est fermé dans EE.

  2. Supposons que HH est fermé dans EE, soit aEa\in E tel que T(a)=1T(a)=1.

a- Montrer que l'ensemble a+H={a+x:xH}a+H=\{a+x:x\in H\} est fermé.

b- Montrer que 0a+H0\notin a+H.

c- Déduire qu'il existe r>0r>0 tel que B(0,r)(a+H)=B(0,r)\cap(a+H)=\varnothing.

d- Montrer que pour tout xB(0,r)x\in B(0,r) on a T(x)1|T(x)|\le1.

e- Déduire que TT est continue sur EE (remarquons que rx2xB(0,r)\dfrac{rx}{2\|x\|}\in B(0,r)).

Remarque : Ce résultat classique montre qu'une forme linéaire sur un espace vectoriel normé est continue si et seulement si son noyau est fermé — critère très utile car il évite de manipuler directement des inégalités de continuité.

الحل

1. TT continue H\Rightarrow H fermé

H=Ker(T)=T1({0})H=\mathrm{Ker}(T)=T^{-1}(\{0\}). Comme {0}\{0\} est fermé dans R\mathbb{R} et TT est continue, l'image réciproque d'un fermé par une application continue est fermée. Donc HH est fermé dans EE.

2a. a+Ha+H est fermé

La translation xa+xx\mapsto a+x est un homéomorphisme de EE dans lui-même (bijective, continue, d'inverse continue yyay\mapsto y-a). L'image d'un fermé (HH) par un homéomorphisme est fermée. Donc a+Ha+H est fermé.

2b. 0a+H0\notin a+H

Si 0a+H0\in a+H, il existerait xHx\in H avec 0=a+x0=a+x, soit a=xa=-x. Alors T(a)=T(x)=0T(a)=-T(x)=0 car xH=Ker(T)x\in H=\mathrm{Ker}(T). Mais T(a)=10T(a)=1\ne0 : contradiction. Donc 0a+H0\notin a+H.

2c. Existence de r>0r>0

a+Ha+H est fermé (2a) et ne contient pas 00 (2b), donc son complémentaire est un ouvert contenant 00. Il existe donc r>0r>0 tel que la boule B(0,r)B(0,r) soit entièrement contenue dans ce complémentaire, c'est-à-dire B(0,r)(a+H)=.B(0,r)\cap(a+H)=\varnothing. De façon équivalente, pour tout hHh\in H, a+hr\|a+h\|\ge r (sinon a+hB(0,r)(a+H)a+h\in B(0,r)\cap(a+H)).

2d. Majoration T(x)1|T(x)|\le1 sur B(0,r)B(0,r)

Soit xB(0,r)x\in B(0,r) et supposons par l'absurde t:=T(x)t:=T(x) vérifie t>1|t|>1 (si t=0t=0 l'inégalité est triviale). Posons z=xtz=\dfrac{x}{t} et h=zah=z-a. Alors T(h)=T(z)T(a)=T(x)t1=11=0,T(h)=T(z)-T(a)=\frac{T(x)}{t}-1=1-1=0, donc hHh\in H, et a+h=z=xta+h=z=\dfrac{x}{t}. D'après 2c, a+hr\|a+h\|\ge r, soit xtr    xrt.\Big\|\frac{x}{t}\Big\|\ge r \iff \|x\|\ge r\,|t|. Or t>1|t|>1, donc xrt>r\|x\|\ge r|t|>r, ce qui contredit xB(0,r)x\in B(0,r) (i.e. x<r\|x\|<r). Donc nécessairement T(x)1|T(x)|\le1 pour tout xB(0,r)x\in B(0,r).

2e. Continuité de TT sur EE

Soit xEx\in E, x0x\ne0. Le vecteur u=rx2xu=\dfrac{rx}{2\|x\|} vérifie u=r2<r\|u\|=\dfrac r2<r, donc uB(0,r)u\in B(0,r). D'après 2d, T(u)1|T(u)|\le1, soit T(rx2x)=r2xT(x)1    T(x)2rx.\Big|T\Big(\frac{rx}{2\|x\|}\Big)\Big|=\frac{r}{2\|x\|}\,|T(x)|\le1 \iff |T(x)|\le\frac{2}{r}\,\|x\|. Cette inégalité est triviale pour x=0x=0. Donc T(x)2rx,xE,|T(x)|\le\frac2r\|x\|,\qquad\forall x\in E, ce qui montre que TT est continue sur EE (bornée, avec T2/r\|T\|\le2/r).

H fermeˊ    T continue.\boxed{H\text{ fermé}\iff T\text{ continue}.}

التمرين 2

Théorème du graphe fermé et équivalence de deux normes de Banach sur $C([0,1])$

#théorème du graphe fermé#espaces de Banach#normes équivalentes#application identité

Soit E=C([0,1])E=C([0,1]) l'espace vectoriel des fonctions réelles continues sur [0,1][0,1]. On munit l'espace EE de deux normes \|\cdot\|_\infty, \|\cdot\| qui font de EE un espace de Banach où f=supt[0,1]f(t).\|f\|_\infty=\sup_{t\in[0,1]}|f(t)|. Soit l'application identité définie par Id:E1=(E,)E2=(E,).Id: E_1=(E,\|\cdot\|_\infty)\longrightarrow E_2=(E,\|\cdot\|). Supposons que si fn,fE tels que limn+fnf=0, alors limn+fn(t)=f(t) t[0,1].\text{si } f_n,f\in E \text{ tels que } \lim_{n\to+\infty}\|f_n-f\|=0, \text{ alors } \lim_{n\to+\infty}f_n(t)=f(t)\ \forall t\in[0,1].

1- Montrer que le graphe de IdId est fermé.

2- Montrer que l'application IdId est continue.

3- Montrer que l'application inverse Id1Id^{-1} est continue.

4- En déduire que les deux normes sont équivalentes.

Remarque : Cet exercice est une illustration typique de la puissance du théorème du graphe fermé : au lieu de vérifier directement la continuité (bornée) de IdId, il suffit de vérifier que son graphe est fermé, ce qui se ramène à un simple argument d'unicité de la limite.

الحل

1. Le graphe de IdId est fermé

Soit (fn,fn)n(f_n,f_n)_{n} une suite du graphe de IdId (i.e. Id(fn)=fnId(f_n)=f_n) convergeant dans E1×E2E_1\times E_2 vers (f,g)(f,g), c'est-à-dire fnfn0etfngn0.\|f_n-f\|_\infty\xrightarrow[n\to\infty]{}0 \qquad\text{et}\qquad \|f_n-g\|\xrightarrow[n\to\infty]{}0.

Conséquence de fnf0\|f_n-f\|_\infty\to0 : la convergence uniforme entraîne la convergence simple, donc fn(t)f(t)f_n(t)\to f(t) pour tout t[0,1]t\in[0,1].

Conséquence de fng0\|f_n-g\|\to0 : par l'hypothèse de l'énoncé appliquée à la norme \|\cdot\|, on a fn(t)g(t)f_n(t)\to g(t) pour tout t[0,1]t\in[0,1].

Par unicité de la limite dans R\mathbb{R}, f(t)=g(t)f(t)=g(t) pour tout t[0,1]t\in[0,1], donc f=gf=g. Ainsi (f,g)=(f,f)(f,g)=(f,f) appartient au graphe de IdId : le graphe de IdId est fermé.

2. Continuité de IdId

E1=(E,)E_1=(E,\|\cdot\|_\infty) et E2=(E,)E_2=(E,\|\cdot\|) sont tous deux des espaces de Banach (donné dans l'énoncé), et Id:E1E2Id:E_1\to E_2 est linéaire à graphe fermé (question 1). D'après le théorème du graphe fermé, IdId est continue de E1E_1 dans E2E_2.

3. Continuité de Id1Id^{-1}

Id1:E2E1Id^{-1}:E_2\to E_1 est également l'application identité (au niveau ensembliste), de graphe {(g,g):gE}E2×E1,\{(g,g):g\in E\}\subset E_2\times E_1, qui est fermé : c'est l'image du graphe fermé de IdId (question 1) par l'homéomorphisme d'échange de coordonnées (f,f)(f,f)(f,f)\mapsto(f,f) de E1×E2E_1\times E_2 dans E2×E1E_2\times E_1 (qui préserve les fermés). Comme E2E_2 et E1E_1 sont des Banach, le théorème du graphe fermé s'applique à nouveau : Id1Id^{-1} est continue de E2E_2 dans E1E_1.

(Alternative : Id:E1E2Id:E_1\to E_2 est une bijection linéaire continue entre espaces de Banach, donc par le théorème de l'application ouverte / de l'inverse borné, Id1Id^{-1} est automatiquement continue.)

4. Équivalence des normes

La continuité de IdId (question 2) fournit une constante C1>0C_1>0 telle que fC1f,fE.\|f\|\le C_1\,\|f\|_\infty,\qquad\forall f\in E. La continuité de Id1Id^{-1} (question 3) fournit une constante C2>0C_2>0 telle que fC2f,fE.\|f\|_\infty\le C_2\,\|f\|,\qquad\forall f\in E. Ces deux inégalités combinées donnent 1C2ffC1f,fE,\boxed{\frac1{C_2}\|f\|_\infty\le\|f\|\le C_1\|f\|_\infty,\qquad\forall f\in E,} c'est-à-dire que les normes \|\cdot\|_\infty et \|\cdot\| sont équivalentes.

التمرين 3

Une isométrie préhilbertienne fixant l'origine conserve le produit scalaire et est linéaire

#espaces préhilbertiens#isométries#produit scalaire#linéarité

Soit HH un espace préhilbertien réel et T:HHT:H\to H une isométrie, c'est-à-dire pour tout x,yHx,y\in H : T(x)T(y)=xy.\|T(x)-T(y)\|=\|x-y\|. De plus, supposons que T(0)=0T(0)=0.

1- Montrer que TT conserve le produit scalaire, c'est-à-dire pour tout x,yHx,y\in H : T(x),T(y)=x,y.\langle T(x),T(y)\rangle=\langle x,y\rangle.

2- Déduire que TT est linéaire (indication : développer T(x+y)T(x)T(y)2\|T(x+y)-T(x)-T(y)\|^2).

Remarque : Ce résultat (isométrie fixant l'origine \Rightarrow linéaire) est vrai plus généralement sur tout espace de Banach (théorème de Mazur–Ulam), mais la preuve dans le cadre préhilbertien est bien plus simple grâce à l'identité de polarisation reliant norme et produit scalaire.

الحل

1. Conservation du produit scalaire

En appliquant l'hypothèse d'isométrie avec y=0y=0 et T(0)=0T(0)=0 : T(x)=T(x)T(0)=x0=x,xH.\|T(x)\|=\|T(x)-T(0)\|=\|x-0\|=\|x\|,\qquad \forall x\in H. De même T(y)=y\|T(y)\|=\|y\| pour tout yHy\in H.

Par ailleurs, en développant T(x)T(y)2=xy2\|T(x)-T(y)\|^2=\|x-y\|^2 : T(x)22T(x),T(y)+T(y)2=x22x,y+y2.\|T(x)\|^2-2\langle T(x),T(y)\rangle+\|T(y)\|^2=\|x\|^2-2\langle x,y\rangle+\|y\|^2. En substituant T(x)=x\|T(x)\|=\|x\| et T(y)=y\|T(y)\|=\|y\|, les termes de norme s'annulent des deux côtés : 2T(x),T(y)=2x,y,-2\langle T(x),T(y)\rangle=-2\langle x,y\rangle, d'où T(x),T(y)=x,y,x,yH.\boxed{\langle T(x),T(y)\rangle=\langle x,y\rangle,\qquad\forall x,y\in H.}

2. Linéarité de TT

Additivité. Développons, en utilisant la conservation du produit scalaire (question 1, appliquée à (x+y,x)(x+y,x) et (x+y,y)(x+y,y) ainsi qu'à T(x+y)=x+y\|T(x+y)\|=\|x+y\|) : T(x+y)T(x)T(y)2=T(x+y)2+T(x)2+T(y)22T(x+y),T(x)2T(x+y),T(y)+2T(x),T(y).\|T(x+y)-T(x)-T(y)\|^2=\|T(x+y)\|^2+\|T(x)\|^2+\|T(y)\|^2-2\langle T(x+y),T(x)\rangle-2\langle T(x+y),T(y)\rangle+2\langle T(x),T(y)\rangle. En remplaçant chaque terme par son analogue non transformé (T(u)=u\|T(u)\|=\|u\| et T(u),T(v)=u,v\langle T(u),T(v)\rangle=\langle u,v\rangle pour tous u,vu,v) : =x+y2+x2+y22x+y,x2x+y,y+2x,y.=\|x+y\|^2+\|x\|^2+\|y\|^2-2\langle x+y,x\rangle-2\langle x+y,y\rangle+2\langle x,y\rangle. Or x+y2=x2+2x,y+y2\|x+y\|^2=\|x\|^2+2\langle x,y\rangle+\|y\|^2, x+y,x=x2+x,y\langle x+y,x\rangle=\|x\|^2+\langle x,y\rangle et x+y,y=x,y+y2\langle x+y,y\rangle=\langle x,y\rangle+\|y\|^2. En substituant : =(x2+2x,y+y2)+x2+y22(x2+x,y)2(x,y+y2)+2x,y=0.=\big(\|x\|^2+2\langle x,y\rangle+\|y\|^2\big)+\|x\|^2+\|y\|^2-2\big(\|x\|^2+\langle x,y\rangle\big)-2\big(\langle x,y\rangle+\|y\|^2\big)+2\langle x,y\rangle=0. Donc T(x+y)T(x)T(y)=0\|T(x+y)-T(x)-T(y)\|=0, soit T(x+y)=T(x)+T(y)T(x+y)=T(x)+T(y) pour tous x,yHx,y\in H.

Homogénéité. Pour λR\lambda\in\mathbb{R}, de même : T(λx)λT(x)2=T(λx)22λT(λx),T(x)+λ2T(x)2=λx22λλx,x+λ2x2\|T(\lambda x)-\lambda T(x)\|^2=\|T(\lambda x)\|^2-2\lambda\langle T(\lambda x),T(x)\rangle+\lambda^2\|T(x)\|^2=\|\lambda x\|^2-2\lambda\langle\lambda x,x\rangle+\lambda^2\|x\|^2 =λ2x22λ2x2+λ2x2=0,=\lambda^2\|x\|^2-2\lambda^2\|x\|^2+\lambda^2\|x\|^2=0, donc T(λx)=λT(x)T(\lambda x)=\lambda T(x).

Combinant additivité et homogénéité, TT est R\mathbb{R}-linéaire.