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مسابقة دكتوراه 2016Université Abderrahmane Mira - Béjaïa — الموضوع 02

مسابقة عامة · الرياضيات · المدة: 2سا

Concours national d'entrée en Doctorat LMD — Épreuve commune: Mathématiques de base, Durée 02 heures, 08/10/2016 (sujet: étude de fonction et endomorphisme de $\mathbb R_1[x]$)

التمرين 1

Étude de $f(x)=x/\ln x$, suite récurrente vers $e$, et équation différentielle de Bernoulli

#analyse#étude de fonction#suites récurrentes#théorème des accroissements finis#équations différentielles#équation de Bernoulli

Soit ff la fonction réelle d'une variable réelle définie par f(x)=0f(x)=0 si x=0x=0, et f(x)=xlnxf(x)=\dfrac{x}{\ln x} sinon.

  1. Déterminer l'ensemble de définition de ff.
  2. Montrer que ff est de classe C1\mathscr C^1 sur [0,1[[0,1[.
  3. Étudier les variations de ff sur son domaine de définition.
  4. Soit (un)nN(u_n)_{n\in\mathbb N} la suite réelle définie par u0=3u_0=3, un+1=unlnun (nN)u_{n+1}=\dfrac{u_n}{\ln u_n}\ (\forall n\in\mathbb N). (a) Montrer que pour tout nNn\in\mathbb N, uneu_n\ge e. (b) Montrer que la suite (un)(u_n) est convergente puis déterminer sa limite. (c) Montrer que pour tout réel xex\ge e, 0f(x)140\le f'(x)\le\frac14. (d) En se servant du théorème des accroissements finis, montrer que pour tout nNn\in\mathbb N : un+1e14une|u_{n+1}-e|\le\frac14|u_n-e|. (e) En déduire que pour tout nNn\in\mathbb N : une(14)n|u_n-e|\le\left(\frac14\right)^n. (f) Sachant que 45>10004^5>1000, déterminer un entier n1n_1 à partir duquel unu_n est une valeur approchée du nombre ee à 101210^{-12} près.
  5. Considérons l'équation différentielle (en y=y(x)y=y(x)) : x2y+xy=y2(E1)-x^2y'+xy=y^2\quad(E_1). (a) Montrer que si yy est solution de (E1)(E_1) alors z=1/yz=1/y est solution d'une équation différentielle linéaire du premier ordre (E2)(E_2) que l'on précisera. (b) Résoudre (E2)(E_2) sur ]0,+[]0,+\infty[ puis justifier que ces solutions sont toutes de la forme z(x)=ln(ax)xz(x)=\dfrac{\ln(ax)}x (avec a>0a>0). (c) En déduire les solutions de (E1)(E_1).

On retrouve dans cet exercice le nombre ee comme unique point fixe attractif de ff, avec un taux de contraction explicite 1/41/4 obtenu en étudiant φ(t)=(t1)/t2\varphi(t)=(t-1)/t^2 ; c'est un exemple concret du théorème du point fixe de Banach en dimension 1.

الحل

1) Il faut x=0x=0 ou (x>0x>0 et lnx0\ln x\ne0, i.e. x1x\ne1). Donc Df=[0,1[]1,+[D_f=[0,1[\,\cup\,]1,+\infty[.

2) Sur ]0,1[]1,+[]0,1[\,\cup\,]1,+\infty[, ff est C\mathscr C^\infty (quotient de fonctions lisses, lnx0\ln x\ne0). En 00 : f(x)0/()=0=f(0)f(x)\to0/(-\infty)=0=f(0) : continuité. Taux d'accroissement : f(x)f(0)x=1lnx0\frac{f(x)-f(0)}x=\frac1{\ln x}\to0 quand x0+x\to0^+, donc f(0)=0f'(0)=0. Pour x(0,1)x\in(0,1), f(x)=lnx1(lnx)2x0+1lnx0=f(0)f'(x)=\dfrac{\ln x-1}{(\ln x)^2}\underset{x\to0^+}{\sim}\dfrac1{\ln x}\to0=f'(0) : ff' est continue en 00. Donc fC1([0,1[)f\in\mathscr C^1([0,1[).

3) Pour x0,1x\ne0,1 : f(x)=lnx1(lnx)2f'(x)=\dfrac{\ln x-1}{(\ln x)^2}, de signe celui de lnx1\ln x-1 (dénominateur >0>0) : f(x)<0f'(x)<0 sur ]0,1[]1,e[]0,1[\,\cup\,]1,e[, f(e)=0f'(e)=0, f(x)>0f'(x)>0 sur ]e,+[]e,+\infty[. Avec f(0)=0f'(0)=0 : ff est décroissante sur [0,1[[0,1[ (de f(0)=0f(0)=0 vers -\infty quand x1x\to1^-), décroissante sur ]1,e]]1,e] (de ++\infty à f(e)=ef(e)=e), puis croissante sur [e,+[[e,+\infty[ (de ee vers ++\infty). Minimum global sur ]1,+[]1,+\infty[ : f(e)=ef(e)=e.

4a) u0=3eu_0=3\ge e. Si uneu_n\ge e, comme ff atteint son minimum ee en x=ex=e sur ]1,+[]1,+\infty[ (question 3), f(un)f(e)=ef(u_n)\ge f(e)=e, donc un+1eu_{n+1}\ge e. Récurrence établie.

4b) (Voir (c)-(e) pour la preuve quantitative.) Comme ee est l'unique point fixe de ff sur [e,+[[e,+\infty[ et que f14<1|f'|\le\frac14<1 sur cet intervalle, le TAF donne une contraction : un+1e14une|u_{n+1}-e|\le\frac14|u_n-e|, d'où uneu_n\to e.

4c) Posons t=lnx1t=\ln x\ge1 pour xex\ge e : f(x)=φ(t):=t1t2=1t1t2f'(x)=\varphi(t):=\dfrac{t-1}{t^2}=\dfrac1t-\dfrac1{t^2}. φ(1)=0\varphi(1)=0, φ(t)0\varphi(t)\to0 en ++\infty, et φ(t)=2tt3\varphi'(t)=\dfrac{2-t}{t^3} s'annule en t=2t=2 avec φ(2)=14\varphi(2)=\frac14 (maximum). Donc 0φ(t)140\le\varphi(t)\le\frac14 pour t1t\ge1, soit 0f(x)140\le f'(x)\le\frac14 pour xex\ge e.

4d) Comme uneu_n\ge e, le TAF entre ee et unu_n donne cec\ge e tel que f(un)f(e)=f(c)(une)f(u_n)-f(e)=f'(c)(u_n-e), i.e. un+1e=f(c)(une)u_{n+1}-e=f'(c)(u_n-e). D'après (c), f(c)14|f'(c)|\le\frac14, donc un+1e14une|u_{n+1}-e|\le\frac14|u_n-e|.

4e) Par récurrence, une(14)nu0e|u_n-e|\le\left(\frac14\right)^n|u_0-e|. Comme u0e=3e<1|u_0-e|=3-e<1, on a une(14)n|u_n-e|\le\left(\frac14\right)^n.

4f) 45>1000=103420=(45)4>10124^5>1000=10^3\Rightarrow4^{20}=(4^5)^4>10^{12}, donc (14)20<1012\left(\frac14\right)^{20}<10^{-12}. On peut donc prendre n1=20n_1=20 : pour n20n\ge20, une(14)n<1012|u_n-e|\le\left(\frac14\right)^n<10^{-12}.

5a) Avec z=1/yz=1/y, y=1/zy=1/z, y=z/z2y'=-z'/z^2. En substituant dans (E1)(E_1) : x2zz2+xz=1z2x^2\frac{z'}{z^2}+\frac xz=\frac1{z^2}, soit après multiplication par z2z^2 : x2z+xz=1x^2z'+xz=1, i.e. (E2): z+zx=1x2(E_2):\ z'+\dfrac zx=\dfrac1{x^2}.

5b) Homogène : zh=C/xz_h=C/x. Variation de la constante z=C(x)/xz=C(x)/x donne C(x)=1/xC'(x)=1/x, donc C(x)=lnx+K=lnx+lna=ln(ax)C(x)=\ln x+K=\ln x+\ln a=\ln(ax) (en posant a=eK>0a=e^K>0). D'où z(x)=ln(ax)xz(x)=\dfrac{\ln(ax)}x, a>0a>0.

5c) y0y\equiv0 est solution triviale de (E1)(E_1). Sinon y=1/z=xln(ax)y=1/z=\dfrac{x}{\ln(ax)} pour a>0a>0, sur les intervalles où ln(ax)0\ln(ax)\ne0 (i.e. x1/ax\ne1/a).

التمرين 2

Endomorphisme $f(Q)=(x-a)(x-b)Q'-\left(x-\tfrac{a+b}2\right)Q$ de $\mathbb R_1[x]$ : diagonalisation

#algèbre linéaire#endomorphismes#diagonalisation#valeurs propres

Pour tout ce qui suit, aa et bb désignent deux nombres réels. On note R1[x]\mathbb R_1[x] le R\mathbb R-espace vectoriel des polynômes à coefficients réels de degré inférieur ou égal à 11. Pour tout QR1[x]Q\in\mathbb R_1[x], on pose f(Q)=(xa)(xb)Q(xa+b2)Qf(Q)=(x-a)(x-b)Q'-\left(x-\frac{a+b}2\right)Q.

  1. Montrer que ff est un endomorphisme de R1[x]\mathbb R_1[x].
  2. Déterminer la matrice AA associée à ff relativement à la base canonique Bc={1,x}\mathscr B_c=\{1,x\}.
  3. En déduire la condition nécessaire et suffisante sur aa et bb pour que ff soit un isomorphisme de R1[x]\mathbb R_1[x].
  4. On suppose aba\ne b. (a) Montrer que B:={(xa),(xb)}\mathscr B:=\{(x-a),(x-b)\} constitue une base de R1[x]\mathbb R_1[x]. (b) Déterminer la matrice DD associée à ff relativement à B\mathscr B. (c) Déterminer la matrice de passage PP de Bc\mathscr B_c vers B\mathscr B, puis calculer P1P^{-1}. (d) Donner les valeurs propres et les vecteurs propres de AA. (e) Montrer que pour tout nNn\in\mathbb N^*, An=PDnP1A^n=PD^nP^{-1}. (f) En déduire l'expression explicite de AnA^n en fonction de nn.
  5. Soit E={αI2+βA+γA2; α,β,γR}E=\{\alpha I_2+\beta A+\gamma A^2;\ \alpha,\beta,\gamma\in\mathbb R\}. (a) Montrer que EE est un sous-espace vectoriel de M2(R)\mathscr M_2(\mathbb R). (b) Calculer A2A^2 et en déduire une base pour EE puis sa dimension.

Le point clé de la question 4(b) est de remarquer directement que xax-a et xbx-b sont des vecteurs propres de ff (sans passer par le polynôme caractéristique), ce qui diagonalise immédiatement AA et simplifie tout le reste, y compris le calcul de A2A^2 en question 5.

الحل

1) Pour Q=1Q=1 : f(1)=(xa+b2)=x+a+b2f(1)=-\left(x-\frac{a+b}2\right)=-x+\frac{a+b}2, degré 1\le1. Pour Q=xQ=x : f(x)=(xa)(xb)x(xa+b2)=x2(a+b)x+abx2+a+b2x=a+b2x+abf(x)=(x-a)(x-b)-x\left(x-\frac{a+b}2\right)=x^2-(a+b)x+ab-x^2+\frac{a+b}2x=-\frac{a+b}2x+ab, degré 1\le1 (les termes en x2x^2 se compensent). Comme ff est linéaire et envoie la base {1,x}\{1,x\} dans R1[x]\mathbb R_1[x], ff est un endomorphisme de R1[x]\mathbb R_1[x].

2) f(1)=a+b21+(1)xf(1)=\frac{a+b}2\cdot1+(-1)\cdot x et f(x)=ab1+(a+b2)xf(x)=ab\cdot1+\left(-\frac{a+b}2\right)x, donc A=(a+b2ab1a+b2)A=\begin{pmatrix}\frac{a+b}2 & ab\\-1&-\frac{a+b}2\end{pmatrix}.

3) ff isomorphisme     detA0\iff\det A\ne0. detA=(a+b2)2+ab=(ab)24\det A=-\left(\frac{a+b}2\right)^2+ab=-\frac{(a-b)^2}4. Donc ff est un isomorphisme si et seulement si aba\ne b.

4a) Si λ(xa)+μ(xb)=0\lambda(x-a)+\mu(x-b)=0 : λ+μ=0\lambda+\mu=0 et λaμb=0-\lambda a-\mu b=0, d'où λ(ba)=0\lambda(b-a)=0 ; comme aba\ne b, λ=μ=0\lambda=\mu=0. Indépendants, donc base de R1[x]\mathbb R_1[x] (dimension 2).

4b) Par linéarité, f(xa)=f(x)af(1)=ab2(xa)f(x-a)=f(x)-af(1)=\frac{a-b}2(x-a) et f(xb)=f(x)bf(1)=ba2(xb)f(x-b)=f(x)-bf(1)=\frac{b-a}2(x-b) (calculs directs). Donc D=(ab200ba2)D=\begin{pmatrix}\frac{a-b}2&0\\0&\frac{b-a}2\end{pmatrix}.

4c) xa=a1+1xx-a=-a\cdot1+1\cdot x et xb=b1+1xx-b=-b\cdot1+1\cdot x, donc P=(ab11)P=\begin{pmatrix}-a&-b\\1&1\end{pmatrix}, detP=ba\det P=b-a, et P1=1ba(1b1a)P^{-1}=\dfrac1{b-a}\begin{pmatrix}1&b\\-1&-a\end{pmatrix}.

4d) D'après (b), (xa)(x-a) est vecteur propre pour la valeur propre λ1=ab2\lambda_1=\frac{a-b}2 (coordonnées (a,1)(-a,1)), et (xb)(x-b) vecteur propre pour λ2=ba2=λ1\lambda_2=\frac{b-a}2=-\lambda_1 (coordonnées (b,1)(-b,1)).

4e) A=PDP1A2=PDP1PDP1=PD2P1A=PDP^{-1}\Rightarrow A^2=PDP^{-1}PDP^{-1}=PD^2P^{-1}, et par récurrence An=PDnP1A^n=PD^nP^{-1}.

4f) En posant μ=ab2\mu=\frac{a-b}2, Dn=diag(μn,(μ)n)D^n=\mathrm{diag}(\mu^n,(-\mu)^n). Si nn est pair, Dn=μnI2D^n=\mu^nI_2 donc An=μnI2=(ab2)nI2A^n=\mu^nI_2=\left(\frac{a-b}2\right)^nI_2. Si nn est impair, le calcul de PDnP1PD^nP^{-1} donne An=μnba((a+b)2ab2a+b)A^n=\dfrac{\mu^n}{b-a}\begin{pmatrix}-(a+b)&-2ab\\2&a+b\end{pmatrix}.

5a) E=Vect{I2,A,A2}E=\mathrm{Vect}\{I_2,A,A^2\} est par définition un sous-espace vectoriel de M2(R)\mathscr M_2(\mathbb R) (combinaison linéaire).

5b) D'après (f) (cas n=2n=2, pair) : A2=μ2I2=(ab2)2I2A^2=\mu^2I_2=\left(\frac{a-b}2\right)^2I_2, qui est déjà colinéaire à I2I_2. Donc E=Vect{I2,A}E=\mathrm{Vect}\{I_2,A\} (le terme en A2A^2 est redondant), et comme aba\ne b implique que AA n'est pas elle-même scalaire, {I2,A}\{I_2,A\} est une base de EE : dimE=2\dim E=2.