Concours de Doctorat 2025 — Analyse, Variante n°1 (13/02/2025)
التمرين 1
Divergence de $u_n = \sin(n\alpha)$ et $v_n = \cos(n\alpha)$ par l'absurde
#suites numériques#trigonométrie#raisonnement par l'absurde#formules d'addition
Soit α∈]0,π[ fixé, et soient un=sin(nα), vn=cos(nα) pour n∈N.
On suppose par l'absurde que (un) et (vn) convergent, vers des limites respectives ℓ1 et ℓ2.
En utilisant les formules d'addition un+1=uncosα+vnsinα et vn+1=vncosα−unsinα, exprimer ℓ1 et ℓ2 l'un en fonction de l'autre.
En déduire que ℓ1=ℓ2=0.
En utilisant la relation un2+vn2=1, obtenir une contradiction et conclure que (un) et (vn) divergent.
Remarque : Le résultat s'étend à tout α qui n'est pas un multiple entier de π (i.e. α≡0(modπ)). C'est un exemple classique de suite bornée divergente, lié à l'équirépartition des suites (nαmod2π).
◀الحل
1. Relations entre les limites
En passant à la limite n→∞ dans les relations de récurrence (valables pour tout n, conséquences des formules d'addition sin((n+1)α)=sin(nα)cosα+cos(nα)sinα et cos((n+1)α)=cos(nα)cosα−sin(nα)sinα), et en utilisant un→ℓ1, vn→ℓ2 :
ℓ1=ℓ1cosα+ℓ2sinα,ℓ2=ℓ2cosα−ℓ1sinα.
De la première relation : ℓ1(1−cosα)=ℓ2sinα. Comme α∈]0,π[, on a sinα=0, donc :
ℓ2=sinα1−cosαℓ1.
De même, la seconde relation donne ℓ2(1−cosα)=−ℓ1sinα, soit :
ℓ1=sinαcosα−1ℓ2=−sinα1−cosαℓ2.
2. ℓ1=ℓ2=0
En substituant l'une dans l'autre : ℓ1=−sinα1−cosα⋅sinα1−cosαℓ1=−(sinα1−cosα)2ℓ1.
Posons k=(sinα1−cosα)2≥0. On obtient ℓ1(1+k)=0, et comme 1+k≥1>0 :
ℓ1=0,puis ℓ2=sinα1−cosα⋅0=0.
3. Contradiction et conclusion
Pour tout n, un2+vn2=sin2(nα)+cos2(nα)=1. En passant à la limite (les deux suites étant supposées convergentes) :
ℓ12+ℓ22=1.
Or ℓ1=ℓ2=0 donne ℓ12+ℓ22=0=1 : contradiction.
Les suites (un)=(sin(nα)) et (vn)=(cos(nα)) divergent pour tout α∈]0,π[.
التمرين 2
Série de fonctions $f_n(x) = \dfrac{xe^{-nx}}{\ln n}$ : convergences simple, normale et uniforme
#séries de fonctions#convergence normale#convergence uniforme#séries de Bertrand#régularité
Pour n≥2 et x≥0, on pose :
fn(x)=lnnxe−nx.
Étudier la convergence simple de ∑n≥2fn sur [0,+∞[.
Montrer que ∑fn converge normalement sur [a,+∞[ pour tout a>0, mais pas sur [0,+∞[ tout entier (on pourra utiliser une série de Bertrand).
Montrer néanmoins que ∑fn converge uniformément sur [0,+∞[, à l'aide d'une majoration du reste RN(x)=∑n>Nfn(x).
En déduire que la somme S(x)=∑n≥2fn(x) est continue sur [0,+∞[.
Montrer que S est de classe C1 sur ]0,+∞[.
Remarque : Cet exercice illustre parfaitement que convergence uniforme n'implique pas convergence normale, mais reste suffisante pour transférer la continuité. La série de Bertrand ∑nlnn1 est l'outil clé pour départager les deux notions ici.
◀الحل
1. Convergence simple
Pour x=0 : fn(0)=0 pour tout n, la série converge (trivialement) vers 0.
Pour x>0 fixé : fn(x)=lnnxe−nx, et e−nx=o(1/n2) (croissance comparée), donc fn(x)=o(1/n2) : la série ∑fn(x)converge absolument pour tout x≥0.
∑fn converge simplement sur [0,+∞[.
2. Convergence normale sur [a,+∞[ mais pas sur [0,+∞[
Sur [a,+∞[, a>0 : la fonction x↦xe−nx est décroissante pour x≥1/n ; pour n assez grand (1/n<a), supx≥axe−nx=ae−na. Donc supx≥afn(x)=lnnae−na, terme général d'une série convergente (décroissance géométrique domine) :
∑fn converge normalement sur [a,+∞[ pour tout a>0.
Sur [0,+∞[ : étudions supx≥0fn(x). La fonction x↦xe−nx atteint son maximum en x=1/n, valeur ne1. Donc :
supx≥0fn(x)=enlnn1.
Or n≥2∑nlnn1 est une série de Bertrand divergente (critère de Bertrand avec exposant 1 sur le log). Donc :
∑fn ne converge PAS normalement sur [0,+∞[.
3. Convergence uniforme sur [0,+∞[
Soit N≥2 et RN(x)=∑n>Nfn(x). Comme lnn≥ln(N+1) pour n>N :
Or 1−e−xx≤1−e−xx est bornée au voisinage de 0 (tend vers 1) et pour x grand 1−e−xx∼x ; plus simplement, on majore xe−(N+1)x/2 par une constante indépendante de N (borné sur [0,∞[ par e(N+1)2), d'où :
0≤RN(x)≤ln(N+1)CN→∞0,
uniformément en x≥0, où C est une constante absolue. Donc :
∑fn converge uniformeˊment sur [0,+∞[.
4. Continuité de S
Chaque fn est continue sur [0,+∞[, et la convergence de ∑fn vers S est uniforme sur [0,+∞[ (question 3). Par le théorème de continuité des séries de fonctions uniformément convergentes :
S est continue sur [0,+∞[.
5. Classe C1 sur ]0,+∞[
Chaque fn est C1 avec fn′(x)=lnn(1−nx)e−nx. Sur tout [a,+∞[ avec a>0, un raisonnement analogue à la question 2 (majoration de supx≥a∣fn′(x)∣ par une expression sommable en n, grâce à la décroissance exponentielle) montre que ∑fn′ converge normalement sur [a,+∞[. Par le théorème de dérivation terme à terme, S est dérivable sur ]0,+∞[ avec S′=∑fn′, et S′ est continue (même argument que 4.) :
S∈C1(]0,+∞[).
التمرين 3
Fonction $f(x,y) = xy\ln(x^2+y^2)$ prolongée à l'origine
#fonctions de deux variables#continuité#différentiabilité#coordonnées polaires
On définit f:R2→R par f(x,y)=xyln(x2+y2) pour (x,y)=(0,0), et f(0,0)=0.
Montrer que f est continue en (0,0) (on pourra passer en coordonnées polaires).
Calculer les dérivées partielles ∂x∂f(0,0) et ∂y∂f(0,0).
Montrer que f est différentiable en (0,0), avec df(0,0)=0.
Montrer que f est de classe C1 sur R2.
Remarque : Cette fonction est un exemple classique de fonction différentiable (et même C1) sur tout R2 malgré le facteur ln(x2+y2) singulier à l'origine, grâce au facteur multiplicatif xy qui s'annule assez vite en 0.
◀الحل
1. Continuité en (0,0)
En polaires, x=rcosθ, y=rsinθ :
∣f(x,y)∣=∣r2cosθsinθ⋅ln(r2)∣≤2r2⋅2∣lnr∣=r2∣lnr∣.
Or r2lnr→0 quand r→0+ (croissance comparée). Donc f(x,y)→0=f(0,0) quand (x,y)→(0,0) :
Montrons que ces dérivées partielles sont continues en (0,0) (avec valeur 0 d'après 2.) : en polaires, ∂x∂f(x,y)≤r∣ln(r2)∣+2r→0 quand r→0 (même majoration que précédemment, bornée par ∣cosθ∣,∣sinθ∣≤1). De même pour ∂f/∂y. Donc les dérivées partielles sont continues sur R2 tout entier :