Soit E=Mn(R) l'espace vectoriel sur R des matrices carrées d'ordre n. Soit ∥⋅∥ une norme sur Rn. On définit l'application
Montrer que N définit une norme sur E.
Montrer que pour toutes matrices M1,M2, on a
N(M1M2)≤N(M1)N(M2).
Montrer que l'application
Φ:E→E,Φ(M)=M3
est différentiable et donner la forme précise de sa différentielle en un point M.
◀الحل
L'application N est la norme subordonnée classique. La positivité, l'homogénéité et l'inégalité triangulaire découlent directement de celles de la norme de Rn. Si N(M)=0, alors Mx=0 pour tout x, donc M=0.
Pour la sous-multiplicativité,
∥M1M2x∥≤N(M1)∥M2x∥≤N(M1)N(M2)∥x∥,
d'où, en prenant le supremum en x=0,
N(M1M2)≤N(M1)N(M2).
Pour Φ(M)=M3, on écrit
(M+H)3−M3=M2H+MHM+HM2+R(H),
où le reste R(H) est somme de termes d'ordre au moins 2 en H. Grâce à la sous-multiplicativité,
N(R(H))≤CN(H)2,
ce qui montre la différentiabilité de Fréchet. Ainsi
DΦ(M)[H]=M2H+MHM+HM2.
التمرين 2
Série de Fourier Poissonienne, mesure de {x:|sin x|=1} et convergence dominée
Étant donnée une fonction f continue et périodique de période 2π, on appelle coefficients de Fourier de f les nombres
Étant donnée une suite (an)n∈Z, on dit que la série ∑n∈Zan est convergente si les séries ∑n≥0an et ∑n≥1a−n le sont, et on pose
Dire pour quelles valeurs du couple (t,x)∈R+∗×R la série
∑n∈Ze−∣n∣teinx
est convergente.
Pour t>0, on définit
(a) Vérifier que P(t,x) est réelle et calculer ∫−ππP(t,x)dx.
(b) Vérifier que la fonction P est indéfiniment dérivable.
(c) Calculer ∂t2P+∂x2P.
3. Calculer les coefficients de Fourier de la fonction P.
4. (A) Soit f∈L1(R). (1) Évaluer la mesure de Lebesgue de l'ensemble E={x∈R:∣sinx∣=1}. (2) Calculer
(B) Soit α≥0. Pour tout n∈N∗ et x∈R on pose
(1) Montrer que la suite (fn,α) tend uniformément vers 0 sur R lorsque n→∞.
(2) Étudier la limite de
∫Rfn,α(x)dx
pour α=0 et α=1.
◀الحل
Pour t>0, la série
∑n∈Ze−∣n∣teinx
est absolument convergente car ∑n∈Ze−∣n∣t<∞. Donc elle converge pour tout x∈R dès que t>0.
On peut sommer explicitement :
P(t,x)=1+2∑n≥1e−ntcos(nx)=1−2e−tcosx+e−2t1−e−2t,
qui est bien réelle. L'intégrale sur une période vaut
∫−ππP(t,x)dx=2π,
car seuls les coefficients de Fourier d'indice 0 contribuent.
La convergence normale des séries dérivées assure que P∈C∞. En dérivant terme à terme,
∂t2P=∑n∈Z∣n∣2e−∣n∣teinx,∂x2P=∑n∈Z(−n2)e−∣n∣teinx,
donc
∂t2P+∂x2P=0.
Les coefficients de Fourier de P sont donc simplement
Pt(n)=e−∣n∣t.
Pour E={x:∣sinx∣=1}, on a
E={2π+kπ:k∈Z},
ensemble dénombrable, donc de mesure nulle. Comme ∣sinx∣<1 presque partout, on a (sinx)n→0 p.p. et ∣f(x)(sinx)n∣≤∣f(x)∣∈L1, donc par convergence dominée,
n→∞lim∫Rf(x)(sinx)ndx=0.
Enfin, pour fn,α(x)=e−α∣x∣1[0,n2](x), la convergence uniforme vers 0 telle qu'écrite dans l'énoncé ne peut être vraie que si l'indicatrice est celle de [n,n2] ou similaire ; avec [0,n2], on a fn,α(0)=1. En restant fidèle au scan :