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مسابقة دكتوراه 2013Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediène (USTHB) — الموضوع 01

مسابقة تخصص · Probabilités & Statistiques

Concours de la Formation Doctorale EPSMEF, épreuve de Processus Stochastiques et Séries Chronologiques, Faculté de Mathématiques, Département de Recherche Opérationnelle (R.O), Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediène (USTHB), année universitaire 2013/2014.

التمرين 1

Exercice 1 — Processus périodiquement corrélé : causalité et autocovariance

#time-series#periodically-correlated#parma#causality#autocovariance

Soit {Xt, tZ}\{X_t,\ t\in\mathbb{Z}\} un processus périodiquement corrélé, du second ordre, supposé centré, donné par l'équation aux différences stochastique :

X_t - \varphi_{1,t}X_{t-1} - \varphi_{2,t}X_{t-2} = \varepsilon_t - \theta_t\,\varepsilon_{t-1}, \quad t\in\mathbb{Z} \tag{1}

{εt, tZ}\{\varepsilon_t,\ t\in\mathbb{Z}\} est un bruit blanc périodiquement corrélé (variables aléatoires non corrélées, de moyenne 00 et de variance finie σt2\sigma_t^2), et où les paramètres réels φi,t\varphi_{i,t} (i=1,2i=1,2), θt\theta_t et la variance σt2\sigma_t^2 sont périodiques en tt, de période SS (entier naturel S>1S>1).

  1. Présenter les concepts de causalité et d'inversibilité de ce modèle.
  2. Établir rigoureusement, en appliquant la décomposition en ordre, une condition nécessaire et suffisante de causalité de ce modèle périodique.
  3. Donner explicitement cette condition dans le cas particulier φ2,t=0\varphi_{2,t}=0, tZ\forall t\in\mathbb{Z}, et SS quelconque. Établir, sous cette condition, la décomposition de Wold-Cramér de ce processus.
  4. Établir la structure de la fonction d'autocovariance du processus donné par le modèle (1).
  5. Résoudre le système d'équations obtenu pour le cas particulier φ2,t=0\varphi_{2,t}=0 et θt=0\theta_t=0, tZ\forall t\in\mathbb{Z}.
الحل

1.

Le modèle (1) est un ARMA périodique PARMA(2,1). On dit que {Xt}\{X_t\} est :

  • causal (par rapport à {εt}\{\varepsilon_t\}) s'il admet une représentation linéaire unilatérale Xt=j0ψj,tεtjX_t=\sum_{j\ge0}\psi_{j,t}\,\varepsilon_{t-j} à coefficients périodiques (ψj,t=ψj,t+S\psi_{j,t}=\psi_{j,t+S}) et absolument sommables (j0ψj,t<\sum_{j\ge0}|\psi_{j,t}|<\infty) ; XtX_t ne dépend alors que du présent et du passé du bruit.
  • inversible si l'on peut récupérer le bruit à partir du présent et du passé des observations : εt=j0πj,tXtj\varepsilon_t=\sum_{j\ge0}\pi_{j,t}\,X_{t-j}, coefficients périodiques et absolument sommables.

2.

Décomposition en ordre (vectorisation). On regroupe SS instants consécutifs : pour nZn\in\mathbb{Z}, on pose

Xn=(XnS+1,,XnS+S),εn=(εnS+1,,εnS+S)\mathbf{X}_n=(X_{nS+1},\dots,X_{nS+S})^{\top},\qquad \boldsymbol{\varepsilon}_n=(\varepsilon_{nS+1},\dots,\varepsilon_{nS+S})^{\top}

Le processus vectoriel {Xn}\{\mathbf{X}_n\} est stationnaire (de dimension SS). En écrivant les SS équations (1) pour t=nS+1,,nS+St=nS+1,\dots,nS+S, les retards internes au bloc donnent des matrices, ceux qui débordent sur le bloc précédent d'autres :

A0Xn=A1Xn1+B0εnB1εn1A_0\,\mathbf{X}_n = A_1\,\mathbf{X}_{n-1} + B_0\,\boldsymbol{\varepsilon}_n - B_1\,\boldsymbol{\varepsilon}_{n-1}

A0A_0 est triangulaire inférieure à diagonale unité (donc inversible) et εn\boldsymbol{\varepsilon}_n a pour covariance Σ=diag(σ12,,σS2)\Sigma=\mathrm{diag}(\sigma_1^2,\dots,\sigma_S^2). En prémultipliant par A01A_0^{-1} :

Xn=ΦXn1+Un,Φ=A01A1,\mathbf{X}_n = \Phi\,\mathbf{X}_{n-1} + \mathbf{U}_n,\qquad \Phi=A_0^{-1}A_1,

Un=A01(B0εnB1εn1)\mathbf{U}_n=A_0^{-1}(B_0\boldsymbol{\varepsilon}_n-B_1\boldsymbol{\varepsilon}_{n-1}) est un MA(1) vectoriel : {Xn}\{\mathbf{X}_n\} est un VARMA(1,1).

CNS de causalité. Le VAR(1) sous-jacent est causal si et seulement si toutes les valeurs propres de Φ=A01A1\Phi=A_0^{-1}A_1 sont de module <1<1 :

det ⁣(A0A1z)0  z1  ρ(A01A1)<1\boxed{\det\!\big(A_0 - A_1 z\big)\ne 0\ \ \forall\, |z|\le 1\ \Longleftrightarrow\ \rho\big(A_0^{-1}A_1\big)<1}

(ρ\rho = rayon spectral). C'est la condition nécessaire et suffisante de causalité du modèle périodique.

3.

Si φ2,t=0 t\varphi_{2,t}=0\ \forall t, (1) devient un PARMA(1,1) : Xt=φ1,tXt1+εtθtεt1X_t=\varphi_{1,t}X_{t-1}+\varepsilon_t-\theta_t\varepsilon_{t-1}. La matrice Φ=A01A1\Phi=A_0^{-1}A_1 est de rang 11 et sa seule valeur propre non nulle vaut k=1Sφ1,k\prod_{k=1}^{S}\varphi_{1,k}. La CNS de causalité s'écrit alors explicitement

k=1Sφ1,k<1\boxed{\Big|\prod_{k=1}^{S}\varphi_{1,k}\Big|<1}

Décomposition de Wold-Cramér. En itérant la récurrence AR(1) périodique avec Zt=εtθtεt1Z_t=\varepsilon_t-\theta_t\varepsilon_{t-1} :

Xt=m0(k=0m1φ1,tk)ZtmX_t=\sum_{m\ge0}\Big(\prod_{k=0}^{m-1}\varphi_{1,t-k}\Big)Z_{t-m}

En posant Πm,t=k=0m1φ1,tk\Pi_{m,t}=\prod_{k=0}^{m-1}\varphi_{1,t-k} (avec Π0,t=1\Pi_{0,t}=1) et en regroupant les coefficients de εtj\varepsilon_{t-j} :

Xt=j0ψj,tεtj,ψ0,t=1,ψj,t=Πj,tθtj+1Πj1,t (j1)\boxed{X_t=\sum_{j\ge0}\psi_{j,t}\,\varepsilon_{t-j},\qquad \psi_{0,t}=1,\quad \psi_{j,t}=\Pi_{j,t}-\theta_{t-j+1}\,\Pi_{j-1,t}\ (j\ge1)}

à coefficients périodiques (la série converge grâce à k=1Sφ1,k<1\big|\prod_{k=1}^{S}\varphi_{1,k}\big|<1).

4.

Pour un processus périodiquement corrélé, l'autocovariance dépend de l'instant tt et du retard hh, et est périodique en tt : γt(h)=Cov(Xt,Xth)=γt+S(h)\gamma_t(h)=\mathrm{Cov}(X_t,X_{t-h})=\gamma_{t+S}(h). À partir de la représentation causale et de Cov(εa,εb)=σa2δab\mathrm{Cov}(\varepsilon_a,\varepsilon_b)=\sigma_a^2\,\delta_{ab} :

γt(h)=j,k0ψj,tψk,thCov(εtj,εthk)\gamma_t(h)=\sum_{j,k\ge0}\psi_{j,t}\,\psi_{k,t-h}\,\mathrm{Cov}(\varepsilon_{t-j},\varepsilon_{t-h-k})

Le terme est non nul si et seulement si tj=thkt-j=t-h-k, c'est-à-dire j=h+kj=h+k :

γt(h)=k0ψh+k,tψk,thσthk2,h0\boxed{\gamma_t(h)=\sum_{k\ge0}\psi_{h+k,t}\,\psi_{k,t-h}\,\sigma_{t-h-k}^2,\qquad h\ge0}

et γt(h)=γth(h)\gamma_t(-h)=\gamma_{t-h}(h) ; c'est une fonction périodique en tt.

5.

Cas φ2,t=0\varphi_{2,t}=0 et θt=0\theta_t=0 : AR(1) périodique Xt=φ1,tXt1+εtX_t=\varphi_{1,t}X_{t-1}+\varepsilon_t, donc ψj,t=Πj,t\psi_{j,t}=\Pi_{j,t}.

Variances. En élevant au carré et en utilisant Xt1εtX_{t-1}\perp\varepsilon_t, on obtient le système de Yule-Walker périodique pour vt:=γt(0)v_t:=\gamma_t(0) :

vt=φ1,t2vt1+σt2,vt=vt+Sv_t=\varphi_{1,t}^2\,v_{t-1}+\sigma_t^2,\qquad v_t=v_{t+S}

En déroulant sur une période et en posant P=k=1Sφ1,k2<1P=\prod_{k=1}^{S}\varphi_{1,k}^2<1 :

vt=11Pm=0S1(k=0m1φ1,tk2)σtm2\boxed{v_t=\frac{1}{1-P}\sum_{m=0}^{S-1}\Big(\prod_{k=0}^{m-1}\varphi_{1,t-k}^2\Big)\sigma_{t-m}^2}

Autocovariances à retard h1h\ge1. En multipliant Xt=φ1,tXt1+εtX_t=\varphi_{1,t}X_{t-1}+\varepsilon_t par XthX_{t-h} (avec εtXth\varepsilon_t\perp X_{t-h}) : γt(h)=φ1,tγt1(h1)\gamma_t(h)=\varphi_{1,t}\,\gamma_{t-1}(h-1), d'où

γt(h)=(k=0h1φ1,tk)vth=Πh,tvth\boxed{\gamma_t(h)=\Big(\prod_{k=0}^{h-1}\varphi_{1,t-k}\Big)v_{t-h}=\Pi_{h,t}\,v_{t-h}}

التمرين 2

Exercice 2 — Regroupement de volatilité : modèles ARCH/GARCH

#volatility-clustering#arch#garch#stationarity#kurtosis

Les séries chronologiques économiques, en particulier financières, sont caractérisées par un fait stylisé dit « regroupement de volatilité ».

  1. Expliquer le sens de ce phénomène tout en présentant rigoureusement le premier modèle introduit, dans la littérature de l'analyse des séries chronologiques, pour capturer et décrire ce fait stylisé.
  2. Soit {εt, tZ}\{\varepsilon_t,\ t\in\mathbb{Z}\} un processus stochastique satisfaisant le modèle suivant :

εt=ηtht,εtIt1N(0,ht)\varepsilon_t=\eta_t\sqrt{h_t},\qquad \varepsilon_t\mid I_{t-1}\sim N(0,h_t)

ηt\eta_t est un bruit blanc de loi N(0,1)N(0,1), tel que ht=α0+α1εt12+β1ht1h_t=\alpha_0+\alpha_1\varepsilon_{t-1}^2+\beta_1 h_{t-1}, avec α0>0\alpha_0>0 et α1,β10\alpha_1,\beta_1\ge0. a. Montrer que l'on peut réécrire le modèle précédent sous la forme

εt2=α0+(α1+β1)εt12+utβ1ut1\varepsilon_t^2=\alpha_0+(\alpha_1+\beta_1)\varepsilon_{t-1}^2+u_t-\beta_1 u_{t-1}

tout en définissant utu_t et en présentant ses propriétés. Commenter. b. Trouver une condition nécessaire et suffisante de causalité (stationnarité). 3. On suppose dans toute la suite que β1=0\beta_1=0. a. Calculer les moments d'ordre 2 et 4 du processus {εt, tZ}\{\varepsilon_t,\ t\in\mathbb{Z}\}. b. Montrer que la kurtosis de ce processus est plus grande que 3.

الحل

1.

Le regroupement de volatilité (volatility clustering) désigne le fait que les grandes variations tendent à être suivies de grandes variations (de signe quelconque) et les petites de petites : les périodes de forte (resp. faible) volatilité se regroupent dans le temps. Formellement, les rendements sont non corrélés mais non indépendants, et leurs carrés (ou valeurs absolues) sont fortement autocorrélés.

Le premier modèle introduit pour capturer ce fait est le modèle ARCH(qq) de Engle (1982) :

εt=ηtht,ηtiidN(0,1),ht=α0+i=1qαiεti2,α0>0, αi0\varepsilon_t=\eta_t\sqrt{h_t},\quad \eta_t\overset{iid}{\sim}N(0,1),\qquad h_t=\alpha_0+\sum_{i=1}^{q}\alpha_i\varepsilon_{t-i}^2,\quad \alpha_0>0,\ \alpha_i\ge0

la variance conditionnelle hth_t dépendant des chocs passés au carré, ce qui engendre la persistance de la volatilité. (Il fut généralisé en GARCH par Bollerslev, 1986.)

a.

On définit l'innovation de la variance conditionnelle

ut=εt2ht=ht(ηt21)u_t=\varepsilon_t^2-h_t=h_t(\eta_t^2-1)

Propriétés : E[utIt1]=htE[ηt21]=0E[u_t\mid I_{t-1}]=h_t\,E[\eta_t^2-1]=0, donc E[ut]=0E[u_t]=0 et Cov(ut,us)=0\mathrm{Cov}(u_t,u_s)=0 pour tst\ne s : {ut}\{u_t\} est une différence de martingale (bruit blanc au sens faible), mais hétéroscédastique (non i.i.d.).

En remplaçant εt2=ht+ut\varepsilon_t^2=h_t+u_t et ht1=εt12ut1h_{t-1}=\varepsilon_{t-1}^2-u_{t-1} dans ht=α0+α1εt12+β1ht1h_t=\alpha_0+\alpha_1\varepsilon_{t-1}^2+\beta_1 h_{t-1} :

εt2=α0+α1εt12+β1(εt12ut1)+ut=α0+(α1+β1)εt12+utβ1ut1\varepsilon_t^2=\alpha_0+\alpha_1\varepsilon_{t-1}^2+\beta_1(\varepsilon_{t-1}^2-u_{t-1})+u_t=\alpha_0+(\alpha_1+\beta_1)\varepsilon_{t-1}^2+u_t-\beta_1 u_{t-1}

Commentaire : εt2\varepsilon_t^2 suit donc un ARMA(1,1) de coefficient AR (α1+β1)(\alpha_1+\beta_1) et MA (β1)(-\beta_1), d'innovation utu_t : le GARCH(1,1) est équivalent à un ARMA(1,1) sur les carrés.

b.

L'ARMA(1,1) en εt2\varepsilon_t^2 est (faiblement) stationnaire si et seulement si la racine du polynôme AR est hors du disque unité :

α1+β1<1(avec α0>0)\boxed{\alpha_1+\beta_1<1}\qquad (\text{avec } \alpha_0>0)

3.a.

Avec β1=0\beta_1=0 : ARCH(1), ht=α0+α1εt12h_t=\alpha_0+\alpha_1\varepsilon_{t-1}^2. Comme ηt\eta_t est symétrique, les moments impairs sont nuls.

Ordre 2 (stationnarité, α1<1\alpha_1<1) : E[εt2]=E[ht]=α0+α1E[εt12]E[\varepsilon_t^2]=E[h_t]=\alpha_0+\alpha_1 E[\varepsilon_{t-1}^2], d'où

σ2=E[εt2]=α01α1\sigma^2=E[\varepsilon_t^2]=\frac{\alpha_0}{1-\alpha_1}

Ordre 4 : E[εt4]=E[ηt4]E[ht2]=3E[ht2]E[\varepsilon_t^4]=E[\eta_t^4]\,E[h_t^2]=3\,E[h_t^2] (car E[ηt4]=3E[\eta_t^4]=3). Avec ht2=α02+2α0α1εt12+α12εt14h_t^2=\alpha_0^2+2\alpha_0\alpha_1\varepsilon_{t-1}^2+\alpha_1^2\varepsilon_{t-1}^4 et m4=E[εt4]m_4=E[\varepsilon_t^4] (stationnaire) :

m4=3(α02+2α0α1σ2+α12m4)m_4=3\big(\alpha_0^2+2\alpha_0\alpha_1\sigma^2+\alpha_1^2 m_4\big)

m4=E[εt4]=3α02(1+α1)(1α1)(13α12)(si α12<13)\boxed{m_4=E[\varepsilon_t^4]=\frac{3\alpha_0^2(1+\alpha_1)}{(1-\alpha_1)(1-3\alpha_1^2)}}\qquad \Big(\text{si } \alpha_1^2<\tfrac13\Big)

3.b.

La kurtosis vaut

κ=E[εt4](E[εt2])2=3α02(1+α1)/[(1α1)(13α12)]α02/(1α1)2=31α1213α12\kappa=\frac{E[\varepsilon_t^4]}{\big(E[\varepsilon_t^2]\big)^2}=\frac{3\alpha_0^2(1+\alpha_1)/[(1-\alpha_1)(1-3\alpha_1^2)]}{\alpha_0^2/(1-\alpha_1)^2}=3\,\frac{1-\alpha_1^2}{1-3\alpha_1^2}

Pour 0<α12<130<\alpha_1^2<\tfrac13, on a 0<13α12<1α120<1-3\alpha_1^2<1-\alpha_1^2, donc 1α1213α12>1\dfrac{1-\alpha_1^2}{1-3\alpha_1^2}>1 et

κ=31α1213α12>3\boxed{\kappa=3\,\frac{1-\alpha_1^2}{1-3\alpha_1^2}>3}

Le processus est leptokurtique (queues plus épaisses que la loi normale), ce qui reflète le regroupement de volatilité. (Si α1=0\alpha_1=0, alors κ=3\kappa=3.)

التمرين 3

Exercice 3 — Bootstrap paramétrique, non-paramétrique et bootstrap ARMA

#bootstrap#parametric-bootstrap#residual-bootstrap#arma#time-series
  1. Quelle est la différence entre le bootstrap paramétrique et non-paramétrique ?
  2. Dans le cadre des séries temporelles stationnaires, les données sont dépendantes dans le temps ; on ne peut donc pas les retirer de façon indépendante. Le rééchantillonnage doit tenir compte de ce caractère dépendant dans le processus générateur de données. Supposons qu'une série {yt, t=1,,n}\{y_t,\ t=1,\dots,n\} est générée par le modèle ARMA(p,q)ARMA(p,q) suivant :

yti=1pϕiyti=εtj=1qθjεtjy_t-\sum_{i=1}^{p}\phi_i\,y_{t-i}=\varepsilon_t-\sum_{j=1}^{q}\theta_j\,\varepsilon_{t-j}

que l'on peut réécrire Φ(L)yt=Θ(L)εt\Phi(L)y_t=\Theta(L)\varepsilon_t, où Φ\Phi et Θ\Theta sont respectivement le polynôme autorégressif et moyenne mobile, LL l'opérateur de retards, ϕ\phi et θ\theta des vecteurs de paramètres, et εt\varepsilon_t un bruit blanc fort (i.i.d.). Expliquer comment le bootstrap peut être utilisé pour construire récursivement un échantillon bootstrapé {yt, t=1,,n}\{y_t^*,\ t=1,\dots,n\}.

الحل

1.

  • Bootstrap paramétrique : on suppose que les données proviennent d'une famille paramétrique FθF_\theta ; on estime θ^\hat\theta, puis on génère les échantillons bootstrap en simulant selon le modèle ajusté Fθ^F_{\hat\theta}.
  • Bootstrap non-paramétrique : aucune hypothèse de loi ; on rééchantillonne avec remise dans la distribution empirique F^n\hat F_n des observations (bootstrap d'Efron).

2.

Comme les yty_t sont dépendants, on ne peut pas les rééchantillonner directement : on rééchantillonne les innovations (i.i.d.). C'est le bootstrap récursif fondé sur les résidus :

  1. Estimer les paramètres ϕ^i,θ^j\hat\phi_i,\hat\theta_j du modèle ARMA(p,q)ARMA(p,q) (par maximum de vraisemblance ou moindres carrés).
  2. Calculer les résidus estimés de façon récursive :

ε^t=yti=1pϕ^iyti+j=1qθ^jε^tj\hat\varepsilon_t=y_t-\sum_{i=1}^{p}\hat\phi_i\,y_{t-i}+\sum_{j=1}^{q}\hat\theta_j\,\hat\varepsilon_{t-j}

  1. Centrer les résidus ε~t=ε^tε^ˉ\tilde\varepsilon_t=\hat\varepsilon_t-\bar{\hat\varepsilon} et former leur distribution empirique F^ε\hat F_\varepsilon.
  2. Tirer les innovations bootstrap εt\varepsilon_t^{*} i.i.d. avec remise dans {ε~t}\{\tilde\varepsilon_t\} (justifié car le bruit est i.i.d.).
  3. Reconstruire récursivement la série à l'aide du modèle estimé et de valeurs initiales :

yt=i=1pϕ^iyti+εtj=1qθ^jεtjy_t^{*}=\sum_{i=1}^{p}\hat\phi_i\,y_{t-i}^{*}+\varepsilon_t^{*}-\sum_{j=1}^{q}\hat\theta_j\,\varepsilon_{t-j}^{*}

en partant de conditions initiales (par exemple valeurs observées ou nulles) et en utilisant une période de chauffe (burn-in) pour effacer leur effet.

On obtient ainsi l'échantillon bootstrapé {yt, t=1,,n}\{y_t^{*},\ t=1,\dots,n\}, qui respecte la structure de dépendance puisque le rééchantillonnage porte sur les innovations i.i.d. et non sur les yty_t.