Concours d'accès au doctorat de mathématiques, Épreuve : Mathématiques fondamentales, Sujet 1, Université Mohamed Seddik Ben Yahia - Jijel, Faculté des Sciences Exactes et Informatique, Département de Mathématiques, 27 octobre 2018.
التمرين 1
Dérivée logarithmique g'/g d'une fonction à pôle : pôle simple et résidu
Soit g une fonction analytique (holomorphe) sur le domaine complexe D⊂C sauf au point z0∈D qui est un pôle d'ordre n0>0.
Quelle est la nature du point singulier z0 pour la fonction
h(z)=g(z)g′(z)?
Justifier votre réponse.
Calculer le résidu de h(z) au point z0.
◀الحل
1) Nature de z0 pour h=g′/g
Comme z0 est un pôle d'ordre n0 de g, on écrit au voisinage de z0g(z)=(z−z0)−n0φ(z),φholomorphe,φ(z0)=0.
Alors
g′(z)=−n0(z−z0)−n0−1φ(z)+(z−z0)−n0φ′(z),
et en divisant,
h(z)=g(z)g′(z)=z−z0−n0+φ(z)φ′(z).
Le second terme est holomorphe en z0 (car φ(z0)=0). Donc h a un pôle simple en z0.
z0 est un poˆle simple de h.
2) Résidu
Le coefficient de (z−z0)−1 est −n0 :
Res(h,z0)=−n0.
(De même, en un zéro d'ordre m, le résidu de g′/g vaut +m : c'est le principe de l'argument.)
التمرين 2
Formule de la couche (layer-cake) pour la norme L^p
Soit X un sous-ensemble mesurable de R, soit p∈]1,+∞[ et soit
Lp(X)={f:X→R∣f mesurable et ∥f∥Lp<+∞},∥f∥Lp=(∫X∣f(x)∣pdλ(x))1/p,
où λ est la mesure de Lebesgue. Pour t∈]0,+∞[ et f mesurable, on pose
A_f(t)=\{x\in X:|f(x)|>t\},\qquad m_f(t)=\lambda(A_f(t)).\tag{1}
Soit f∈Lp(X). Montrer que ∥f∥pp≥tpmf(t).
En tenant compte de (1) et en utilisant le théorème de Fubini-Tonelli, montrer que
p∫0+∞tp−1mf(t)dt=∫X∣f(x)∣pdλ(x).
◀الحل
1) Inégalité de Tchebychev
Sur Af(t) on a ∣f(x)∣>t, donc ∣f(x)∣p>tp. Alors
∥f∥pp=∫X∣f∣p≥∫Af(t)∣f∣p≥tpλ(Af(t))=tpmf(t).∥f∥pp≥tpmf(t).
2) Formule de la couche
Écrivons, pour chaque x, ∣f(x)∣p=∫0∣f(x)∣ptp−1dt=∫0+∞ptp−11{t<∣f(x)∣}dt. Intégrons en x et appliquons Fubini-Tonelli (intégrande positif) :
∫X∣f(x)∣pdλ(x)=∫X∫0+∞ptp−11{∣f(x)∣>t}dtdλ(x)=∫0+∞ptp−1(∫X1{∣f(x)∣>t}dλ(x))dt.
L'intégrale interne vaut λ(Af(t))=mf(t), d'où
p∫0+∞tp−1mf(t)dt=∫X∣f(x)∣pdλ(x).
التمرين 3
Opérateur diagonal A(x)=(xₙ/nᵃ) sur ℓ² comme limite d'opérateurs de rang fini
Soit E:=ℓ2(R) l'espace des suites réelles x=(xn)n≥1 vérifiant ∑n≥1xn2<∞, muni de la norme ∥x∥2=(∑n≥1xn2)1/2.
Soit A:E→E définie par x=(xn)n≥1↦A(x)=(nαxn)n≥1, avec α>21. Démontrer que A∈L(E) (linéaire continue).
Pour tout entier p≥1, on définit Ap:E→E par x↦Ap(x)=(1αx1,2αx2,…,pαxp,0,0,…). Vérifier que Ap∈L(E).
Démontrer que pour tout x∈E avec ∥x∥2≤1 : ∥A(x)−Ap(x)∥2≤(∑k=p+1∞k2α1)1/2.
En déduire que limp→∞Ap=A dans L(E).
◀الحل
1) A∈L(E)
Linéarité évidente. Comme α>0, nα1≤1, donc
∥A(x)∥22=∑n≥1n2αxn2≤∑n≥1xn2=∥x∥22.
Donc A(x)∈E et ∥A∥≤1 : A est bornée.
2) Ap∈L(E)
Ap est linéaire et ∥Ap(x)∥22=∑n=1pn2αxn2≤∥x∥22, donc bornée. C'est un opérateur de rang fini (≤p).
3) Estimation du reste
Pour ∥x∥2≤1 :
∥A(x)−Ap(x)∥22=∑n=p+1∞n2αxn2≤(supn>pn2α1)∑n>pxn2.
Plus finement, en majorant xn2≤∥x∥22≤1 terme à terme n'est pas optimal ; on utilise plutôt n2αxn2≤n2α1⋅1xn2 et ∑n>pxn2≤1, mais l'énoncé demande la borne
∥A(x)−Ap(x)∥2≤(∑k=p+1∞k2α1)1/2,
qui découle de n2αxn2≤n2α1 lorsque ∣xn∣≤1 (vrai car ∥x∥2≤1), puis sommation sur n>p. ✓
4) Convergence en norme d'opérateur
Comme α>21, la série de Riemann ∑kk−2α converge, donc son reste tend vers 0 :
∥A−Ap∥=sup∥x∥2≤1∥A(x)−Ap(x)∥2≤(∑k=p+1∞k2α1)1/2p→∞0.Ap→Adans L(E).
En particulier A, limite en norme d'opérateurs de rang fini, est compact.
التمرين 4
Sous-algèbre des matrices Aₐᵦ et isomorphisme avec ℂ
Soit Aa,b∈M3(R) tel que Aa,b=abbbabbba avec a,b∈R, a=b. Soit l'ensemble E={Aa,b:a,b∈R}.
Montrer que E est un sous-espace vectoriel de M3(R) engendré par I3 et une matrice B à déterminer. En déduire une base de E.
Calculer B2 et en déduire que E est stable par la multiplication dans M3(R).
Soit f l'application de E dans C telle que f(Aa,b)=a+b+ib avec i2=−1. Montrer que f est linéaire. Calculer kerf et en déduire que f est bijective ; déterminer f−1(1), f−1(i), et en déduire f−1(z) pour z=x+iy, x,y∈R.
◀الحل
1) Structure et base
Aa,b=aI3+bB avec
B=011101110=J−I3,J=matrice de coefficients tous 1.
Donc E=vect(I3,B) : c'est un sous-espace de dimension 2, de base {I3,B} (indépendantes car non proportionnelles).
2) B2 et stabilité
B2=(J−I)2=J2−2J+I=3J−2J+I=J+I=B+2I3.
(On a utilisé J2=3J.) Ainsi B2=2I3+B∈E. Pour un produit général,
Aa,bAc,d=(aI+bB)(cI+dB)=acI+(ad+bc)B+bdB2=(ac+2bd)I+(ad+bc+bd)B∈E.
Donc E est stable par multiplication (c'est une sous-algèbre commutative).
3) Isomorphisme avec C
Linéarité :f(Aa,b)=(a+b)+ib. Pour λ,μ∈R,
f(λAa,b+μAc,d)=f(Aλa+μc,λb+μd)=(λa+μc+λb+μd)+i(λb+μd)=λf(Aa,b)+μf(Ac,d).
Noyau :f(Aa,b)=0⟺(a+b)+ib=0⟺b=0 et a+b=0⟺a=b=0. Donc kerf={0}, finjective. Comme dimE=2=dimRC, f est bijective.
Antécédents :
f(Aa,b)=1⟺b=0,a+b=1⟺a=1,b=0, donc f−1(1)=A1,0=I3.
f(Aa,b)=i⟺b=1,a+b=0⟺a=−1,b=1, donc f−1(i)=A−1,1=−I3+B.
Par linéarité, pour z=x+iy : f−1(z)=xf−1(1)+yf−1(i)=xI3+y(−I3+B)=(x−y)I3+yB, soit
f−1(x+iy)=Ax−y,y=x−yyyyx−yyyyx−y.f est un isomorphisme d'algèbresE≅C.