Soit (X,∥⋅∥) un espace réflexif, et soit Z un ensemble non vide, convexe et fermé de X.
1. Montrer que, pour tout élément x∈X, il existe y∈Z tel que
∥x−y∥=infz∈Z∥x−z∥.
2. Montrer que y est unique si (X,∥⋅∥) est strictement convexe. Un espace (E,∥⋅∥E) est dit strictement convexe si : ∀u,v∈E, avec u=v, ∥u∥=∥v∥=1 et ∀t∈]0,1[, on a ∥tu+(1−t)v∥<1.
◀الحل
1. Existence de la projection
Posons d=infz∈Z∥x−z∥≥0 et choisissons une suite minimisante (zn)⊂Z telle que ∥x−zn∥→d.
Bornitude.∥zn∥≤∥x∥+∥x−zn∥ est bornée (car ∥x−zn∥→d). Comme X est réflexif, toute suite bornée admet une sous-suite faiblement convergente : znk⇀y.
y∈Z.Z étant convexe et fermé (fortement), il est faiblement fermé (théorème de Mazur), donc la limite faible y appartient à Z.
Minimalité. La norme est faiblement semi-continue inférieurement, donc x−znk⇀x−y entraîne
∥x−y∥≤liminfk∥x−znk∥=d.
Comme y∈Z donne aussi ∥x−y∥≥d, on conclut ∥x−y∥=d.
2. Unicité en cas de stricte convexité
Supposons y1,y2∈Z tels que ∥x−y1∥=∥x−y2∥=d avec y1=y2. Si d=0, alors x=y1=y2, contredisant y1=y2 ; donc d>0. Par convexité, 2y1+y2∈Z, d'où
d≤x−2y1+y2=21(x−y1)+21(x−y2).
Posons u=dx−y1, v=dx−y2, de sorte que ∥u∥=∥v∥=1 et u=v (car y1=y2). La stricte convexité (avec t=21) donne
21u+21v<1⟹x−2y1+y2=d21u+21v<d,
ce qui contredit x−2y1+y2≥d. Donc y1=y2 : la projection est unique.
التمرين 2
Transformée de Fourier, inégalité sur les dérivées et opérateur de Sturm-Liouville
#transformée de Fourier#classe de Schwartz#distributions tempérées#solution fondamentale#Plancherel
Partie I. Soit φ:(x1,x2)↦φ(x1,x2) une fonction de la classe de Schwartz S(R2).
1. Montrer que ∂x1∂x2∂2φ2=∥y1y2φ∥2, où la transformée de Fourier φ de φ est définie par φ(y)=∫R2e−ix⋅yφ(x)dx.
2. Obtenir une estimation du même type pour ∂x12∂2φ+∂x22∂2φ2.
3. En déduire que 2∂x1∂x2∂2φ2≤∂x12∂2φ+∂x22∂2φ2.
Partie II. Soit L l'opérateur de Sturm-Liouville Lu=−dx2d2u+q2u, où q>0 est une constante.
1. Trouver une solution particulière E∈S′(R) de l'équation LE=δ0.
2. Pour f∈L2(R), trouver toutes les solutions u∈S′(R) de l'équation Lu=f.
◀الحل
On utilise la normalisation isométrique de Plancherel (∥φ∥2=∥φ∥2) et la règle ∂xjφ(y)=iyjφ(y).
Partie I
1.∂x1∂x2∂2φ(y)=(iy1)(iy2)φ(y)=−y1y2φ(y). Par Plancherel,
∂x1∂x2∂2φ2=∥−y1y2φ∥2=∥y1y2φ∥2.
2.∂x12∂2φ+∂x22∂2φ(y)=(iy1)2φ+(iy2)2φ=−(y12+y22)φ, donc
∂x12∂2φ+∂x22∂2φ2=(y12+y22)φ2.
3. Par l'inégalité arithmético-géométrique, y12+y22≥2∣y1y2∣ pour tout (y1,y2), donc ponctuellement (y12+y22)∣φ∣≥2∣y1y2φ∣. En passant à la norme L2 et en utilisant 1. et 2. :
∂x12∂2φ+∂x22∂2φ2=∥(y12+y22)φ∥2≥2∥y1y2φ∥2=2∂x1∂x2∂2φ2.
Partie II
1. En appliquant la transformée de Fourier à LE=δ0 : −E′′+q2E=(ξ2+q2)E=δ0=1, donc
E(ξ)=ξ2+q21.
Or la transformée de x↦e−q∣x∣ est ξ2+q22q. Par transformée inverse,
E(x)=2q1e−q∣x∣∈S′(R)
(en fait E∈L1∩L2), et c'est une solution fondamentale de L.
2.Solution particulière. Pour f∈L2(R), comme E∈L1(R), la convolution u0=E∗f est bien définie (et u0∈L2 par l'inégalité de Young), et
L(E∗f)=(LE)∗f=δ0∗f=f.Solutions homogènes tempérées.Lu=0 donne u(x)=Aeqx+Be−qx ; ces fonctions croissent exponentiellement et ne sont pas tempérées sauf si A=B=0. Donc la seule solution homogène dans S′(R) est u=0. Par conséquent la solution tempérée est unique :
u(x)=(E∗f)(x)=2q1∫Re−q∣x−t∣f(t)dt.