Concours de Doctorat de 3ème cycle en Probabilités, Statistiques et Applications, Épreuve de Statistiques, Département de Probabilités et Statistiques, Faculté de Mathématiques, Université des Sciences et de la Technologie Houari Boumediène (USTHB), durée 2 heures, le 03 octobre 2016.
التمرين 1
Exercice 1 — Loi exponentielle translatée : estimation et intervalles de confiance
Soit (x1,x2,…,xn) un n-échantillon d'une variable aléatoire X de loi
fX(x)=θ1e−θ1(x−θ2)1{x≥θ2}.
On suppose θ2=0.
a. Déterminer l'estimateur du maximum de vraisemblance de θ1. Est-il sans biais ? Sinon calculer son biais et son erreur quadratique moyenne.
b. Montrer que θ1 admet un estimateur sans biais de variance minimale que l'on déterminera. Est-il efficace ? Justifier.
c. Soit K un nombre réel strictement positif ; déterminer l'estimateur du maximum de vraisemblance de Pθ1(X>K). Montrer que cette quantité admet un estimateur sans biais optimal, que l'on caractérisera, qui ne peut pas être efficace.
Dans cette question θ1 et θ2 sont inconnus. Estimer ces deux paramètres par la méthode des moments puis par la méthode du maximum de vraisemblance. (Indication : on remarquera que X−θ2 suit une loi exponentielle.)
On suppose θ1=1 et on note θ^2 l'estimateur du maximum de vraisemblance de θ2.
a. Déterminer la loi de (θ^2−θ2), et en déduire que 2n(θ^2−θ2)∼χ22 (khi-deux à 2 d.d.l.). Donner un intervalle de confiance de niveau 1−α pour θ2.
b. Soit a et b deux réels positifs tels que P(a<θ^2−θ2<b)=1−α ; en déduire un autre intervalle de confiance de niveau 1−α. En exprimant b en fonction de a, donner l'intervalle de confiance de longueur minimale pour θ2.
◀الحل
1.a
Avec θ2=0, X∼E(θ1) et f(x)=θ1e−θ1x1x≥0. La vraisemblance est L(θ1)=θ1ne−θ1∑xi, donc ℓ(θ1)=nlogθ1−θ1∑xi et ℓ′(θ1)=θ1n−∑xi=0 :
θ^1=∑i=1nxin=X1.
Comme S=∑Xi∼Γ(n,θ1), on a E[1/S]=θ1/(n−1), d'où
E[θ^1]=n−1nθ1=θ1(biaiseˊ),b(θ^1)=n−1θ1.
Avec E[θ^12]=(n−1)(n−2)n2θ12, on obtient Var(θ^1)=(n−1)2(n−2)n2θ12, puis
S=∑Xi est exhaustive et complète (famille exponentielle). Comme E[1/S]=θ1/(n−1), l'estimateur
θ~1=∑i=1nXin−1
est sans biais ; par le théorème de Lehmann-Scheffé c'est l'unique estimateur sans biais de variance minimale (ESBVM). Son efficacité : In(θ1)=n/θ12, donc BCR=θ12/n, tandis que
Var(θ~1)=n−2θ12>nθ12.
θ~1=∑i=1nXin−1est l’ESBVM, mais il n’est pas efficace.
1.c
On a Pθ1(X>K)=e−θ1K. Par invariance de l'EMV,
Pθ1(X>K)=e−θ^1K=e−nK/∑iXi.
Pour l'estimateur optimal : 1{X1>K} est sans biais pour e−θ1K (son espérance vaut P(X1>K)). En le conditionnant par la statistique exhaustive et complète S=∑iXi (Rao-Blackwell puis Lehmann-Scheffé), et comme X1/S∼Beta(1,n−1),
φ(S)=P(X1>K∣S)=(1−SK)n−11{S>K}
est l'estimateur sans biais optimal (ESBVM) de e−θ1K. Il ne peut être efficace : l'égalité dans l'inégalité de Cramér-Rao exige que l'estimateur soit une fonction affine du score ∂θℓ, ce qui n'est pas le cas de φ(S), fonction non affine de S. Aucun estimateur sans biais de e−θ1K n'atteint donc la borne.
φ(S)=(1−SK)n−11{S>K},S=i=1∑nXi.
2.
Comme X−θ2∼E(θ1), on a E[X]=θ2+θ11 et Var(X)=θ121.
Méthode des moments. En égalant à la moyenne et à la variance empiriques X et Sn2=n1∑i(Xi−X)2 :
θ1MM=Sn21=Sn1,θ2MM=X−θ1MM1=X−Sn.
Méthode du maximum de vraisemblance. L=θ1ne−θ1∑i(xi−θ2)1{minixi≥θ2} est croissante en θ2 (sous la contrainte θ2≤minixi), donc θ^2=X(1)=miniXi ; puis ∂θ1ℓ=0 donne
car le minimum de n exponentielles indépendantes de paramètre 1 est exponentiel de paramètre n ; sa densité est ne−ny1y≥0. En posant W=2n(θ^2−θ2), un changement de variable donne la densité 21e−w/21w≥0, c'est-à-dire
2n(θ^2−θ2)∼χ22.
Avec les quantiles χ22(1−α/2) et χ22(α/2) (d'ordres α/2 et 1−α/2), P(χ22(1−α/2)≤2n(θ^2−θ2)≤χ22(α/2))=1−α donne
θ2∈[θ^2−2nχ22(α/2),θ^2−2nχ22(1−α/2)].
3.b
Comme W=θ^2−θ2∼E(n), la condition P(a<W<b)=1−α s'écrit
e−na−e−nb=1−α,
et fournit l'intervalle θ2∈(θ^2−b,θ^2−a), de longueur ℓ=b−a. En écrivant b=−n1ln(e−na−(1−α)), on a
dadℓ=dadb−1=en(b−a)−1>0,
donc la longueur croît avec a : le minimum est atteint pour a=0, ce qui donne b=n1lnα1 et
θ2∈(X(1)−n1lnα1,X(1)],longueur=n1lnα1.
التمرين 2
Exercice 2 — Régression linéaire multiple (fonction de production Cobb-Douglas)
Nous disposons pour n entreprises (i=1,…,n) des valeurs du capital Ki, de la valeur ajoutée VAi et de l'emploi Li. La fonction de production est de type Cobb-Douglas : VAi=αLiλKiγ. En passant aux logarithmes, le modèle de régression linéaire associé est
logVAi=α+λlogLi+γlogKi+εi,
où α,λ,γ sont des paramètres inconnus et εi est une variable gaussienne telle que E(εi)=0, Var(εi)=σ2 et cov(εi,εj)=0 pour i=j.
Écrire le modèle sous la forme matricielle Y=Xβ+ε en précisant Y, X et β. Rappeler l'expression matricielle de l'estimateur des moindres carrés de β. Que vaut sa matrice de variances-covariances ? Donner un estimateur σ^2 sans biais de σ2 et un estimateur de Var(β^).
Pour 1658 entreprises, on a obtenu par les moindres carrés
logVAi=3.136+0.738logLi+0.282logKi,
avec R2=0.945 et une somme des carrés résiduelle SCR=148.27. On donne également
Calculer une estimation non biaisée de σ2, en déduire une estimation de Var(β^). Rappeler la définition de R2 et en déduire la variance empirique de la variable logVA.
3.
a. Donner un intervalle de confiance de niveau 95% pour les paramètres α et λ.
b. Pour un seuil de 5%, tester les hypothèses H0:γ=0 contre H1:γ=0.