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مسابقة دكتوراه 2015Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediène (USTHB) — الموضوع 02

مسابقة تخصص · Probabilités & Statistiques · المدة: 2سا

Concours Doctorat de 3ème cycle, épreuve de Probabilités, spécialité Probabilités Statistiques et Applications, Département de Probabilités et Statistiques, Faculté de Mathématiques, Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediene (USTHB), examen du 28 octobre 2015, durée 2 heures.

التمرين 1

Exercice 1 — Processus MA : autocovariance, variance de la moyenne et stationnarité

#time-series#moving-average#autocovariance#stationarity#white-noise

Dans tout l'exercice, {ϵt}\{\epsilon_t\} est un bruit blanc de moyenne nulle et de variance var(ϵt)=σϵ2\mathrm{var}(\epsilon_t)=\sigma_\epsilon^2.

(a) i. Soit {Xt}\{X_t\} un processus MA(q)MA(q) de moyenne nulle :

Xt=ϵtθ1ϵt1θqϵtq.X_t = \epsilon_t - \theta_1\epsilon_{t-1} - \dots - \theta_q\epsilon_{t-q}.

Démontrez que la fonction d'autocovariance est de la forme sτ=σϵ2j=0qτθjθj+τs_\tau = \sigma_\epsilon^2\sum_{j=0}^{q-|\tau|}\theta_j\theta_{j+|\tau|} si τq|\tau|\leq q, et sτ=0s_\tau = 0 si τ>q|\tau|\gt q (avec la convention θ0=1\theta_0=-1). ii. Soit {Xt}\{X_t\} un processus MA(2)MA(2) : Xt=ϵtθ2ϵt2X_t = \epsilon_t - \theta_2\epsilon_{t-2}, où θ1=0\theta_1=0. Utilisez la fonction d'autocovariance pour trouver la variance de la moyenne Xˉ=(X1+X2+X3+X4)/4\bar{X} = (X_1+X_2+X_3+X_4)/4, avec θ2=0.8\theta_2=0.8.

(b) Soit le processus Yt=ϵtcos(ct)+ϵt1sin(ct)Y_t = \epsilon_t\cos(ct) + \epsilon_{t-1}\sin(ct), avec cc une constante non nulle. i. Trouvez la formule de cov(Yt,Yt+τ)\mathrm{cov}(Y_t, Y_{t+\tau}). ii. Déterminez la valeur de cc pour laquelle YtY_t est stationnaire.

الحل

a. i.

Avec la convention θ0=1\theta_0=-1, on écrit Xt=j=0qθjϵtjX_t = -\sum_{j=0}^{q}\theta_j\epsilon_{t-j}. Le processus est centré, donc pour τ0\tau\geq 0 :

sτ=cov(Xt,Xt+τ)=E[XtXt+τ]=j=0qk=0qθjθkE[ϵtjϵt+τk]s_\tau = \mathrm{cov}(X_t, X_{t+\tau}) = E[X_t X_{t+\tau}] = \sum_{j=0}^{q}\sum_{k=0}^{q}\theta_j\theta_k\,E[\epsilon_{t-j}\epsilon_{t+\tau-k}]

Comme {ϵt}\{\epsilon_t\} est un bruit blanc, E[ϵtjϵt+τk]=σϵ2E[\epsilon_{t-j}\epsilon_{t+\tau-k}]=\sigma_\epsilon^2 si tj=t+τkt-j=t+\tau-k, c'est-à-dire k=j+τk=j+\tau, et 00 sinon. Il ne reste que les termes k=j+τk=j+\tau, avec les contraintes 0jq0\leq j\leq q et 0j+τq0\leq j+\tau\leq q, soit 0jqτ0\leq j\leq q-\tau :

sτ=σϵ2j=0qτθjθj+τ,0τq.s_\tau = \sigma_\epsilon^2\sum_{j=0}^{q-\tau}\theta_j\theta_{j+\tau}, \qquad 0\leq \tau\leq q.

Si τ>q\tau\gt q, aucune paire d'indices ne coïncide et sτ=0s_\tau=0. Par symétrie sτ=sτs_{-\tau}=s_\tau, d'où

 sτ=σϵ2j=0qτθjθj+τ  (τq),sτ=0  (τ>q) \boxed{\ s_\tau = \sigma_\epsilon^2\sum_{j=0}^{q-|\tau|}\theta_j\theta_{j+|\tau|}\ \ (|\tau|\leq q),\qquad s_\tau = 0\ \ (|\tau|\gt q)\ }

autrement dit sτ=σϵ2j=0qτθjθj+τs_\tau = \sigma_\epsilon^2\sum_{j=0}^{q-|\tau|}\theta_j\theta_{j+|\tau|} pour τq|\tau|\leq q et sτ=0s_\tau=0 pour τ>q|\tau|\gt q.

a. ii.

Ici q=2q=2, θ1=0\theta_1=0, θ2=0.8\theta_2=0.8. Les autocovariances valent :

s0=σϵ2(1+θ22),s1=0,s2=θ2σϵ2,sτ=0 pour τ3.s_0 = \sigma_\epsilon^2(1+\theta_2^2), \qquad s_1 = 0, \qquad s_2 = -\theta_2\sigma_\epsilon^2, \qquad s_\tau=0\ \text{pour}\ |\tau|\geq 3.

Pour la moyenne de n=4n=4 observations :

var(Xˉ)=116i=14k=14sik=116(4s0+23s1+22s2+21s3).\mathrm{var}(\bar{X}) = \frac{1}{16}\sum_{i=1}^{4}\sum_{k=1}^{4}s_{i-k} = \frac{1}{16}\Big(4s_0 + 2\cdot 3\,s_1 + 2\cdot 2\,s_2 + 2\cdot 1\,s_3\Big).

En remplaçant :

var(Xˉ)=116(4σϵ2(1+θ22)4θ2σϵ2)=σϵ24(1+θ22θ2).\mathrm{var}(\bar{X}) = \frac{1}{16}\Big(4\sigma_\epsilon^2(1+\theta_2^2) - 4\theta_2\sigma_\epsilon^2\Big) = \frac{\sigma_\epsilon^2}{4}\big(1+\theta_2^2-\theta_2\big).

Avec θ2=0.8\theta_2=0.8 : 1+0.640.8=0.841+0.64-0.8=0.84, donc

 var(Xˉ)=0.844σϵ2=0.21σϵ2 \boxed{\ \mathrm{var}(\bar{X}) = \frac{0.84}{4}\,\sigma_\epsilon^2 = 0.21\,\sigma_\epsilon^2\ }

b. i.

Yt=ϵtcos(ct)+ϵt1sin(ct)Y_t=\epsilon_t\cos(ct)+\epsilon_{t-1}\sin(ct) est centré. On calcule sτ=E[YtYt+τ]s_\tau=E[Y_tY_{t+\tau}] en utilisant E[ϵaϵb]=σϵ21a=bE[\epsilon_a\epsilon_b]=\sigma_\epsilon^2\mathbf{1}_{a=b}.

Pour τ=0\tau=0 :

var(Yt)=σϵ2cos2(ct)+σϵ2sin2(ct)=σϵ2.\mathrm{var}(Y_t) = \sigma_\epsilon^2\cos^2(ct)+\sigma_\epsilon^2\sin^2(ct) = \sigma_\epsilon^2.

Pour τ=1\tau=1 : Yt+1=ϵt+1cos(c(t+1))+ϵtsin(c(t+1))Y_{t+1}=\epsilon_{t+1}\cos(c(t+1))+\epsilon_t\sin(c(t+1)). Le seul indice commun est ϵt\epsilon_t :

cov(Yt,Yt+1)=σϵ2cos(ct)sin(c(t+1)).\mathrm{cov}(Y_t,Y_{t+1}) = \sigma_\epsilon^2\cos(ct)\sin\big(c(t+1)\big).

Pour τ2|\tau|\geq 2 : aucun indice de bruit commun, donc cov(Yt,Yt+τ)=0\mathrm{cov}(Y_t,Y_{t+\tau})=0.

 s0=σϵ2,s1=σϵ2cos(ct)sin ⁣(c(t+1)),sτ=0 (τ2) \boxed{\ s_0=\sigma_\epsilon^2,\quad s_1=\sigma_\epsilon^2\cos(ct)\sin\!\big(c(t+1)\big),\quad s_\tau=0\ (|\tau|\geq 2)\ }

b. ii.

La variance s0=σϵ2s_0=\sigma_\epsilon^2 est déjà constante. Pour que YtY_t soit stationnaire (au second ordre), il faut que s1s_1 ne dépende pas de tt. Or

cos(ct)sin(c(t+1))=12[sin(c(2t+1))+sin(c)].\cos(ct)\sin\big(c(t+1)\big) = \tfrac12\Big[\sin\big(c(2t+1)\big) + \sin(c)\Big].

Le terme sin(c(2t+1))\sin\big(c(2t+1)\big) doit être constant pour tout entier tt, ce qui exige 2c0 [2π]2c\equiv 0\ [2\pi], soit c=kπc=k\pi, kZk\in\mathbb{Z}. Comme c0c\neq 0 :

 c=kπ,kZ \boxed{\ c = k\pi,\qquad k\in\mathbb{Z}^{*}\ }

En effet, pour c=kπc=k\pi on a sin(c(2t+1))=0\sin\big(c(2t+1)\big)=0 et sin(c)=0\sin(c)=0, donc s1=0s_1=0 et toutes les autocovariances deviennent indépendantes de tt : le processus est alors stationnaire.

التمرين 2

Exercice 2 — Processus de naissance et de mort et loi stationnaire

#birth-death-process#stationary-distribution#markov-chain#generator-matrix#expectation

(a) Soit {Xt}t0\{X_t\}_{t\geq 0} un processus stochastique à espace d'états discret. i. Donner une définition formelle pour qu'il soit un processus de naissance et de mort, avec des taux de natalité λi\lambda_i et des taux de mortalité μi\mu_i pour i=0,1,i=0,1,\dots. ii. Quel est le générateur GG du processus de naissance et de mort ? iii. Utiliser le générateur et le raisonnement par récurrence forte (ou autre) pour montrer que la distribution stationnaire est, pour tout n1n\geq 1 :

πn=λ0××λn1μ0××μn1π0.\pi_n = \frac{\lambda_0\times\dots\times\lambda_{n-1}}{\mu_0\times\dots\times\mu_{n-1}}\,\pi_0.

(b) i. Une importante banque d'investissement juge ses transactions financières comme bonnes ou mauvaises. Lorsqu'une transaction est bonne, elle compte comme +1+1, et si elle est mauvaise, elle compte comme 1-1. Soit NtN_t la somme des bonnes (+1)(+1) et des mauvaises (1)(-1) opérations jusqu'au temps tt. Les transactions sont régies par un processus de Markov tel que, quand Nt=nN_t=n, la probabilité d'une bonne transaction dans l'intervalle (t,t+δ)(t,t+\delta) est δeγn+o(δ)\delta\,e^{\gamma n} + o(\delta) (avec δ,γ>0\delta,\gamma\gt 0), et de même pour une mauvaise transaction, sauf qu'aucune mauvaise transaction n'est possible si Nt=0N_t=0. Écrivez NtN_t comme un processus de naissance et de mort, puis montrez que, sous la distribution stationnaire et pour γ\gamma fixé, la valeur moyenne de NN est

E(Nγ)=n=0nπn=eγ1eγ.E(N\mid\gamma) = \sum_{n=0}^{\infty} n\,\pi_n = \frac{e^{-\gamma}}{1-e^{-\gamma}}.

ii. On suppose maintenant que γ\gamma suit une distribution uniforme sur [α,β][\alpha,\beta], avec 0<α<β0\lt\alpha\lt\beta. Trouver la valeur moyenne de NN.

الحل

a. i.

{Xt}t0\{X_t\}_{t\geq 0} est un processus de naissance et de mort sur {0,1,2,}\{0,1,2,\dots\} si c'est une chaîne de Markov à temps continu telle que, quand Xt=nX_t=n, sur l'intervalle (t,t+δ)(t,t+\delta) : a. P(Xt+δ=n+1Xt=n)=λnδ+o(δ)P(X_{t+\delta}=n+1\mid X_t=n) = \lambda_n\delta + o(\delta) (une naissance) ; b. P(Xt+δ=n1Xt=n)=μnδ+o(δ)P(X_{t+\delta}=n-1\mid X_t=n) = \mu_n\delta + o(\delta) (une mort), avec μ0=0\mu_0=0 ; c. P(Xt+δ=nXt=n)=1(λn+μn)δ+o(δ)P(X_{t+\delta}=n\mid X_t=n) = 1-(\lambda_n+\mu_n)\delta + o(\delta) ; d. P(Xt+δn2Xt=n)=o(δ)P(|X_{t+\delta}-n|\geq 2\mid X_t=n) = o(\delta) (pas de saut multiple).

a. ii.

Le générateur G=(gij)G=(g_{ij}) est tridiagonal : gn,n+1=λng_{n,n+1}=\lambda_n, gn,n1=μng_{n,n-1}=\mu_n, gn,n=(λn+μn)g_{n,n}=-(\lambda_n+\mu_n), et gij=0g_{ij}=0 sinon. Par lignes :

ligne 0:(λ0, λ0, 0, 0, )\text{ligne }0 : \big(-\lambda_0,\ \lambda_0,\ 0,\ 0,\ \dots\big) ligne n (n1):(, 0, μn, (λn+μn), λn, 0, )\text{ligne }n\ (n\geq 1) : \big(\dots,\ 0,\ \mu_n,\ -(\lambda_n+\mu_n),\ \lambda_n,\ 0,\ \dots\big)

a. iii.

La loi stationnaire π\pi vérifie πG=0\pi G = 0. La colonne 00 donne λ0π0+μ1π1=0-\lambda_0\pi_0 + \mu_1\pi_1 = 0, soit π1=λ0μ1π0\pi_1 = \dfrac{\lambda_0}{\mu_1}\pi_0 (équilibre local). La colonne n1n\geq 1 donne

λn1πn1(λn+μn)πn+μn+1πn+1=0.\lambda_{n-1}\pi_{n-1} - (\lambda_n+\mu_n)\pi_n + \mu_{n+1}\pi_{n+1} = 0.

Récurrence forte. Supposons l'équilibre local μnπn=λn1πn1\mu_n\pi_n = \lambda_{n-1}\pi_{n-1} vrai jusqu'au rang nn. En le reportant dans l'équation ci-dessus, les termes λn1πn1\lambda_{n-1}\pi_{n-1} et μnπn\mu_n\pi_n se simplifient et il reste μn+1πn+1=λnπn\mu_{n+1}\pi_{n+1} = \lambda_n\pi_n, c'est-à-dire l'équilibre local au rang n+1n+1. L'hypothèse est donc héréditaire, et par récurrence

πn=λn1μnπn1==π0i=0n1λiμi+1.\pi_{n} = \frac{\lambda_{n-1}}{\mu_n}\,\pi_{n-1} = \dots = \pi_0\prod_{i=0}^{n-1}\frac{\lambda_i}{\mu_{i+1}}.

Ce qui, avec la convention d'indexation de l'énoncé, s'écrit

 πn=λ0λ1λn1μ1μ2μnπ0 \boxed{\ \pi_n = \frac{\lambda_0\lambda_1\cdots\lambda_{n-1}}{\mu_1\mu_2\cdots\mu_n}\,\pi_0\ }

π0\pi_0 étant fixé par la normalisation n0πn=1\sum_{n\geq 0}\pi_n = 1.

b. i.

Le compte NtN_t augmente de +1+1 (bonne transaction) au taux λn=eγn\lambda_n = e^{\gamma n} et diminue de 1-1 (mauvaise transaction) au taux μn=eγn\mu_n = e^{\gamma n} pour n1n\geq 1, avec μ0=0\mu_0=0 (aucune mauvaise transaction possible en 00). C'est donc un processus de naissance et de mort sur {0,1,2,}\{0,1,2,\dots\}.

L'équilibre local donne

πn+1=λnμn+1πn=eγneγ(n+1)πn=eγπn  πn=π0eγn.\pi_{n+1} = \frac{\lambda_n}{\mu_{n+1}}\pi_n = \frac{e^{\gamma n}}{e^{\gamma(n+1)}}\pi_n = e^{-\gamma}\pi_n \ \Longrightarrow\ \pi_n = \pi_0\,e^{-\gamma n}.

C'est une loi géométrique de raison eγe^{-\gamma}. La normalisation n0π0eγn=π01eγ=1\sum_{n\geq 0}\pi_0 e^{-\gamma n} = \dfrac{\pi_0}{1-e^{-\gamma}} = 1 donne π0=1eγ\pi_0 = 1-e^{-\gamma}. Alors

E(Nγ)=n=0nπn=(1eγ)n=0neγn=(1eγ)eγ(1eγ)2.E(N\mid\gamma) = \sum_{n=0}^{\infty} n\pi_n = (1-e^{-\gamma})\sum_{n=0}^{\infty} n\,e^{-\gamma n} = (1-e^{-\gamma})\,\frac{e^{-\gamma}}{(1-e^{-\gamma})^2}.

 E(Nγ)=eγ1eγ=1eγ1 \boxed{\ E(N\mid\gamma) = \frac{e^{-\gamma}}{1-e^{-\gamma}} = \frac{1}{e^{\gamma}-1}\ }

b. ii.

Si γU[α,β]\gamma\sim\mathcal{U}[\alpha,\beta], par la formule de l'espérance totale :

E(N)=1βααβeγ1eγdγ.E(N) = \frac{1}{\beta-\alpha}\int_{\alpha}^{\beta}\frac{e^{-\gamma}}{1-e^{-\gamma}}\,d\gamma.

Le changement u=1eγu=1-e^{-\gamma}, du=eγdγdu=e^{-\gamma}d\gamma, donne eγ1eγdγ=ln(1eγ)\displaystyle\int\frac{e^{-\gamma}}{1-e^{-\gamma}}d\gamma = \ln(1-e^{-\gamma}), d'où

 E(N)=1βαln ⁣(1eβ1eα) \boxed{\ E(N) = \frac{1}{\beta-\alpha}\,\ln\!\left(\frac{1-e^{-\beta}}{1-e^{-\alpha}}\right)\ }

التمرين 3

Exercice 3 — Processus de naissance, équations de Kolmogorov et processus de Yule

#birth-process#kolmogorov-equations#yule-process#generating-function#partial-differential-equation

(a) Soit {Nt}t0\{N_t\}_{t\geq 0} un processus de comptage. Donnez une définition du processus de naissance (préférablement en terme de P(Nt+δ=n+mNt=n)P(N_{t+\delta}=n+m\mid N_t=n)).

(b) On note pn(t)=P(Nt=n)p_n(t)=P(N_t=n) pour un processus de naissance de taux λn\lambda_n. Dérivez les équations progressives de Kolmogorov :

pn(t)=λnpn(t)+λn1pn1(t)(n1),p0(t)=λ0p0(t).p_n'(t) = -\lambda_n p_n(t) + \lambda_{n-1}p_{n-1}(t)\quad (n\geq 1), \qquad p_0'(t) = -\lambda_0 p_0(t).

(c) Dans le cas spécial d'un taux de naissance linéaire λn=nλ\lambda_n = n\lambda, démontrez que

G(s,t)t=λs(s1)G(s,t)s,avecG(s,t)=n=1snpn(t).\frac{\partial G(s,t)}{\partial t} = \lambda s(s-1)\frac{\partial G(s,t)}{\partial s}, \qquad \text{avec}\quad G(s,t) = \sum_{n=1}^{\infty} s^n p_n(t).

(d) Vérifiez que G(s,t)=seλt1(1eλt)sG(s,t) = \dfrac{s\,e^{-\lambda t}}{1-(1-e^{-\lambda t})s}.

(e) Calculez P(Ntm)P(N_t\geq m) pour m2m\geq 2 (considérez un développement de G(s,t)G(s,t)).

الحل

a.

Un processus de comptage {Nt}t0\{N_t\}_{t\geq 0} (à valeurs entières, non décroissant) est un processus de naissance de taux {λn}\{\lambda_n\} si, quand Nt=nN_t=n, sur (t,t+δ)(t,t+\delta) :

P(Nt+δ=n+1Nt=n)=λnδ+o(δ),P(N_{t+\delta}=n+1\mid N_t=n) = \lambda_n\delta + o(\delta), P(Nt+δ=nNt=n)=1λnδ+o(δ),P(N_{t+\delta}=n\mid N_t=n) = 1-\lambda_n\delta + o(\delta), P(Nt+δ=n+mNt=n)=o(δ)(m2).P(N_{t+\delta}=n+m\mid N_t=n) = o(\delta)\quad (m\geq 2).

Les accroissements sur des intervalles disjoints sont indépendants et un seul saut (de +1+1) peut survenir sur un intervalle infinitésimal.

b.

En conditionnant sur l'état à l'instant tt et en utilisant l'indépendance sur (t,t+δ)(t,t+\delta) :

pn(t+δ)=pn(t)(1λnδ)+pn1(t)λn1δ+o(δ).p_n(t+\delta) = p_n(t)\big(1-\lambda_n\delta\big) + p_{n-1}(t)\,\lambda_{n-1}\delta + o(\delta).

En réarrangeant et en divisant par δ\delta :

pn(t+δ)pn(t)δ=λnpn(t)+λn1pn1(t)+o(1).\frac{p_n(t+\delta)-p_n(t)}{\delta} = -\lambda_n p_n(t) + \lambda_{n-1}p_{n-1}(t) + o(1).

En faisant δ0\delta\to 0 on obtient, pour n1n\geq 1, pn(t)=λnpn(t)+λn1pn1(t)p_n'(t) = -\lambda_n p_n(t)+\lambda_{n-1}p_{n-1}(t), et pour n=0n=0 (aucune arrivée possible en dessous de 00) p0(t)=λ0p0(t)p_0'(t) = -\lambda_0 p_0(t).

 pn(t)=λnpn(t)+λn1pn1(t) (n1),p0(t)=λ0p0(t) \boxed{\ p_n'(t) = -\lambda_n p_n(t)+\lambda_{n-1}p_{n-1}(t)\ (n\geq 1),\qquad p_0'(t) = -\lambda_0 p_0(t)\ }

c.

Avec λn=nλ\lambda_n = n\lambda et G(s,t)=n1snpn(t)G(s,t)=\sum_{n\geq 1}s^n p_n(t) :

Gt=n1snpn(t)=n1sn[nλpn(t)+(n1)λpn1(t)].\frac{\partial G}{\partial t} = \sum_{n\geq 1} s^n p_n'(t) = \sum_{n\geq 1} s^n\big[-n\lambda p_n(t) + (n-1)\lambda p_{n-1}(t)\big].

Or n1nsnpn=sGs\displaystyle\sum_{n\geq 1} n s^n p_n = s\frac{\partial G}{\partial s}, et en posant m=n1m=n-1 :

n1(n1)snpn1=m0msm+1pm=s2m0msm1pm=s2Gs.\sum_{n\geq 1}(n-1)s^n p_{n-1} = \sum_{m\geq 0} m\,s^{m+1}p_m = s^2\sum_{m\geq 0} m s^{m-1}p_m = s^2\frac{\partial G}{\partial s}.

Donc

Gt=λsGs+λs2Gs= λs(s1)Gs \frac{\partial G}{\partial t} = -\lambda s\frac{\partial G}{\partial s} + \lambda s^2\frac{\partial G}{\partial s} = \boxed{\ \lambda s(s-1)\frac{\partial G}{\partial s}\ }

d.

Posons a=eλta=e^{-\lambda t} (donc a=λaa'=-\lambda a) et D=1(1a)sD=1-(1-a)s, de sorte que G=saDG=\dfrac{sa}{D}. On vérifie d'abord la condition initiale : à t=0t=0, a=1a=1, D=1D=1 et G(s,0)=sG(s,0)=s, ce qui correspond à N0=1N_0=1 (i.e. p1(0)=1p_1(0)=1).

Dérivée en tt (avec tD=as\partial_t D = a's) :

Gt=saDsa(as)D2=sa(Dsa)D2=sa(1s)D2=λas(s1)D2,\frac{\partial G}{\partial t} = \frac{sa'}{D} - \frac{sa\,(a's)}{D^2} = \frac{sa'(D-sa)}{D^2} = \frac{sa'(1-s)}{D^2} = \frac{\lambda a\,s(s-1)}{D^2},

car Dsa=1sD-sa = 1-s et a=λaa'=-\lambda a.

Dérivée en ss (avec sD=(1a)\partial_s D = -(1-a)) :

Gs=aD+sa(1a)D2=a[D+s(1a)]D2=aD2,\frac{\partial G}{\partial s} = \frac{a}{D} + \frac{sa(1-a)}{D^2} = \frac{a\big[D+s(1-a)\big]}{D^2} = \frac{a}{D^2},

car D+s(1a)=1D+s(1-a)=1. Ainsi

λs(s1)Gs=λas(s1)D2=Gt.\lambda s(s-1)\frac{\partial G}{\partial s} = \frac{\lambda a\,s(s-1)}{D^2} = \frac{\partial G}{\partial t}.

L'équation aux dérivées partielles et la condition initiale sont satisfaites, donc

 G(s,t)=seλt1(1eλt)s \boxed{\ G(s,t) = \frac{s\,e^{-\lambda t}}{1-(1-e^{-\lambda t})s}\ }

e.

En développant en série géométrique (pour (1a)s<1|(1-a)s|\lt 1) :

G(s,t)=seλtk=0[(1eλt)s]k=n=1eλt(1eλt)n1sn.G(s,t) = s\,e^{-\lambda t}\sum_{k=0}^{\infty}\big[(1-e^{-\lambda t})s\big]^k = \sum_{n=1}^{\infty} e^{-\lambda t}(1-e^{-\lambda t})^{n-1}s^n.

Le coefficient de sns^n donne la loi (géométrique) :

pn(t)=eλt(1eλt)n1,n1.p_n(t) = e^{-\lambda t}\,(1-e^{-\lambda t})^{n-1}, \qquad n\geq 1.

En posant q=1eλtq=1-e^{-\lambda t} :

P(Ntm)=n=meλtqn1=eλtqm11q=eλtqm1eλt=qm1.P(N_t\geq m) = \sum_{n=m}^{\infty} e^{-\lambda t}q^{n-1} = e^{-\lambda t}\,\frac{q^{m-1}}{1-q} = e^{-\lambda t}\,\frac{q^{m-1}}{e^{-\lambda t}} = q^{m-1}.

 P(Ntm)=(1eλt)m1,m1 \boxed{\ P(N_t\geq m) = \big(1-e^{-\lambda t}\big)^{m-1}, \qquad m\geq 1\ }