Concours de Doctorat 2025 — Analyse 1, Sujet 3 (22/02/2025)
التمرين 1
Racine cubique de l'unité $j$ et puissances $j^n$
#nombres complexes#racines de l'unité#calcul algébrique
On pose j=−21+i23.
Montrer que j3=1 (on pourra écrire j sous forme exponentielle).
Montrer que jˉ=j2 et que j−1=j2.
Montrer que 1+j+j2=0.
En déduire une forme simplifiée de 1+j1.
Calculer jn pour tout n∈N suivant le reste de la division euclidienne de n par 3.
Remarque :j est la racine cubique primitive de l'unité ; les identités j3=1, 1+j+j2=0 et jˉ=j2 sont omniprésentes en algèbre (factorisation de x3−1, groupes cycliques, sommes de Gauss).
◀الحل
1. j3=1
On a ∣j∣=41+43=1 et argj=32π, donc :
j=e2iπ/3⟹j3=e2iπ=1.
2. Conjugué et inverse
jˉ=−21−i23=e−2iπ/3=e4iπ/3=j2.
De plus, j⋅j2=j3=1, donc :
j−1=j2=jˉ.
3. Somme 1+j+j2=0
Comme j=1 et j3=1 :
1+j+j2=j−1j3−1=j−10=0.
(Vérification directe : 1−21+i23−21−i23=0.)
4. Simplification de 1+j1
D'après 3., 1+j=−j2, donc :
1+j1=−j21=−j−2=−j3−2=−j,
car j−2=j−2⋅j3=j.
5. Puissances de j
Écrivons n=3q+r avec r∈{0,1,2}. Alors jn=(j3)q⋅jr=jr :
Montrer que (an) est croissante et (bn) est décroissante.
Montrer que (an) et (bn) sont adjacentes.
On rappelle que pour tout x>−1 : ln(1+x)≤x, et pour tout x<1 : x≤−ln(1−x). En déduire que pour tout n≥1 :
an≤ln2≤bn.
Conclure quant à la limite commune de (an) et (bn).
Remarque :an=H2n−Hn où Hn est la série harmonique ; ce résultat redonne la somme de la série harmonique alternée ∑k(−1)k+1=ln2.
◀الحل
1. Monotonie
an+1−an=2n+11+2n+21−n+11=2n+11−2n+21>0,
donc (an) est croissante.
bn+1−bn=2n1+2n+11−n1=2n+11−2n1<0,
donc (bn) est décroissante.
2. Suites adjacentes
bn−an=n1−2n1=2n1n→∞0,
et bn−an>0. Avec la monotonie de 1., les suites (an) et (bn) sont adjacentes ; elles convergent donc vers une même limite ℓ.
3. Encadrement par ln2
Majoration de an : pour chaque k, k1≤−ln(1−k1)... utilisons plutôt directement ln(1+x)≤x avec x=k1 :
ln(kk+1)=ln(1+k1)≤k1.
En sommant pour k de n à 2n−1 (téléscopage) :
ln(n2n)=ln2≤∑k=n2n−1k1=bn.
Minoration : avec x≤−ln(1−x) pour x=k1, soit k1≤ln(k−1k), en sommant pour k de n+1 à 2n :
an=∑k=n+12nk1≤ln(n2n)=ln2.
an≤ln2≤bnpour tout n≥1.
4. Conclusion
Les deux suites adjacentes convergent vers la même limite ℓ, et l'encadrement an≤ln2≤bn passe à la limite :
n→∞liman=n→∞limbn=ln2.
التمرين 3
Fonction concave s'annulant en deux points : théorème de Rolle et signe
#théorème de Rolle#concavité#fonctions dérivables#accroissements finis
Soit f:[a,b]→R une fonction de classe C2 telle que f′′≤0 sur [a,b] (fonction concave). On suppose qu'il existe c,d∈[a,b] avec c<d tels que :
f(c)=f(d)=0.
Montrer qu'il existe α∈]c,d[ tel que f′(α)=0.
Étudier le sens de variation de f′ et en déduire le signe de f′ sur [c,α] et sur [α,d].
En déduire que f(x)≥0 pour tout x∈[c,d].
Remarque : L'énoncé original de cet exercice est partiellement illisible sur le scan ; il a été reconstruit fidèlement à partir des questions visibles (Rolle, concavité, signe de f). Le résultat est la caractérisation classique : une fonction concave est au-dessus de ses cordes.
◀الحل
1. Existence de α (théorème de Rolle)
La fonction f est continue sur [c,d], dérivable sur ]c,d[, et f(c)=f(d)=0. Par le théorème de Rolle :
∃α∈]c,d[:f′(α)=0.
2. Signe de f′
Comme f′′≤0 sur [a,b], la dérivée f′ est décroissante. Puisque f′(α)=0 :
Pour x∈[c,α] : f′(x)≥f′(α)=0, donc f′≥0 — f est croissante sur [c,α].
Pour x∈[α,d] : f′(x)≤f′(α)=0, donc f′≤0 — f est décroissante sur [α,d].
3. Positivité de f sur [c,d]
Sur [c,α] : f est croissante et f(c)=0, donc f(x)≥f(c)=0.
Sur [α,d] : f est décroissante et f(d)=0, donc f(x)≥f(d)=0.
f(x)≥0pour tout x∈[c,d].
Interprétation géométrique : le graphe d'une fonction concave se situe au-dessus de chacune de ses cordes ; ici la corde joignant (c,0) à (d,0) est le segment de l'axe des abscisses.