Concours Doctorat de 3ème cycle en Probabilités-Statistiques et Applications, épreuve Proba-Stat 2, Faculté des Mathématiques, Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediène (USTHB), mercredi 28 novembre 2012, durée 2 heures.
التمرين 1
Exercice 1 — Statistiques d'ordre, étendue et loi de X_(k)
Soit X1,…,Xn des variables aléatoires réelles définies sur un même espace probabilisé (Ω,A,P), indépendantes et de même loi absolument continue par rapport à la mesure de Lebesgue, de densité f (et de fonction de répartition F). Pour tout ω∈Ω, on peut ordonner les réels X1(ω),…,Xn(ω) sous la forme
X(1)(ω)≤⋯≤X(i)(ω)≤⋯≤X(n)(ω).
L'application X(i):ω∈Ω↦X(i)(ω) ainsi définie pour chaque i est une v.a.r. dite i-ème statistique d'ordre.
Calculer la loi de X(n)=sup(X1,…,Xn) (f.d.r. FX(n) et densité fX(n)).
Calculer la loi de X(1)=inf(X1,…,Xn) (f.d.r. FX(1) et densité fX(1)).
Calculer la loi du couple (X(1),X(n)). En déduire celle de l'étendue R=X(n)−X(1) (on donnera sa f.d.r. et sa densité en fonction de F et f).
Soit Ny le nombre de Xi inférieurs à y. Quelle est la loi de Ny ? Que dire des événements (Ny≥k) et (X(k)≤y) ? En déduire la f.d.r. de X(k).
◀الحل
1.
X(n)≤x⟺∀i,Xi≤x. Par indépendance :
FX(n)(x)=P(X(n)≤x)=∏i=1nP(Xi≤x)=[F(x)]n.
En dérivant :
fX(n)(x)=n[F(x)]n−1f(x).
2.
X(1)>x⟺∀i,Xi>x, donc
FX(1)(x)=1−P(X(1)>x)=1−[1−F(x)]n.
fX(1)(x)=n[1−F(x)]n−1f(x).
3.
Pour u<v, la densité jointe du couple (X(1),X(n)) s'obtient en choisissant l'indice réalisant le minimum u, celui réalisant le maximum v, les n−2 autres tombant dans ]u,v[ :
Soit un tableau de données X de n individus par p variables quantitatives.
a. Donner l'objectif de l'ACP.
b. Donner la formulation algébrique de l'ACP.
c. Donner une interprétation géométrique dans Rp de cette formulation algébrique et expliciter les nouvelles variables recherchées en a) avec leurs propriétés.
d. Développer les formules de dualité de l'ACP.
e. Donner les coefficients de corrélation des variables initiales avec les composantes principales.
◀الحل
a.
L'ACP (analyse en composantes principales) vise à résumer un tableau de n individus ×p variables quantitatives (souvent corrélées) par un petit nombre de nouvelles variables synthétiques, les composantes principales, combinaisons linéaires des variables initiales, non corrélées entre elles et de variance (inertie) maximale. On réduit ainsi la dimension en perdant le minimum d'information.
b.
On munit Rp (espace des individus) d'une métrique M et Rn (espace des variables) d'une matrice de poids D (souvent D=n1In). Le tableau X étant centré (et éventuellement réduit), on cherche des axes u avec ∥u∥M=1 maximisant l'inertie projetée u⊤MX⊤DXMu. Cela revient à diagonaliser la matrice VM, où V=X⊤DX est la matrice de variance-covariance (ou de corrélation) :
VMuα=λαuα,λ1≥λ2≥⋯≥0.
c.
Les n individus forment un nuage de points dans (Rp,M), centré en leur centre de gravité. L'ACP cherche la suite d'axes orthogonaux u1,u2,… passant par ce centre et maximisant successivement l'inertie projetée du nuage (meilleurs sous-espaces d'ajustement au sens des moindres carrés). Les nouvelles variables sont les composantes principalescα=XMuα (coordonnées des individus sur uα). Leurs propriétés :
On peut mener l'analyse duale dans Rn en diagonalisant WD avec W=XMX⊤ :
WDψα=λαψα.
Les deux analyses ont les mêmes valeurs propres non nulles et sont reliées par les formules de transition (dualité) :
ψα=λα1XMuα,uα=λα1X⊤Dψα.
La composante principale s'écrit cα=XMuα=λαψα.
e.
Le coefficient de corrélation entre la variable initiale xj et la composante principale cα vaut
r(xj,cα)=sjλαuα(j)ACP normeˊeλαuα(j),
où sj est l'écart-type de xj (en ACP normée sj=1). Ces corrélations (les « saturations ») servent à interpréter les axes, et ∑αr2(xj,cα)=1 mesure la qualité de représentation de la variable xj.